Ténès et son patrimoine

Ténès possède un patrimoine inestimable. Cette région, qui a vu défiler plusieurs civilisations au cours de ses 3000 ans d’existence, en a gardé quelques traces qui sont aujourd’hui autant de trésors qui racontent le passé.

Dans la longue liste du riche patrimoine archéologique de Ténès, figure en bonne place le massif du cap Ténès. Objet d’intérêt d’archéologues dès le début des années 1930, des fouilles effectuées en 1933 ont permis la mise au jour d’industries ibéromaurusiennes – culture archéologique préhistorique qui s’est développée dans l’actuel Maghreb – et néolithiques.

Le Dr H. Marchand, qui a reconnu l’importance de ce site en 1932, a également concentré ses recherches sur les grottes de Sidi Merouane, notamment sur la « Grotte basse du phare » ainsi baptisée par opposition à une « Grotte haute du phare », située à une centaine de mètres. Si cette dernière n’a donné qu’une faible activité néolithique, la première, en revanche a révélé bien des secrets. Située à une altitude d’environ 25 à 30 m du niveau de la mer, entre le phare et le rivage, cette cavité, visible sur un promontoire nommé « Ras Nakous » par les habitants de la région, est creusée dans des calcaires éocènes, remontant à une période s’étendant entre 56 millions et 33 millions d’années.

Dans une description du site, le Dr H. Marchand rapporte avec précision : « L’orientation de son plus grand diamètre est sensiblement N. –N. –O. –S. –S. –E. alors que l’orientation du rivage est sensiblement E.O. Elle s’ouvre très largement au levant par une voute d’une dizaine de mètres de flèche. On peut constater d’ailleurs qu’une partie de cette voute s’est éboulée : d’énormes blocs tombés du plafond en témoignent, de telle sorte que les avancées de la grotte, actuellement à découvert, devraient être très certainement autrefois recouvertes par la voute. » Il s’agit, en fait, plus d’un abri sous roche, qu’une grotte. Après l’élargissement de l’entrée et le recul de la falaise provoqués par l’écoulement de la voute, la cavité est en effet plus large (14 mètres à l’entrée, 18 mètres au fond) que profonde (8 mètres), sous un plafond situé à 10 mètres au-dessus du sol. Ce dernier est incliné au nord vers le sud « suivant la direction générale de la falaise à cet endroit ».

Nécropole phénicienne

Autre trésor surgissant de sous les gravats et les remblais, ces tombes creusées dans des rochers et formant une nécropole. Datant de l’époque phénicienne, ces tombes proches de la mer sont taillées dans différentes dimensions. La nécropole dans sa totalité s’étend sur une superficie d’environ 5 hectares. Si la plupart des tombes sont à l’état de ruines, certaines en revanche sont encore bien conservées, c’est le cas notamment de ces cinq tombes situées dans une sorte de mausolée pyramidal. A noter que le site a été inscrit en 1981 sur la liste des sites historiques sauvegardés.
Bab El Bahr

Creusée dans l’un des pans de l’enceinte protégeant la vieille ville de Ténès, Bab El Bahr (porte donnant sur la mer) devait protéger la Casbah d’éventuelles incursions ennemies.
Cette imposante porte aurait été construite en trois étapes avec une volonté d’économie sur les matériaux de construction. Edifiée en brique pleine, pise, moellon et ciment, matériaux très usités au Xe siècle, la porte est aujourd’hui en mauvais état de conservation. Le matériau qui a subi les effets du temps et des éléments s’effrite par endroits, tandis que des cratères sont visibles par d’autres. Des opérations de restauration ont été entreprises sur cet édifice durant la période coloniale et après l’indépendance mais l’absence de savoir-faire n’a fait que dénaturer cet édifice à l’architecture déjà assez austère.

Le patrimoine de la région compte également d’autres sites et pas des moindres dont la célèbre Casbah de Ténès également appelé Vieux Ténès ou Ténès Lahdar, sans oublier la muraille de la ville, toutes deux dans un état de triste décrépitude.
A noter que la Casbah de Ténès qui fait partie des secteurs sauvegardés depuis 2005 a bénéficié d’un plan de sauvegarde et de restauration dont les travaux devaient débuter cette année et malheureusement retardés, comme beaucoup d’autres chantiers, par la pandémie de Covid-19.Hassina Amrouni

Source
http://www.castellum-tingitanum.org/index.php?id=4&cat=periodes&id2=S%E9lectionnez%20une%20p%E9riode

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