Le chahid Hihi Mekki Un chef exemplaire

Le chahid Hihi Mekki est né le 25 octobre 1932 à Aïn Beida, dans la wilaya d’Oum El-Bouagui, d’un père postier qui s’appelait Lamine, tombé au champ d’honneur lors des manifestations du 8 mai 1945 à Souk Lethnine, près de Béjaia, mais on n’a jamais pu trouver sa tombe, jusqu’à aujourd’hui. Sa mère, Loucif Hadda, est décédé en juillet 2007. Le chahid avait quatre frères, Djamel, Mohamed et Abdelmadjid. Né le 25 août 1936 à Aïn Beida, ce dernier a milité au sein des cellules du Front de libération nationale à Constantine alors qu’il était étudiant au lycée d’Aumale, qui porte aujourd’hui le nom de Rédha Houhou. Il a été  recruté le 10 mars 1956, avec Abdelaziz Kara, qui sera responsable du Centre Zitoune en Tunisie pendant la Révolution, avant de devenir, plus tard, diplomate, et Abdelaziz Zerdani, qui, lui, sera à l’Indépendance ministre du Travail et des Affaires sociales. Les trois ont travaillé ensemble dans la gestion de la Wilaya I, sous l’autorité d’Adjel Adjoul. Abdelmadjid tomba en martyr dans les bras de son ami Zerdani dans une bataille contre l’armée française dans les environs de la commune Kaïs en mai 1956, tandis que les deux autres avaient été mutés au centre de commandement de la Révolution en Tunisie.

   Le quatrième frère était Hihi Bachir, un moudjahid né en 1934 à Ain Beida. Il a suivi ses études dans le même lycée que son frère Abdelmadjid et était, lui aussi, militant du FLN au sein des cellules estudiantines. Il a rejoint le maquis en wilaya I, à la suite de la grève des étudiants du 19 mai 1956. Il était parmi les intellectuels et un des secrétaires du défunt moudjahid Abdallah Belhouchet. Après l’Indépendance, il a travaillé comme directeur régional de Sonelgaz. Il est toujours en vie et réside actuellement à Alger.

   L’enfant Hihi Mekki a été élevé dans une famille modeste de la ville d’Ain Beida, où il a appris le Saint Coran et les rudiments de la langue arabe. Il a ensuite poursuivi ses études à la Medersa de Constantine, qui deviendra à partir de 1951 « Lycée d’enseignement franco-musulman de Constantine » jusqu’à l’obtention du baccalauréat, qui était considéré alors comme un diplôme de haut niveau, compte tenu des conditions difficiles vécues par la plupart des familles algériennes, dont les enfants étaient privés de leur droit à l’éducation.

    Il a travaillé dans le même lycée en tant que maître d’internat. Selon le témoignage d’un de ses amis et camarade du lycée, le professeur Ali Bedouhane qui vit actuellement à Jijel, Hihi Mekki a utilisé le lycée comme point de départ pour diffuser les idées nationalistes dans le milieu des étudiants. Militant au MTLD, puis au sein de l’Organisation civile du FLN, il était imprégné de ces idées que lui avait inculquées le moudjahid Belgacem Zinaï, connu sous le nom de Cheikh Belgacem El-Beidaoui.

     Le même témoin ajoute que les élèves, venant des différentes écoles de Constantine (lycées, Institut Ben Badis, Institut El-Kettania) et issus des différentes villes de l’Est du pays, suivaient l’actualité et tout ce qui se passait sur la scène politique, notamment ce qui avait trait à notre situation politique, et qu’ils échangeaient les idées et les réflexions et écoutaient ce qui leur parvenait de toutes les villes d’Algérie. C’est pourquoi, d’ailleurs, leurs rassemblements se tenaient souvent dans certains cafés, très fréquentés par les étudiants, surtout les week-ends ou lors des permissions de sortie. Ces rencontres étaient toujours clôturées par Hihi Mekki, donnant des directives aux lycéens, en les exhortant à rester engagés pour la cause nationale qui les guidera à se libérer du joug colonial et à recouvrer leur souveraineté et leur liberté.

    Le moudjahid Abderrazak Bouhara, dans son livre Les viviers de la libération, a rendu hommage à Hihi Mekki pour son rôle actif dans le milieu étudiant depuis son entrée au secondaire, même si son action sera plus importante à partir de 1953, avec notamment la création, en 1954, d’une association estudiantine dénommée : L’Association de la jeunesse estudiantine musulmane constantinoise (AJEMC). Cette association, avec son homologue algéroise, étaient les ancêtres de L’UGEMA.

     L’association avait pu obtenir l’agrément des autorités coloniales, mais à la condition qu’elle soit apolitique. Elle sera dirigée par Hihi Mekki, Ali Abdellaoui (ancien ambassadeur), Ali Lahdari (ancien ambassadeur), Fadila Saadane (tombée au champ d’honneur le 17 juin 1960 à Constantine) et, enfin, Abdelhak Gouissem (tombé au champ d’honneur le 16 mars 1960 dans la région de Zouit, wilaya de Skikda). Elle a réussi à publier un bulletin intitulée L’Essor Estudiantin. Les services de sécurité étaient encore loin de soupçonner que ce mouvement était l’émanation du MTLD. Bien que cette organisation n’ait pas survécu longtemps, elle a tout de même réussi à diffuser les idées nationalistes dans le milieu des étudiants, lesquelles idées vont bientôt, au déclenchement de la Révolution, apporter leurs fruits. Ainsi, lorsqu’un étudiant s’adressait à son camarade par un “Je suis ton frère !”, celui-ci  lui répondait : “Ton frère est dans le maquis !”, signifiant que les vrais frères étaient avec l’ALN.

   Les étudiants, à leur tête Hihi Mekki, se mobilisèrent, en adoptant des positions radicales et irréversibles lors de la rentrée scolaire de l’automne 1955, à la suite des horribles massacres commis par l’armée d’occupation contre des citoyens sans défense, notamment au stade de Skikda, et le bombardement de villages en représailles au soulèvement du 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois. L’escalade et l’ébullition des étudiants ont conduit les autorités françaises à durcir leur contrôle sur les étudiants, et ont même arrêté, soumis à l’interrogatoire et torturé un grand nombre d’entre eux avant de les jeter en prison. C’est ce qui est arrivé au chahid Hihi Mekki, arrêté le 15 novembre 1955, pour atteinte à la sécurité et à l’ordre public, et incarcéré à la prison de Djorf à M’sila.

    C’est ainsi que de nombreux étudiants ont rejoint le maquis, avant la grande mobilisation qui suivra l’appel à la grève générale des étudiants du 19 mai 1956, frappé de son fameux slogan : «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres». C’était une invitation très franche à rejoindre la Révolution.

    Le résultat est que si les autorités coloniales visaient, à travers l’ouverture des établissements scolaires à une minorité d’Algériens, à faire croire à l’opinion publique internationale qu’elles ne distinguait pas entre les Indigènes et les Français en matière de droit à l’éducation, en réalité, elles cherchaient à endoctriner les jeunes étudiants et à les éloigner des idées nationalises. Et c’est ce plan qu’a réussi à faire échouer Hihi El-Mekki, et avec lui tous les étudiants qui ont rejoint la Révolution, dont ils sont devenus les principaux supports.

    Hihi Mekki a été arrêté, suite à ses activités intenses, le 15 novembre 1955. Après de longs interrogatoires, il a été décidé de le transférer et de l’incarcérer à la prison Djorf, à Msila, afin qu’il puisse être facilement surveillé tout en en étant tenu éloigné du milieu des étudiants.

    Cependant, d’après le témoignage que nous a accordé un de ses codétenus, le moudjahid Mazouz M’barek dit Bala Zeghad, son emprisonnement ne l’a aucunement fléchi. Au contraire, cela a renforcé sa conviction et son dévouement pour la cause nationale. Aussi, les dures conditions de détention ne l’ont guère ébranlée.  Maitrisant les deux langues, il a été choisi par les détenus pour être membre de la délégation représentant les détenus auprès de l’administration pénitentiaire. Il se distingua comme un des meilleurs porte-voix des détenus, et devint rapidement l’intermédiaire entre les détenus et l’administration, en se chargeant de transmettre leurs doléances, en matière de soins, de courrier et divers problèmes à l’administration.

    Bien que les autorités coloniales aient voulu, à travers la création des centres de détention, isoler les militants algériens et tous ceux qui constituaient une menace pour leur sécurité et leur stabilité, ces camps se sont transformés en une véritable école pour la formation de nouveaux nationalistes. Au centre de détention de Djorf, Hihi Mekki a rencontré un autre groupe d’intellectuels, dont la plupart étaient des militants du mouvement national, à l’instar du poète et moudjahid Mohamed Benabdallah Chebaiki di Mohamed Chebouki, auteur du célèbre « Djazirouna ya bilad el-joudoud », et de Mohamed Tahar Larbaoui.

    Le centre est devenu ainsi un haut lieu de communion et d’action militante face à ce que faisaient les officiers de propagande français, parmi lesquels se trouvait un commandant d’origine libanaise. A ce propos, Mohamed Tahar Larbaoui témoigne : « Parmi le personnel de direction de ces centres, il y avait ceux qui étaient chargés de l’action psychologique ; c’est ainsi qu’à El-Djorf, on connut  un commandant français d’origine libanaise, parlant un parfait arabe, très diplomate, qui essayait sans cesse des pratiques visant à conquérir le cœur des détenus, mais notre comité, de son côté, continuait, dans le plus grand secret, à cultiver ses conviction nationalistes. »

    Le poète de la Révolution Mohamed Chebouki raconte : «Nous avons subi en prison toutes sortes de pratiques inhumaines. Malgré les restrictions qui nous étaient imposées par les gardiens de prison, nous avons réussi à nous former, et cela a donné de bons résultats. C’est ainsi que nous avons pu créer un puissant mouvement culturel et éducatif, qui était l’une des étapes les plus précieuses de notre vie dans les camps».

    Hihi Mekki et ces compagnons ont réussi à instruire leurs codétenus illettrés et à diffuser les idées révolutionnaires et émancipatrices par la sensibilisation politique, la preuve en est que tous ceux qui se sont évadés ou qui ont été libérés ont ensuite rejoint directement l’ALN dans les maquis.

    Il faut dire que les conditions difficiles qui caractérisaient les prisons en général, avec ce qu’endurent les détenus comme torture psychologique et physique, en plus des maladies et des épidémies et l’absence de perspectives claires sur leur situation, étaient, pour eux, autant de raisons valables pour chercher un moyen de s’évader. Mais, comme il y avait beaucoup de détenus venant de différentes régions d’Algérie, il n’était pas facile de sélectionner les plus aptes à l’opération qui nécessitait des critères rigoureux, pour éviter que le plan soit déjoué. N’empêche que Hihi Mekki est parvenu, selon un témoignage du défunt Youssef Yaallaoui, à sélectionner ceux qu’il jugeait suffisamment dévoués et aptes à cette action, et ce en passant au crible les détenus, en fonction de plusieurs facteurs, dont notamment les motifs de leur emprisonnement et leur conduite générale en prison.

    Ainsi, grâce à sa perspicacité et à son intelligence, il a pu identifier la personnalité des détenus, leurs tendances et leurs sentiments. Certains s’avéraient être des agents de l’ennemi, infiltrés au milieu des détenus, mais étaient peu nombreux. D’autres étaient victimes de la propagande coloniale, d’autres encore étaient indifférents, mais il y avait ceux qui étaient prêts à se sacrifier pour la patrie, n’ayant cure du prix à payer, et ceux-là constituaient la majorité.

    Lorsque toutes les conditions étaient réunies, le coup d’envoi a été donné pour une opération d’évasion collective, audacieuse et bien planifiée, pour faire évader une cinquantaine de militants en trois groupes et à des moments différents. Un premier groupe en janvier 1956, un deuxième en avril 1956, et un troisième en juillet 1956.

    Le chahid faisait partie du deuxième groupe. Il s’est évadé de prison en avril 1956, accompagné de nombreux détenus, dont les moudjahidine Boulila El-Hadj et Saadane Souli. Il a rejoint ses frères moudjahidine de l’ALN dans la région de Boutaleb, avant que celle-ci ne devienne, après que le congrès de la Soummam du 20 août 1956, une des zones de la wilaya I historique.

    Evoquant l’évasion du chahid, son codétenu Mohamed Tahar Larbaoui dira : « A propos des évasions, avec succès, d’El-Djorf (avec tous les risques et le courage que cela suppose) et celle du regretté Chahid Hihi Mekki, étudiant médersien, rayonnant de sympathie, riche en moqueries, choisi comme commissionnaire du camp, il faut dire qu’il avait préparé secrètement son plan, aidé en cela par ses contacts au marché de Msila ».

    Il faut savoir aussi que, selon le témoignage du moudjahid, Mezzour M’barek, il y a eu des évasions individuelles ou en petits groupes qui avaient précédé cette opération, dont sa propre évasion avec cinq autres moudjahidine, parmi lesquels le capitaine Ahmed Boudouha.

   Après avoir l’ALN dans la région de Boutaleb, en sa qualité de membre de l’Organisation civile du FLN, et grâce à son niveau d’instruction et sa maitrise de l’arabe et du français, il a été vite gravi les échelons, en occupant d’abord le poste de secrétaire du PC de zone à Sétif, dirigé alors par Mohamed Lamouri, puis, à l’arrivée, en devenant chef de la Zone I de la wilaya I (Aurès-Nemamchas), avec le grade de capitaine, succédant à Mohamed Lamouri, qui avait rejoint la Tunisie et qui sera, plus tard, l’un des chefs de la wilaya I, avant d’être exécuté en Tunisie dans la célèbre affaire connue sous le nom du « complot des colonels » en 1959.

   Cette zone se composait de quatre régions : la région I (Batna), la région II (Ain Touta), la région III (Sétif) et la région IV (Barika).

     La zone I et ses quatre régions étaient connues pour l’activité intense de ses bataillons, avec les nombreuses batailles, embuscades, attaques, incursions et destructions d’installations françaises vitales, comme en témoignent les compte-rendus établis dans le cadre de l’écriture de l’histoire de la Révolution en wilaya I lors des réunions organisées par le parti en 1984.

    La zone a, par ailleurs, connu, fin 1956 – début 1957 une restructuration de l’ALN, avec notamment la création de quatre bataillons de région, ainsi que des services d’approvisionnement, d’intendance et de santé, et la publication de brochures contenant le règlement intérieur régissant la zone, sous la férule de son chef, le chahid Hihi Mekki, assistés de quelques cadres hautement qualifiés, surtout sur le terrain de combat, à l’image du responsable militaire de la zone, le lieutenant Si Salah Nezzar, un ancien sergent déserteur de l’armée française et l’un des architectes, avec Si Salah Zidani, de la destruction totale du centre militaire français de Maâfa, le 30 mai 1956.    

    C’est ce que confirme, dans ses mémoires, le commandant Mustapha Merarda qui était un des dirigeants de la wilaya I et un de ceux qui ont combattu sous les ordres du capitaine Hihi Mekki.       

    Le 1er novembre 1957, une grande commémoration du troisième anniversaire du déclenchement de la guerre de libération fut organisée dans la région de Boutaleb, et précisément au lieu-dit El-Baatiche, en présence de tous les officiers de la zone et de nombreux moudjahidines et citoyens. Le 22 novembre 1957, il a tenu sa dernière réunion avec ses subordonnés, pour leur donner des instructions et distribuer des tâches, en les informant de son voyage en Tunisie en réponse à une convocation pour assister à une importante réunion avec les dirigeants de la wilaya I.             

    Dès le début de son voyage, l’ennemi l’a repéré, lui ses compagnons, et leur a tendu une embuscade qui se transforma en une bataille rangée où la région a été assiégée de toutes parts par plusieurs détachements militaires. C’est là que Hihi Mekki est tombé au champ d’honneur le 30 novembre 1957 dans la région d’El-Khelidj au nord-est de la ville de Barika, aux côtés du lieutenant Salah Abdessamed, membre de l’état-major de la zone, Saadane Hafnaoui, le responsable politique de la région de Barika, et Tahar Ladjoudane de Bordj Bou Arreridj. Seuls Kadri Ahmed dit Hmouma, le responsable militaire de la zone et son secrétaire, furent les seuls rescapés. Il y avait aussi deux moudjahidine d’Ouled Tebane, chargés de la garde, Ahmad Daaas et un autre dit Kaodus, qui furent arrêtés et emprisonnés.      

    Hihi Mekki eut droit au salut militaire qui lui a été fait par un détachement des forces ennemies et sera enterré dans la région de Boutaleb. A l’indépendance, ses restes ont été transférés au cimetière des martyrs de la ville d’Ain Beida, dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi. 

   Les qualités humaines et les capacités d’organisation de Hihi Mekki à travers ses écrits

   Nous avons découvert les qualités humaines et les capacités d’organisateur de Hihi Mekki, à partir des documents en notre possession et qui proviennent des archives françaises. Une partie de ces écrits était tombée entre les mains des forces françaises pendant la guerre de Libération nationale le jour de sa mort au champ d’honneur, l’autre partie a été obtenue dans d’autres lieux et par diverses méthodes. Ces documents représentent notamment représentés des procès-verbaux des réunions au cours desquelles il avait mentionné les discussions, les propositions et autres décisions et directives qui en sont issues. Il y a aussi le courrier et les correspondances échangés entre le chahid et les chefs de région qui étaient sous son autorité, ainsi que ceux à destination ou en provenance du PC de la wilaya I. il y a, enfin, les documents relatifs au règlement intérieur régissant le fonctionnement de la zone, dont l’agenda quotidien du moudjahid, publié sous forme de brochures approuvées par Hihi Mekki lui-même.

    Une analyse de ces documents montre que le chahid Hihi Mekki dispose de toutes les qualités du chef alerte, perspicace, vertueux et sachant très bien communiquer avec ses frères moudjahidine. Il sait écouter et convaincre et sait galvaniser ses hommes pour remporter d’autres victoires. Il sait aussi faire face à des situations difficiles et sait à qui confier telle ou telle tâche, en respectant toujours les limites de chacun.

     Il avait confiance en ses capacités et était convaincu de ses idées. Cette confiance en soi lui a permis de maitriser des situations difficiles, raison pour laquelle il était toujours consulté par ses subordonnés à chaque fois qu’ils se trouvaient confrontés à des problèmes complexes.

    La rigueur apparaît également dans les décisions qu’il ne prenait qu’après mûre réflexion et n’y renonçait qu’en cas de changement de situation. Ainsi, prenait-il toujours la décision appropriée au bon moment.

     Autre qualité cardinale dont était pourvu Hihi Mekki : la modestie. Il était tellement modeste qu’il préférait confier la présidence des séances et des réunions du commandement de sa zone aux responsables plus anciens que lui au maquis, bien qu’il soit le plus haut gradé (capitaine), comme l’atteste bien le PV daté du 11 novembre 1957 et du 21 novembre 1957 où la séance était présidée par le lieutenant Hadj Lakhdar.

    Homme de dialogue et diplomate, il acceptait avec plaisir les propositions de ses subordonnés. S’il les trouve sérieuses, il n’hésite pas à les prendre, et si elles nécessitent, à ses yeux, d’être débattues, il les soumet au débat lors des réunions périodiques qui regroupaient les responsables de la zone, comme en témoigne le message du lieutenant Salah Nezzar, le responsable militaire de la zone, qui a préparé une série de propositions relatives à l’organisation militaire pour en discuter en réunion du conseil.

    Quant aux décisions importantes prises par les officiers activant sous ses ordres, il les étudiait attentivement. S’il les trouve justes et pertinentes, il prend toujours soin de les approuver par écrit, comme en témoigne la lettre du 05/09/1957, et s’il n’en voit pas l’intérêt, il ordonne de les annuler ou de les modifier.

    Hihi Mekki se distinguait par sa rigueur et sa discipline à toute épreuve, rigueur et discipline qui se traduisaient dans les instructions qu’il donnait et dans lesquelles il exhortait tous les moudjahidine à appliquer strictement les instructions, chacun à son niveau et selon ses tâches et son grade dans l’échelle militaire. Cette discipline est aussi mise en évidence dans le règlement intérieur régissant le fonctionnement de la zone et veillant au strict respect des principes de la Révolution. Le chahid  était également connu pour son intransigeance avec les harkis et les traîtres car il considérait qu’ils ont vendu leur âme à l’ennemi.

    Homme de grande vertu et très pointilleux sur l’authentification de chaque renseignement recueilli par ses hommes, il a toujours combattu les fausses informations avec rigueur. C’est pourquoi, il leur demandait à chaque fois de bien vérifier la véracité de leurs renseignements afin qu’aucune décision ne soit prise sur la base d’une simple rumeur qui risquerait d’avoir de fâcheuses conséquences et de porter ainsi de graves préjudices aux moudjahidine ou à des citoyens, pour éviter, à la fin, que des innocents soient punis à la place des vrais coupables.

    Il était, par-dessus tout, un grand humaniste œuvrant pour la fraternité et l’égalité, en considérant que tous les moudjahidine sont des frères et que leur objectif était de libérer l’Algérie des griffes du colonialisme. C’est pourquoi il les traitait tous en égaux et faisait tout son possible pour améliorer leurs conditions. Il appelait à l’unité et rejetait les querelles régionalises ou tribalistes. Ce n’est pas un hasard s’il commençait souvent ses correspondances par cette expression : « Au frère de lutte ».

     Il motivait les moudjahidine en leur adressant des lettres de remerciements et d’encouragement, et notamment à ceux qui accomplissaient avec succès des tâches importantes, comme en témoigne une lettre datée du 22 août 1957 adressée au commandant du troisième bataillon de la première région, le chahid Ahmed Imerzoukene dit Si Ahmed El-Djadarmi, dans laquelle il le félicitait pour le succès de l’opération d’acheminement d’armes de Tunisie qui lui avait été confiée et le retour, sain et sauf, de son convoi. Dans une autre lettre, il saluait par écrit les qualités, le dévouement et la bonne conduite du lieutenant Salah Nezzar, après la mutation de ce dernier en Tunisie.

    Il était altruiste et très sensible à la misère et aux souffrances des villageois, en plus des exactions quotidiennes que faisait subir l’armée coloniale aux familles des moudjahidine et des chouhada. C’est pourquoi, il partait toujours s’enquérir de leur situation, en essayant de leur apporter soutien moral, de soulager leurs souffrances et de régler les différends qui surgissaient entre eux.

    Il prenait également soin des moudjahidine d’autres wilayas de passage par sa zone (notamment les convois d’armes), en arguant que tous les moudjahidine algériens étaient une même famille et luttaient pour un même objectif. Dans une note de service datée du 20 août 1957, il a informé ses hommes que des convois relevant de la wilaya VI devait traverser leur zone d’est en ouest et d’ouest en est, c’est-à-dire à l’aller et au retour, en leur demandant de donner l’exemple en termes d’union, de fraternité, de discipline et de synergie qui prévalaient parmi les moudjahidine. Il leur demanda également de bien accueillir les visiteurs d’assurer leur sécurité et leur confort, en leur affectant un groupe aidé par un guide qui connaissait tous les itinéraires montagneux durant toute leur présence sur le territoire de la zone, jusqu’à leur passage vers une autre zone où d’autres frères prendraient le relai. D’autant plus que cette zone était un point de transit important pour les convois venant d’autres wilayas. Dans un document retrouvé dans les affaires du chahid Ahmed Imerzoukene dit Ahmed El-Djadarmi, tiré des archives, il est indiqué que le nombre de moudjahidine pris en charge par sa compagnie dépassait 1500. Ceux-là ont traversé sont secteur vers la Tunisie à l’aller et au retour. Dans son livre intitulé Mémoires de combat, l’ancien officier de la wilaya III, Abdelhafid Amokrane, rendu hommage à Hihi Mekki, et affirme l’avoir connu au douar Katatcha à Ouled Tebane dans la région de Boutaleb. Il a décelé en lui des qualités d’homme dévoué et toujours disponible à aider les patrouilles venant traverser sa zone, et à sécuriser leur itinéraire et en leur assurant le ravitaillement.

    Sa vaste culture se traduit aussi par sa parfaite maitrise du travail administratif. Il tenait à ce que tout soit consigné dans des PV et que tout se fasse par écrit (directives, instructions, décisions, comptabilité, gestion financières…). Par exemple, sa lettre du 05/09/1957 qu’il a adressée au lieutenant Salah Nezzar, l’informant de son transfert en Tunisie, au centre du Commandement des opération militaires (COM), le priant de procéder à la passation de consignes, en prenant soin de remettre tous les rapports et tout ce qui concernait l’activité de la zones à son remplaçant, le lieutenant Hadj Lakhdar, pour lui permettre de poursuivre la mission.

     Le moudjahid Abdelhafid Amokrane indique dans son témoignage que Hihi Mekki avait laissé des modèles de méthodes de travail administratif des modèles et d’autres concernant l’élaboration des rapports financiers, largement utilisés par ses successeurs.

    Toutes ces qualités que nous avons énumérées s’illustrent également à travers le règlement de l’ALN qu’il a mis en place avec ses officiers et ses adjoints et qu’il a approuvé tout en veillent personnellement à sa mise en œuvre à travers toute la zone qui était sous sa responsabilité, ce qui démontre sa grande culture et sa maitrise des questions politique, militaire et celle relative au renseignement, bien qu’il n’ait fait aucune école militaire, ni même effectué son service militaire.

    Dans le domaine politique, il obligeait tous les responsables politiques, chacun dans son territoire de compétence, à soumettre des rapports écrits sur la propagande menée par l’ennemi, sur la manière dont ils y ont réagi et sur les méthodes utilisées pour lutter contre cette propagande. Il les obligeait également à indiquer dans leurs rapports le degré d’efficacité de la contre-propagande, en citant des exemples. Il disait toujours que la propagande est comme un remède dans le corps du malade, le chargé de la propagande doit être un médecin des idées.

    S’agissant du domaine militaire, les responsables militaires sont tenus de soumettre des rapports écrits à l’issue de chaque opération, en indiquant la méthode utilisée en cas de succès, ou en mentionnant, en cas de défaite, les défaillances constatées chez les moudjahidine ou la position géographique, pour que cela puisse servir de leçon à l’avenir pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

    Il les obligeait également à motiver les djounoud par des harangues et la bonne parole, à examiner les rapports et les plaintes qui leur parvenaient de leurs subordonnés et à y répondre, mais aussi à assurer une distribution équitable des armes et une affectation juste des effectifs dans les groupes, section et compagnies.

    Dans le domaine du renseignement, il exigeait des responsables chargés de la collecte des renseignements de la rigueur dans leur travail, en leur demandant aussi d’élaborer des rapports sur les raisons de l’engagement de certains citoyens dans les unités de goumiers, pour savoir si c’est par peur de représailles, ou à cause de la misère, de l’ignorance ou de l’influence de la propagande ennemie, ou alors pour des raisons tribalistes… Il leur demandait également de collecter des informations précises et détaillées sur les endroits où les traîtres et les collaborateurs se rencontraient. Il savait que le renseignement était une arme redoutable et que lorsque les informations recueillies sont authentifiées, elles sont exploitées efficacement par l’ALN et assurent à ses opérations le plein succès. Par ailleurs, il les obligeait à s’enquérir directement, et sans intermédiaire, du moral des troupes, et ce, en organisant des rencontres avec les différentes unités. Il interdisait formellement le recours à des « taupes » au milieu des djounoud, pour éviter qu’un climat de suspicion les déstabilise. Quant aux informateurs civils, il leur demandait d’aider les responsables politiques dans leur travail, notamment pour contrer la propagande ennemie, publier et distribuer des tracts et surveiller les écoles.

    La grande culture de Hihi Mekki s’illustrait également dans le domaine disciplinaire, avec la publication d’une brochure contenant le Code pénal, qui été adopté dans le règlement intérieur de l’ALN, selon le procès-verbal du 17/11/1957. Dans ce document, il dit que les sanctions sont destinées à discipliner le djoundi, à adoucir ses mœurs et à dissuader les autres. Car, il est établi que la sanction est plus bénéfique que le pardon, dans le sens où elle sert toujours de leçon aux autres, alors que le pardon est souvent une porte ouverte au désordre, au mépris des ordres et à l’impunité, surtout que nous sommes en guerre totale qui exige de nous harmonie, unité et ordre. C’est pourquoi, il ne tolérait jamais les défaillances, ni la moindre transgression des principes de la Révolution. Il était ainsi réputé intraitable avec les traîtres. Le moudjahid Youssef Yaalaoui témoigne qu’un moussebel avait, un jour, trahi la Révolution pour rallier les goumiers et indiquer à l’armée française les endroits où se trouvaient les moudjahidine. Le destin a voulu que ce traitre qui avait, au passage terrorisé la population, qu’il soit capturé dans une batailles dans la région de Herzet Ouled Braham. Pendant l’interrogatoire, il avoua ce qui lui était attribué, et lorsqu’il fut présenté devant le commandant de zone, Hihi Mekki, celui-ci lui demanda combien de balles ils avaient été tirées sur les moudjahidine. Il lui répondit en bafouillant : «Trois balles». Et Hihi de lui répliquer : «Alors prépare-toi à mourir avec trois balles ! Trois balles pour purifier la trahison.»

       Dans un témoignage de son frère, le moudjahid Bachir Hihi, celui-ci rapporte que Mekki recommandait toujours aux jeunes, lors des réunions, de se rappeler que le premier mot révélé dans le Saint Coran est “Lis”, en leur disant : «Lisez et n’arrêtez pas de lire ! Il est impossible d’accéder à la liberté sans lecture.» Il leur recommandait aussi de bien considérer la femme. A ce propos, la moudjahida Fatima Ayache a loué les qualités du chahid Hihi Mekki, à l’occasion de l’hommage qui lui a été rendu à Ain Touta, dans la wilaya  de Batna, le 26 mars 2016. Elle raconte qu’en voulant rejoindre l’ALN, Hadj Lakhdar avait refusé de la recruter, arguant des conditions difficiles dans la région et de l’état de siège qui était instauré par l’armée coloniale, en lui enjoignant de rentrer chez elle. Mais Mekki Hihi a réussi à le persuader de la recruter dans l’infirmerie aux côtés de ses camarades, Rokia, Radhia,  Zakia et Tassaadit. Elle a continué à exercer sa mission dans la zone, et lorsque le siège sur la région devenait intenable, suite au bombardement des villages et des écoles et à la découverte de certains de l’ALN, et en application d’un ordre du commandement de la Révolution, les femmes furent transférées en Tunisie, début 1958.

     Pour sa part, le moujahid Abdeslam Mordjane, qui a été chef de secteur, puis commissaire politique dans la zone de Sétif sous le commandement de Hihi Mekki, le décrit comme un homme dévoué à sa patrie, pétrie de qualités de grand chef, cultivé, vertueux et convaincu que la lutte armée était l’unique solution pour recouvrer l’indépendance et la liberté. Ce moudjahid témoigne également que Hihi Mekki appelait sans cesse à l’union, à la fraternité et à la solidarité entre moudjahidine, quelle que soit leur position. Ainsi, a-t-il scellé de solides liens de fraternité jusque dans la zone III, limitrophe à celle qu’il commandait.

    Aussi, le moudjahid Mazouz M’barek, qui fait partie des maquisards de la première heure (il fut recrutée le 8 novembre 1954), et que le destin avait réuni avec Hihi Mekki au centre de détention d’El-Djorf, avant de le retrouver dans une opération de liaison, dit à quel point il était subjugué par sa haute moralité, son charisme, sa grande culture, sa vive intelligence et son dévouement pour sa patrie et la Révolution. Il dit qu’il se souvient encore des leçons qu’il leur prodiguait en prison, et de la ferveur nationaliste qu’il a su leur inculquer, en leur répétant la bataille contre l’occupant français doit être dans chaque coin d’Algérie et qu’ils ne devaient pas le laisser dormir en paix.

    Hihi Mekki a rencontré le colonel Amirouche en octobre 1956 dans la région de Sidi Ali en zone II relevant de la wilaya I, lorsque celui-ci est venu aux Aurès pour transmettre les résolutions du congrès de la Soummam, et tenter de réconcilier les dirigeants en conflit et de mettre fin aux luttes intestines qui minaient la région des Aurès. Il l’a rencontré une deuxième fois, alors qu’il était accompagné du colonel Amar Ouamrane dans la Kalaa de Béni Abbas, à l’occasion d’une visite effectuée par une délégation des Aurès en Kabylie début 1957.

    

    Ceci n’est qu’un aperçu du parcours d’un grand dirigeant, que nous concluons par les témoignages de ses compagnons d’arme. Le regretté Youssef Yaalaoui a dit à propos de Hihi Mekki : « On a rarement vu des hommes dotés d’autant de qualités humaines et d’un tel génie, une telle clairvoyance et d’une telle ouverture d’esprit que chez avec notre frère, le chahid Hihi Mekki. Il était aussi pétri de qualités de chef de guerre, qui s’illustre par son charisme et la forte influence qu’il avait sur ses hommes, en plus de sa force de persuasion, grâce à sa discipline, sa compétence, ses grandes capacités d’organisation et ses relations toujours cordiales avec les officiers, sous-officiers et l’ensemble des moudjahidine, envers qui il se montrait toujours tolérant, modeste et accessible. »

     Dans ses mémoires, le regretté moudjahid  Mustapha Merarda dit Mustapha Bennoui, l’un des dirigeants de la wilaya I historique, loue les qualités du chahid Hihi Mekki, en le qualifiant de « formidable combattant, doté d’une vaste culture et imprégné d’un nationalisme ancré qui le liait profondément à son peuple et l’a prémuni contre toute tentation autoritaire. Sa zone se distinguait par une organisation parfaite et une gestion irréprochable ». Et de rappeler que « certains textes et règlements édictés sous sa tutelle ont été adoptés par le congrès de la Soummam, lesquels textes mettent en évidence la précieuse contribution des jeunes intellectuels qui se sont engagés corps et âmes dans la Révolution ».

    En hommage à Hihi Mekki, le lycée franco-muuslman de Constantine a été rebaptisé en son nom. Il y a aussi une cité résidentielle dans la ville d’Oum El-Bouagui qui porte le nom du chahid Hihi El-Mekki.

     Dans le cadre de la commémoration des manifestations du 11 décembre 1960, et en marge d’un colloque organisé à Ouled Tebane autour du thème des génocides aux armes chimiques, un hommage a été rendu au chahid Hihi Mekki, en présence de sa famille, par les anciens Scouts musulman algériens – Groupe de la Liberté – d’Ouled de Tebane, wilaya de Sétif, le 15 décembre 2018, avec une conférence sur sa personnalité de chef de guerre, animée par le chercheur en histoire de la Révolution, Derradji Salah.

Derradji Salah dit Rostom

Références et sources :

– Archives divers  de la zone I, wilaya I  (Centre des archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence et Centre d’archives du Service historique de la défense de Vincennes).   

– Lot d’archives conservées par Farid Imerzoukene

– Mémoires du commandant Mérarda Mustapha dit Mustapha Bennaoui .

– Mohamed Larbi Merdaci, Les tamiseurs de sable, ANEP, 2001.

– Mémoires du Colonel Hadj Lakhdar , Kabassette du 1er Novembre 1954

   – Mémoires de Abdelhafid Amoukrane , Un parcours de militantisme et de lutte.

  Docteur Noureddine Makder , Etude sur le camp de détention et de torture d’El-Djorf , Revue Les nouveaux âges, Université de Msila. 

Les Viviers de la libération, Abderrazek Bouhara, éd 2001

– Témoignages de moudjahidine : Abdeslam Mordjane, Fatima Ayache, Mohamed Tahar Arbaoui , Ali Bedouhane, Mazouz Mbarek dit Bala Zeghad, Bachir Hihi (frère de Mekki) et un ancien témoignage de Youcef Yaalaoui.

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