Les cardiologues en souvenir de leurs aînés - En plein cœur de la Révolution armée Hôpitaux de fortune et médecins au maquis

Par La Rédaction
Publié le 04 sep 2019
A la veille du 57e anniversaire de notre indépendance nationale, le Professeur Hammoudi née Bendib Naima, chef de service à l’hôpital Maouche de Clairval d’Alger, m’a demandé une contribution évoquant le rôle de nos médecins durant la guerre de libération nationale. Evidemment c’est avec honneur et respect que j’ai mis à profit non seulement mes lectures d’ouvrages d’histoire de notre glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954 mais aussi des témoignages recueillis auprès de moudjahidine qui ont consacré leur savoir dans le domaine de la santé dans nos différents djebels où des hôpitaux de fortune furent aménagés en plein maquis. J’ai eu l’occasion d’écouter à travers les témoignages des acteurs-clés responsables des wilayas historiques combien a été vitale l’organisation de la santé en plein cœur de nos mechtas et maquis où les premiers médecins arrivèrent dans les rangs de l’ALN. Ces moudjahidine engagés pour une cause juste n’ont pas de haine et ont inscrit leur action dans l’esprit du message du 1er Novembre 1954, à savoir libérer leur pays du joug colonial. Ils se sont battus avec armes à la main contre la soldatesque coloniale et le bistouri pour opérer dans des conditions très difficiles. Ces médecins ont été imprégnés des idéaux de la Révolution croyant fermement au serment d’Hippocrate et à la dignité humaine pour soulager dans des conditions très rudes les blessés et victimes affectés par un arsenal militaire des plus sophistiqué. Par patriotisme mais aussi par humanisme, ils se sont lancés en plein accrochages et opérations pour ramener les blessés et effectuer les premiers soins dans des bases de repli.
Professeur Hammoudi née Bendib Naima
Dr Med Toumi Responsable sanitaire de la Wilaya II
Dr Chawki Mostefai
Dr Med Seghir Nekkache
Lamine Khane au maquis
Meriem Bouatoura
Partie du personnel de l’hôpital de Bouzouri (Villa Narcisse). De g.à dr. : Deb. : Rahim., Meriem Bouatoura, Malika Karchi, Ziza Massika, la petite Naghra,  Khadra, Baâziz Ammar. Accroupi : Lamri
Professeur Bachir Mentouri
Dr Ahmed Taleb Ibrahimi
Professeur Ahmed Bou Salah
Docteur Omar Boudjallab
De g. à dr. : Omar BOUDJELLAB, Laid, Hocine Bekkouche, Mekki Hamdi, Abdelmadjid Cherfaoui
La cardiologie au service de la RévolutionDans son ouvrage Médecin dans les maquis, le Professeur Mohamed Toumi évoque l’afflux des premiers étudiants en médecine et infirmières rejoignant les rangs de l’ALN. Il témoigne en tant qu’acteur ayant vécu cette période de la guerre d’indépendance nationale de 1954 à 1962. Il parle du Docteur Lamine Khène, alors étudiant en médecine, venu renforcer l’organisation sanitaire dans la Wilaya II.Le Professeur Mohamed Toumi avait commencé sa spécialité en cardiologie à Montpellier où il militait dans l’Ugema au sein de la section dont il sera président. A l’appel des étudiants le 19 mai 1956, il rejoint le maquis. Mais l’enfant de Thénia ex-Minerville, après avoir fréquenté son lycée bombardé par l’aviation allemande, sera orienté vers Miliana pour terminer sa terminale au cours des années 1942/1943. Ne pouvant poursuivre ses études en « math-sup » à cause de l’absence d’internat, il s’inscrit en Physique-Chimie-Biologie (PCB) à la faculté de médecine d’Alger.Les sillons d’une médecine révolutionnairePour rappel dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, il décide de partir à Montpellier de 1948 à 1956. Il achève son cursus de médecine sans bourse mais aidé par son père qui lui envoie un peu d’argent. Il est en 2e année de médecine lorsque survint l’appel des étudiants le 19 mai 1956. Il rejoint alors la base de l’Est d’appui en Tunisie à l’instar d’autres étudiants en médecine grévistes où il sera installé par Ali Mahsas de 1956 à 1957 comme président du Conseil de santé qui comprenait : Docteur Chawki Mostefaï, Docteur Tidjani Haddam, Docteur Djamel Derdour, Docteur Med Séghir Nekkache, anciennement président de ce même conseil, Docteur Frantz Fanon et maître Fétoui en tant que juriste. En 1957, le Professeur Med Toumi se porte volontaire pour rejoindre le maquis dans le Nord constantinois (Wilaya II). Il remplacera Lamine Khène, appelé à rejoindre Tunis pour des responsabilités qui lui sont confiées. Cette rencontre avec Lamine Khène, avant son départ, a lieu en décembre 1957 en pleine neige à El Harrouch à Djebel Ghdir.Meriem Bouatoura et Ould Kablia Saliha, le fusil et le StéthoscopeLe Professeur Toumi, devenant le responsable du service de santé de la Wilaya II en mars 1959 et membre du conseil de la Wilaya II, formera plusieurs étudiants et infirmières de l’ALN. Mériem Bouatoura s’en souvient lorsqu’elle écrivait à son père qu’elle faisait des opérations chirurgicales en amputant des membres gangrénés. A l’indépendance, le Professeur Toumi retourne à Montpellier pour terminer ses études de spécialité en cardiologie et reprend du service à l’hôpital St Eloi grâce au doyen, le père Turquini, malgré l’opposition du chef de service. Son CES de cardiologie sera bloqué pour cause d’appartenance au FLN/ALN, mais finalement il continuera ses études à Alger pour soutenir son agrégation en 1967 en compagnie de Med Chérif Mostefai et Omar Boudjellab. Le service de cardiologie de l’hôpital Mustapha dirigé par les Professeur Taddei et Piva, sera, après leur départ, partagé entre les Professeur Med Toumi et Omar Boudjellab.Les messagers de la paix en blouses blanchesSelon les propos du Professeur Mostefa Khiati dont j’ai retenu l’essentiel de cette biographie dans son livre très documenté et merveilleusement bien écrit : Les blouses blanches de la Révolution, Professeur Toumi est l’un des pères d’une technique d’exploration cardiologique appelée « la corboxy-angiographie-méthode d’Alger », primé à Madrid en 1985 au Congrès mondial de radiologie. Il sera président du conseil scientifique du CHU Mustapha et de la Société algérienne de médecine. Il reçoit la médaille d’El Athir. Durant la révolution on citera les noms de médecins qui ont rejoint le maquis dans la Wilaya II c’est-à-dire dans le Nord-Constantinois tels : Abderahmane Khène dit Lamine, né le 6 mars 1931 à Collo, wilaya de Skikda. Comme le Professeur Toumi, il est membre du PPA/MTLD. Il a fait ses études au Lycée Rédha Houhou ex- Lycée d’Aumale de Constantine. Il est en 4e année de médecine lorsque la grève est déclenchée par l’Ugema dans son appel du 19 mai 1956. Il faut dire que Si Lamine Khène était vice-président de l’AEMAN que présidait Mohamed Baghli. C’est son camarade Amara Rachid qui lui fera le premier contact avec Abane Ramdane. Lamine Khène va jouer un rôle important dans la création de l’Ugema en 1955. C’est de sa chambre du lycée Amara Rachid ex-lycée franco-musulman de Ben Aknoun dont il était assistant médical que le texte de l’Appel à la grève des étudiants fut rédigé avant d’être répercuté en Algérie et en France sur ordre du FLN.L’intelligentsia au service des maladesIl rejoint le maquis avec Allaoua Benbaâtouche, étudiant en droit à Constantine, dans le djebel Ouahch grâce à Anne-Marie Chaulet qui fut leur contact. Celle-ci deviendra l’épouse de Salah Louanchi. Elle était surveillante au lycée El Hourrya ex-Laveran de Constantine. La première rencontre fut avec Si Messaoud Boudjériou dit « El Ksentini ». Docteur Khène se souvient alors qu’ils se rendaient vers une destination inconnue, la fatigue aidant, il dut injecter à Si Messaoud Boudjériou une dose de cardiotonique avant d’arriver au PC de la Wilaya II de Zighoud Youcef lorsqu’ un bombardement d’artillerie est déclenché. C’est la première leçon de la révolution armée où on me ramena dit-il un djoundi atteint par un obus. C’est à la lumière d’une bougie que l’acte chirurgical fut effectué. Après le Congrès de la Soummam, il est désigné responsable de tout le système de santé de la Wilaya II. Malgré les difficultés d’approvisionnement en médicaments, il n’était pas rare d’avoir des sulfamides, de la pénicilline, du mercurochrome, des bandes à gaz, des pansements. Avant d’être désigné membre du CNRA puis Secrétaire d’Etat à l’intérieur dans le premier GPRA le 19 septembre 1958, il aura formé plusieurs jeunes filles et garçons, lycéens et collégiennes pour devenir des infirmières et infirmiers.Ces infirmieres anges-gardiennes au maquisParmi ces étudiantes devenues assistantes du Docteur Lamine Khène et du Professeur Mohamed Toumi, il y a lieu de citer : Sakina Ziza appelée Massika née le 28 janvier 1934 à Mérouana. Elle obtient son baccalauréat en 1953 à Batna. Elle partira avec son frère Ayache à Montpellier pour des études supérieures jusqu’en 1955. De retour, elle rejoint en compagnie de Mériem Bouatoura et de Malika Kharchi le maquis dans la Wilaya II du Nord Constantinois. Massika sera affectée à la région de Collo à Ouled Attia au douar Ouled Djamâa sous les ordres d’Ammar Baâziz dans la zone 3. Auparavant, elle avait travaillé à la zone 1 et 2 avec Azzouz Hamrouche et Abdelkader Bouchrit, responsables de la santé dans ces zones. Elle est tombée au champ d’honneur le 29 août 1959 à l’âge de 25 ans lors d’un bombardement ennemi alors qu’elle revenait pour récupérer une boite d’instruments. Mériem Bouatoura alias Yasmina, atteinte d’un obus lancé dans un appartement-refuge afin de reconstituer un réseau de l’ALN, par un char en pleine ville de Constantine à la rue Cahoreaux ex-rue Colbert, mourra sur place avec Daoudi Slimane alias Hamlaoui. Auparavant, elle avait été responsable en plein maquis de Mechat, région d’El Milia, où un hôpital de fortune appelé Khneg Mayoun a été installé, puis de celui de Ouled Djamâa et El Ouldja avec Massika Ziza le 8 juin 1960. On peut citer d’autres moudjahidate dans les services de santé de l’ALN telles Malika Gaïd née d’une famille de militants de Guenzat. Celle-ci sortait de l’école d’infirmerie de Sétif. Elle rejoint le maquis le 13 juin 1956 à Taouracht. Elle sera visée avec d’autres assistantes et cinq djounoud dans une grotte-infirmerie dans les monts de Yakouren Tous tombés au champ d’honneur le 28 juin 1957. Elle venait d’avoir 23 ans. Messaouada Bedj, née le 7 mai 1933 à Chlef. Elle décroche son baccalauréat en 1953. Elle fait sa 3e année de médecine et rejoint le maquis à l’appel de l’Ugema en 1956 dans l’Ouarsenis dans la zone 4 Wilaya IV. Elle sera désignée par Youcef Khatib pour mettre en place le premier centre de santé à Tamezguida en zone 1. Elle se déplacera avec Si Khatib au mont Bouzegza. Elle sera rejointe par sa sœur Fatima dit El Alia née le 7 octobre 1935 à Chlef. Messaouda tombe dans une embuscade dans le Sersou et meurt les armes à la main, sa sœur la suivra en 1960 en chahida. On peut nommer d’autres telles que Toumia Laribi dite Baya El Kahla, Myriam Benmohamed surnommée Mimi, Leïla Tayeb en zone 4, Meriem Mokhtari en zones 6 et 7, Khedidja Tlemcani épouse Kaïd Ahmed, Zoubida Yakhou en zone 3. Fatima Zohra Loudghiri, diplômée de l’école d’infirmières de Casablanca, est chargée par le Docteur Abdeslem Haddam de former des infirmières au cours de l’année 1956 parmi lesquelles Anissa Derrar, Zoulikha Loudghiri, Leïla Meftah, Meriem Mahmoud, Karima Belhadi, Djamila Mahdi de Maghnia, épouse du commandant Si Rachid. Fatiha Remaoun, née en 1933 à Oran, alias Rachida, rejoint le maquis en zone 2 Wilaya V. Elle sera arrêtée, torturée atrocement et traînée dans les marchés des douars jusqu’à sa mort par la soldatesque coloniale en août 1957 dans la région des Souahlia.… Et elles seront nombreuses à avoir rejoint le front dans les combats contre l’armée française à travers nos djebels et mechtasAu cœur des combats sous le déluge de feuLamine Khène quitte en mars 1959 le maquis pour rejoindre à la demande du GPRA en crise la Tunisie en compagnie du chef de la Wilaya II, le colonel Ali Kafi après avoir traversé la ligne Morice. C’est Mohamed Attaïlia qui, avec les cisailles, coupa les fils électriques pour faciliter le passage sous un déluge de feu. Arrivé en Tunisie, il n’assistera pas à la réunion des dix colonels. Ce n’est que dans le 2e GPRA, qu’il fera partie du cabinet de Lakhdar Bentobal, alias Abdellah, ministre de l’Intérieur chargé du FLN. Il fera partie de plusieurs missions à l’extérieur (Yougoslavie, Chine…). A l’indépendance, il sera PDG de l’EGA puis ministre des Travaux publics et de la Construction en novembre 1966. En 1968, il soutiendra sa thèse de médecine. Il quitte le gouvernement en 1971, pour rejoindre le service de cardiologie du Professeur Toumi. Il est désigné SG de l’OPEP à partir de janvier 1973. A partir de 1975, il occupera le poste de directeur exécutif de l’ONUDI jusqu’à 1985.Les médecins des Wilayas historiques face à la mortAu niveau de la Wilaya I Aures Nememcha, le premier médecin arrivé dans cette région en 1959 après son évasion de prison est Abdeslem Lakhdar Benbadis (1923-1960), ophtalmologue. Il est tombé au champ d’honneur en essayant de traverser la frontière algéro-tunisienne au cours d’une mission.Hamou Bouchoureb, ancien étudiant en 2e année de médecine. Il rejoint le maquis dans la Wilaya I qu’il quittera pour se présenter chez le Docteur Nekkache et le médecin Yagoubi, en Tunisie. Il est connu sous le sobriquet de « Cabrane ». Il décéda à Ain M’lila après l’indépendance.Mahmoud Atsaména rejoint les Aurès dès la grève du 19 mai 1956. Il est l’un des rares témoins du service de santé de la Wilaya I. Mahmoud est né en 1926 à Batna. Footballeur accompli, il fréquente le lycée Aumale de Constantine. Il aura comme camarade de classe Bachir Mentouri. Il partira à Grenoble pour faire son PCB et milite dans les rangs de l’Ugema. Il est en 5e année de médecine lors du déclenchement de la grève des étudiants en 1956. Ils rejoignent ensemble Tunis. Mahmoud Atsaména sera affecté à l’hôpital de Sousse. Puis rejoint le maquis dans la Wilaya I qui a besoin de médecins. Il a essayé de mettre en place le service de santé de la Wilaya. De Casablanca, il partira terminer ses études à l’hôpital de Bobigny, actuellement Avicenne et se spécialise en urologie. Il soutiendra sa thèse « Contribution à l’étude des phallectomies » à Alger en 1963.Abderahmane Boudiaf né le 22 octobre 1935 à M’Sila. Du lycée franco-musulman de Ben Aknoun, il entame ses études de médecine à Alger. Il milite dans les réseaux FLN. Après la grève de 1956, il rejoint l’ALN dans la région de Barika.Dévouement et engagement pour sauver les viesAprès des soins il sera désigné au secrétariat de Med Chérif qui représentait le ministère de l’Armement en Egypte. Il bénéficie d’une bourse en Bulgarie (1958/1959). Après l’indépendance, il continue ses études en 3e année de médecine et soutient sa thèse de doctorat en médecine en 1965 sous le thème « Contribution à l’étude des formes tumorales de l’endométriose », puis il entame une spécialité en gynécologie obstétrique. Il passe son agrégation et sera chef de service de la maternité de Béni Messous. Actuellement, il est retraité.Abdelmajid Benghzal rejoint le maquis alors qu’il était en 2e année de médecine dès la grève des étudiant en 1956. De la Wilaya I, il reprend ses études grâce à une bourse du GPRA en 1958/59 à la faculté de médecine de Lausanne.La Wilaya III, qui couvre la grande Kabylie et la petite aux rivages de Béjaia, a fourni comme les autres régions du pays de nombreux chouhadas dans le corps de la santé (Rachid Belhocine, Khelil Amrane…). Le colonel Amirouche en personne veillait à la mise en place d’un service de santé au maquis dirigé par Ahmed Bouderba, né le 27 janvier 1931 à Bologhine ex-St Eugène, dès juillet 1956 regroupant des étudiants en médecine et en pharmacie.Ahmed Bouderba, après avoir décroché le bac en 1949, s’inscrit à l’Université en PCB, en contact avec Aït Chaalal et Docteur Nafissa Hamoud à Aemna et Ugema. Il travaillait avec les responsables de la Zone autonome d’Alger dont Benkhedda. Il rejoint donc la Wilaya III en 1956. Des casemates-infirmières, loin des regards des autorités coloniales, furent installées. Ismael, médecin et frère aîné d’Ahmed Bouderba, tombe au champ d’honneur. Djamel Eddine Bensalem évoque Ahmed Bouderba dans son ouvrage non publié Le rêve fou. Promu au grade de lieutenant, Ahmed a été fait prisonnier lors d’un accrochage à Ksar Boukhari alors qu’il était en mission vers la Wilaya IV. Il connaitra la torture la plus abjecte dans la villa Susini, lieu de toutes les abominables tortures (arrachage des ongles, gégène, baignoire etc.) par les bourreaux Le Pen et Graziani. Il sera condamné à 20 ans de travaux forcés. Au 2e procès il s’évade en s’échappant de la voiture qui le ramenait vers Serkadji. Il prendra l’avion de l’aéroport d’Alger avec un passeport libyen en partance pour Genève où il travaillera avec Docteur Bentami. Il rejoindra le GPRA en Tunisie où il assure plusieurs missions. Il s’occupe des réfugiés et assiste le Croissant-Rouge algérien. A l’indépendance, il occupera le poste de wali de Médéa puis d’Annaba jusqu’à 1974. Il est ambassadeur au Sénégal couvrant le PAIGC, en Gambie et en Argentine jusqu’à 1983 couvrant la Bolivie, l’Uruguay, le Paraguay, le Pérou. Il meurt dans un accident de voiture sur la route de Sétif en 1990.Docteur Nefissa Hammoud un exemple de sacrificeDocteur Nefissa Hammoud est la première femme médecin à avoir rejoint le maquis. Elle a activé longtemps au niveau de la capitale utilisant ses réseaux des connaissances de sa famille.Elle mit à profit la ferme de Benouniche de Bordj el Kifan, l’utilisant comme infirmerie pour soigner les moudjahidines tout en alimentant le maquis de médicaments à partir de son cabinet situé à la place de la Lyre. Née le 17 mars 1924 à Alger, Elle soutient à la faculté de médecine d’Alger sa thèse « Contribution à l’étude du traitement de la maladie de Bouillaud par l’ACTH et la cortisone ». Très jeune, elle militait au PPA/MTLD et était secrétaire générale de l’Association des femmes musulmanes algériennes (AFMA) créée en juillet 1947. Elle s’engage dès la révolution au FLN. Elle est responsable d’une cellule relevant du Docteur Nekkache. Elle supervise le travail de Medjaoui, Khatib, Liassine et autres… Elle est assistée de Salima Belhafaf et Malika Mefti. Son nom de guerre est Louiza. Elle fait la connaissance de Mustapha Lalliam qui deviendra son patron dans la Wilaya III puis son époux en Tunisie en octobre 1961. Elle connaitra la prison avec les militantes Danièle Minne et Raymonde Peschard exécutée en même temps que Belhocine. Défendue par des avocats, elle obtient la liberté conditionnelle et sera transférée dans un couvent à Nantes. Elle s’enfuit et s’envole vers Genève. Elle sera à nouveau prisonnière à Maison Carrée, à Sarkaji, Oran et Techefoun. Libérée en 1959, elle est assignée à résidence surveillée.A l’indépendance, elle poursuivra ses études de spécialité et soutiendra son agrégation en gynécologie-obstétrique en 1972 en tant que cheffe de service de l’hôpital Parnet jusqu’à sa retraite. Elle sera élue Présidente au premier congrès de l’UNFA et membre du 1er CNES en 1970. Elle sera nommée ministre de la Santé pour une courte durée de juin à octobre 1991. Elle décède à Alger le 10 décembre 2002. Son époux, Docteur Mustapha Lalliam, né le 4 février 1928 à Relizane est ophtalmologue. Il rejoint le maquis à la base de l’Est de Tunisie alors qu’il était en 6e année de médecine dès l’appel de l’Ugema le 19 mai 1956. Il sera appelé par le colonel Amirouche pour rejoindre la Wilaya III. Les deux hommes étaient de la même ville (Relizane). Lors d’une embuscade à Drâa Erif près de Bordj Bou Arréridj, il est fait prisonnier le 27 décembre 1957. Condamné à vingt ans de travaux forcés dans les prisons de Berrouaguia, Barberousse, Maison-carrée, il sera libéré en 1961. Il rejoint son épouse à Genève et obtient une bourse du GPRA. A l’indépendance, il sera affecté à l’hôpital Mustapha au service d’ophtalmologie sous la direction du Professeur Aouchiche. Il passe son agrégation en 1967 et devient chef de service d’ophtalmologie de l’hôpital Parnet, le 20 octobre 1970. Il y restera jusqu’à sa retraite en janvier 1991. Elu député en 1977, il décèdera le 13 juin 2009 à l’hôpital central de l’Armée (HCA) à l’âge de 81 ans des suites d’une maladie. Inhumé à Tigzirt , un vibrant hommage lui été consacré par le Professeur Chibane, ancien confrère et compagnon de guerre.Abdelkader Boukhroufa la cardiologie dans le cœurProfesseur Abdelkader Boukhroufa est né le 26 mai 1932 à Alger. Militant de l’Aeman en 1952, il entame ses études à la Faculté de médecine à Alger. Il est membre fondateur de l’Ugema et de la cellule du FLN. Il interrompt ses études suite à l’Appel des étudiants à la grève en mai 1956 où il rejoint le maquis dans la Wilaya III dans la zone 3. Il est fait prisonnier à Mchdallah puis à Bouira et Alger. Il sera jugé et condamné à cinq ans de prison et transféré en France. Alors qu’il est assigné à résidence, il quitte clandestinement la France et rejoint le Maroc via la Suisse en 1960. Il est incorporé dans les rangs de l’ALN et blessé à la frontière Ouest avec un traumatisme crânien dans un accident d’ambulance en 1961. A l’indépendance, il est démobilisé, en octobre 1962, avec le grade de capitaine, et prend la responsabilité du secteur de la santé de la région Nord.Il reprend ses études de médecine à la faculté d’Alger et soutient la thèse sous le titre : « Contribution à l’étude des accidents intestinaux de l’antibiothérapie » et opte pour la carrière d’hospitalo-universitaire. Il rejoint volontairement l’ALP lors de la « guerre des sables » en octobre 1962. Il revient à ses études à la fin du conflit. Il gravit tous les échelons de sa carrière universitaire pour réussir son agrégation en cardiologie en 1972 à Alger puis Professeur titulaire en 1975. Il sera affecté à Oran en qualité de chef de service et fait décoller la faculté de médecine d’Oran. Il revient à Alger pour prendre la chefferie de service de médecine interne à l’hôpital Parnet en 1989. Il devient chef de service de cardiologie à l’Hôpital Mustapha après le départ à la retraite du Professeur Mostefaï. Il est élu SG de l’UMA de 1985 à 1990. Fondateur de la Société de l’histoire de la médecine d’Alger durant cinq ans. Il sera élu Président du Croissant-Rouge algérien en 2000. En 2002, il est membre de la commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme. Il décède le 23 mars 2004 des suites d’une longue maladie. Enterré au carré des martyrs d’El Alia, il sera honoré à titre posthume en baptisant en son nom : l’hôpital Canastel d’Oran, l’hôpital Ben Aknoun d’Alger et la maison de vieillesse de Hamma Bouziane de Constantine. Pour la Wilaya III, je ne saurais terminer la liste des médecins qui ont rejoint le maquis sans évoquer le Docteur Djamel Eddine Bensalem, enfant de Bordj Bou Arréridj qui soutenait sa thèse de médecine en 1964. « Contribution à l’étude du canal déchiré antérieur » en spécialité de chirurgie maxillo-faciale, agrégé le 8 octobre 1977 et les ouvrages qu’il avait écrits avant sa mort intervenue le 4 août 2010 : Maladie ou élément d’un syndrome sur la carie dentaire (OPU, 1983), Voyez nos armes, voyez nos médecins (Enal, 2002), Mieux-être par la chirurgie esthétique (Editions Houma, Alger), L’invincible syndrome des maladies communes (éditions Musart-Presse, Alger, en 2009) et Le rêve fou (inachevé).Abdelhamid Medjaoui est né à Aïn El Hout près de Tlemcen en 1935. Sa famille s’installera à Remchi ex-Montagnac alors qu’il n’avait que trois ans. Il est le seul Arabe à réussir son CEP qui va lui donner la possibilité de s’inscrire au lycée de Slane de Tlemcen. Il aura comme camarade Allal, Haddam, Benmansour etc. En 1951, l’Ecole normale d’instituteurs d’Oran lui a été refusée pour inaptitude physique. En 1954, il est scout en formation de secouriste. Il s’inscrit à la faculté de médecine d’Alger et aura comme camarade de classe Youcef Khatib. En 1955, il prend contact avec Nafissa Hamoud et Ahmed Bouderba puis Benkhedda qui le recommande au Docteur Nekkache pour rejoindre le Maroc mais préfère rester en Algérie. Il rejoint le maquis en zone 1 Wilaya III en février 1957. Il est fait prisonnier avec Ahmed Bouderba et deux infirmières Doudja et Malika. Tous seront transférés au poste de Kalaâ Beni Abbes près d’Akbou. Ils subissent un interrogatoire et des tortures avant d’être enfermés dans une cuve de vin durant un mois. Medjaoui sera condamné pour cinq ans de prison à Tazoult ex-Lambèze (Batna) où il rencontrera Mohamed Merzougui, Lakhdar Rébahi, Messaoud Boukadoum, Daniel Timsit, Cheikh Ahmed Hamani, Cheikh Ahmed Hamoud, Cheïkh El-Beidhaoui.Medjaoui sera libéré en août 1961, soit trois mois après les négociations d’Evian. Il reprend ses études à Grenoble en première année de médecine puis à Bruxelles grâce à une bourse octroyée par le service culturel du GPRA. Après l’indépendance et sur insistance du Docteur Nekkache, il reprend ses études à la Fac de médecine d’Alger. Il rejoint le Parti communiste algérien en 1963 dont il deviendra l’un des animateurs du PAGS jusqu’à son départ à la retraite. Il écrira deux ouvrages autobiographiques : Le pays est le nôtre : un témoignage sur la guerre d’Algérie (2007) et Le géant aux yeux bleus (2007).Ahmed Benabid est né le 3 août 1911 à Zemmora à trente kilomètres de Bordj Bou-Arréridj. Son CEP en poche il est à Bejaia pour parfaire sa formation en arabe chez Si Mohamed Allouache avant de rejoindre le lycée Kérouani ex-Albertini où il décrochera son baccalauréat à 20 ans. Il s’inscrit à la Faculté de médecine d’Alger de 1931 à 1935 puis rejoint Grenoble pour parachever ses études de médecine par l’obtention du doctorat à Lyon en 1942 dont la thèse portait sur « Le lever précoce en obstétrique ». Il adhère à l’organisation estudiantine secrète contre le nazisme où il sera traqué par la Gestapo dans le massif du Vercors. Il termine avec le grade de colonel après la fin de la Seconde Guerre mondiale.Il retourne en Algérie en 1945 et ouvre un cabinet à Bordj Bou Arréridj. Profondément marqué par les événements du 8 Mai 1945, il retourne aux activités politiques en 1948 au comité central de l’UDMA de Ferhat Abbas où il adhère à l’AML. Il sera élu conseiller général. Son cousin Youcef Benabid est délégué à l’Assemblée algérienne. Il participe avec son ami Benbelaid à la création de l’équipe de football du CABBA en 1949. Il collabore avec le FLN/ALN en soignant les blessés fournissant médicaments et argent. Appelé par le Colonel Amirouche à l’âge de 47 ans, il rejoint le maquis (Wilaya III) en 1958 dans le service de santé et représentant du Croissant-Rouge algérien. Il est fait prisonnier en 1959 et transféré en France en résidence surveillée dont il s’évade et s’enfuit en Suisse grâce à un dispositif de la fédération FLN de France. Il rejoint ensuite Tunis pour se mettre à la disposition de la Révolution. Farhat Abbas le désigne comme responsable de la santé au niveau de la base d’appui de santé Est. A l’indépendance, il sera proposé comme ministre de la Santé dont il refusera le poste pour aller travailler dans son cabinet médical à BBA où il prendra sa retraite en 1986 à l’âge de 75 ans. En 1988, il sera décoré de la médaille El-Wissam par le Président Chadli. Il décède le 23 août 1999 à l’âge de 88 ans et sera enterré à Zemmoura son village natal. De nombreux médecins se sont distingués dans la Wilaya historique IV parmi lesquels on peut citer les Nourredine Rebbah, Bakir Gueddi, Brahim Tirichine, Ali Aït Idir ou Yahia Fares, tombés tous au champ d’honneur. La Wilaya IV s’étendait de Lakhdaria à Relizane, au Sud jusqu’à Saïda. Au congrès de la Soummam, elle a été divisée en trois zones à savoir zone 1 : Bouzegza et Zberber ; zone 2 : Blida et Médéa ; zone 3 : Ouarsenis et Zaccar. En 1957, il y a eu la zone 4 : Zaccar-Ténès. Youcef Khatib a été le seul élément du corps médical à gravir pour devenir colonel chef de Wilaya.Parmi les infirmières de la Wilaya IV on peut citer Meriem Belmihoub, Safia Basi et Fadila Mesli. Baya el Kahla, Myriam Benmohamed. Mahfoud Ismael Dahlouk médecin chef de zone.Docteur Youcef Khatib, un seigneur de la guerreYoucef Khatib, plus connu sous le nom de colonel Si Hassan, originaire de Chlef, est né le 19 novembre 1932. Il fait ses études à Orléansville avant de décrocher son Bac en 1954. C’était un ancien footballeur dans l’ASO.En 1956, il est étudiant à 22 ans en première année de médecine à la Fac d’Alger. Il a comme camarade Abdelhalim Medjaoui, originaire de Remchi, dont il partageait les idées nationalistes. Il sera désigné par Docteur Nekkache dans la cellule FLN de Nafissa Hammoud. Il sera affecté après la grève des étudiants dans la Wilaya IV. Il rejoint le maquis en compagnie de Bedj Messaouada dite Meriem le 5 juin 1956. Celle-ci mourra en combattante. Colonel Si Hassan sera de 1956 à 1962 responsable de la santé à Tamezguida et Chréa en zone 2 puis en zone 1 où il crée le service de santé dans la région de Zaccar-Ténès-Ouarsenis à Théniet Had de 1957 à 1959. Il est capitaine en zone 3 Ouarsenis de 1959à 1960. Il est au commandement de la Wilaya IV jusqu’à l’indépendance. Youcef Khatib a été blessé plusieurs fois. Il a été appelé à organiser le service de santé de Tiaret en zone 7 de la Wilaya V. Il a passé six ans dans le maquis.A l’indépendance, il reprend ses études de médecine interrompues après la grève des étudiants et soutiendra sa thèse de médecine le 13 juillet 1967 à Alger sous le thème : « Ictères gravidiques récidivants ». Il commence une spécialité de chirurgie au CPMC. Son ulcère l’empêche de continuer et change de spécialité (gynécologie obstétrique) à Parnet. Il reprend la politique où il est député de l’Assemblée constituante. Il devient membre du Bureau politique au Congrès FLN de 1964. Il est membre du Conseil de la Révolution dans le coup d’Etat qui a déposé Ben Bella le 19 juin 1965.Dans le procès de 1969 jugeant les participants du putsch avorté de Tahar Zbiri, il est appelé comme témoin. Il sera accusé et mis en résidence surveillée à In Salah, travaillant à l’hôpital de la région. En 1972, il sera transféré à l’hôpital d’Ouargla. Il sera autorisé à assister aux obsèques de son père à Chlef, puis affecté à Tiaret où il finit par ouvrir un cabinet privé en 1977 après avoir quitté l’hôpital de cette ville. Il transfert son cabinet à Alger de 1977 à 1993. Il revient à la politique avec Lamine Zéroual, comme conseiller à la présidence de la République chargé du dialogue national puis Directeur de campagne électorale de Zéroual. Il se présente à l’élection présidentielle de 1999 mais se retire avec les six autres candidats dénonçant la fraude organisée. On peut citer dans la Wilaya IV Arezki Hermouche surnommé Saïd, né le 1er décembre 1929 à Béjaia. Militant de l’UDMA, puis l’un des animateurs de l’UGEMA avant d’adhérer au FLN. Il sera avec Lamine Khène porteurs de minutions que Med Seddik Benyahia a chargé de transporter à l’avocat Belhoucine à Béjaia. Interceptés par les soldats, ils arrivent grâce à la fumée de la cigarette à brouiller la piste au chien renifleur. Il était étudiant en médecine au moment de la grève des étudiants du 19 mai 1956. Il rejoint le maquis à Bordj Ménaïl pour être affecté avec l’infirmière Fatiha alias « Farida » en Wilaya IV zone 1, puis à la zone 2 où ils se marient après autorisation du Conseil de wilaya. Il part étudier en Allemagne 1959/60 grâce à une bourse du GPRA. En 1960, il assiste au IVe congrès de l’Ugema à Tunis représentant la communauté universitaire d’Allemagne. Revenu au maquis, il sera médecin-capitaine chargé du service de santé de la Wilaya IV. Après l’indépendance, il termine ses études de médecine en soutenant sa thèse intitulée : « Angiographie de l’artère cérébrale dans le diagnostic des tumeurs médianes de la fosse cérébrale postérieure ». Il rejoint l’hôpital Aït Idir le 21 septembre 1966. Il y travaillera comme adjoint du Professeur Djillali Rahmouni, alors chef de service de radiologie. Après le coup d’Etat avorté de 1967 de Tahar Zbiri, il sera fait prisonnier durant deux ans pour l’avoir hébergé. Med Moulay Bensouna est étudiant en 5e année de médecine lorsqu’il rejoint le maquis en 1957. Il est affecté au service de santé de la Wilaya IV zone. Il remplacera Hermouche muté en zone 4. Il sera blessé à l’œil, sera soigné au Maroc durant l’été 1958. Il est décédé après l’indépendance.Djillali Rahmouni, alias Si Djalloul, est né en 1929 à Nedroma. Il rejoint le maquis en compagnie de Benchouk resté en Wilaya V au niveau de la base de l’Ouest au lendemain de la grève des étudiants. Si Djalloul sera affecté à la base Est en compagnie du Docteur Ali Aït Idir. Il retraverse le pays d’est en ouest et obtient une bourse d’études en Suède à Lund octroyée par le GPRA. Il termine ses études en Suède et soutient sa thèse à Paris le 27 mars 1963 sous le thème :« Crâne, ancéphalographie et angiographie de la carotide interne dans les adénomes chromophobes » enregistrée sous le numéro 932 à la BIUM. Il s’engage dans la filière hospitalo-universitaire comme enseignant. Il est décédé le 30 mai 1980. Il laisse un enfant de sa première femme française qui devient professeur de radiologie en France et deux filles de sa deuxième femme avocate. Mahmoud Ysmael Dahlouk est né le 31 janvier 1931 à Miliana. Il est le cousin du Docteur Youcef Damardji. Il a fait ses études en 5e de médecine à Alger et interne de l’hôpital de Milana. Il connaitra le Professeur Bentami. Il rejoint le maquis dans le Zaccar après la grève du 19 Mai 1956. Il rencontre Sadek Déhiles et Ouamrane qui venaient de revenir du congrès de la Soummam en compagnie de M’hamed Bougara et Omar Oussedik. Il sera affecté à la zone 2 et installé par Déhiles. Celle-ci comptait deux infirmières diplômées de l’Ecole d’infirmières de Sétif : Hourrya et Nassira qui seront mariées à Déhiles et Ouamrane et des aides-soignantes toutes rurales telles Laouedj de Blida, Zineb, Malika, et Nora. Cette zone était très militarisée avec ses deux aérodromes Blida et Boufarik ainsi ses garnisons (Médéa et Boghar). Vaillant maquisard, Si Mahmoud Dalouk après plusieurs incarcérations sera mis à résidence surveillée dans sa ville natale. A l’indépendance, il soutiendra une thèse intitulée : « Contribution à l’étude du lupus érythémateux chronique en Algérie ». Il fait une spécialité de dermatologie et poursuit la filière universitaire. Il passera son agrégation en 1969 pour obtenir la chefferie de service de dermatologie de l’hôpital Mustapha jusqu’à sa retraite en 1996. Il laisse trois enfants une fille et deux garçons tous médecins.Ces jeunes médecins humanistes sans peur ni reprocheQuant à la Wilaya V historique, la plus étendue géographiquement, on dénombre de nombreux médecins qui ont rejoint le maquis. Comme toutes les régions du pays, celle-ci compte un nombre important de chouhadas dans le corps médical. Divisée en sept zones, la Wilaya V s’étend de Tlemcen jusqu’à Chlef, d’Oran à Béchar, de Mascara à El Bayadh, de Tiaret à Laghouat et sa base arrière Ouest jusqu’au Maroc. Parmi les étudiants en médecine qui ont rejoint cette wilaya, on peut citer :Ali Wahib Ouahrani est né le 15 décembre 1924 à Mostaganem. Après les études primaires et secondaires dans sa ville natale, il s’inscrit à la faculté de médecine de Montpellier où il soutient sa thèse le 27 novembre 1953. Installé comme médecin à Béchar, il rejoint le maquis à Oujda en 1957 dans les rangs de l’ALN dont il devient responsable de la zone Sud Béchar, Bouarfa et Figuig jusqu’à l’indépendance. Il sera nommé inspecteur divisionnaire de la santé d’Oran. En 1975, il prend sa retraite et décède par suite d’une longue maladie en 1983 laissant cinq enfants.On peut citer le médecin Si Hassan Abdennour qui rejoint en 1955 le maquis le long des frontières Ouest, Kaddour Yahiaoui, pharmacien diplômé de Paris et de l’ENA. Il rejoint le maquis en mai 1956 dans la zone 6 de la Wilaya V. Nouredine Chiali est né le 6 janvier 1956 à Sidi Bel Abbès. Après avoir décroché le bac en 1952 au lycée Azza ex-Laperrine, il part en France à la Faculté de médecine. Il interrompt sa 3e année pour rejoindre le maquis à l’appel des étudiants du 19 mai 1956 dans la Wilaya V zone 5 sous le nom de guerre d’Omar, surnommé le prince Colbert. Il décède le 7 juin 2009 après avoir été chef de cabinet au ministère de la Santé d’Omar Boudjellab.Le Docteur Saïd Belkeïr est né le 30 septembre 1924 à Maghnia. Fondateur des Amis du livre de Tlemcen, il milite au sein du PPA et lors des massacres du 8 mai 1945, il est fait prisonnier durant six mois à Oran. Après des études de médecine à Toulouse, couronnées d’un diplômé le 22 novembre 1954, il rejoint Berkane en 1956 comme médecin de l’ALN, assistant du Docteur Frantz Fanon dans la ferme de Mostefa Belhadj, puis responsable de la santé en zone 1 et intérim pour la zone 2. Il connaîtra presque tous les futurs dirigeants de la Révolution : Boussouf, Boumediene, Bouteflika, Abdelghani…, colonel Lotfi, cousin de son épouse. Après l’indépendance, il refuse tous les postes de responsabilités et ouvre un cabinet médical à Birkhadem. Très proche du petit peuple aidant les pauvres surnommé « Abou Al Foukara ». Il décède le 17 novembre 1990 à Alger des suites d’une maladie.Alger, Montpellier, Toulouse, Paris au Cœur d’HippocrateGhaouti Haddam est né à Maghnia le 28 février 1928. Il fait ses études à Oujda puis au Collège de Slane de Tlemcen. Après le Bac, il rejoint le collège de Sainte-Barbe de Paris pour préparer les grandes écoles. Il change d’avis et s’inscrit en PCB à Montpellier pour entamer ses études de médecine. Il rejoint comme ses camarades le maquis après la grève des étudiants en 1956 et retrouve son ami Tidjani Klouche au Maroc oriental pour travailler dans le service de chirurgie. Son cousin Docteur Abdeslem Haddam est déjà responsable du service de santé d’Oujda. Il est affecté à Figuig. Désenchanté, il quitte le Maroc pour Lausanne en 1959 pour continuer ses études et soutient sa thèse de médecine en 1961. Il sera assistant au service de chirurgie générale du Professeur Saagesser de Lausanne. Après l’indépendance, il revient au pays et ouvre à Maghnia son cabinet de médecin. Il le transfère au 84 rue Ben M’hidi, à Alger, puis est bénévole au Croissant-Rouge algérien. Il prend sa retraite et retourne vivre à Tlemcen. Il décède en 2007. Mohamed Saïd Abrous soutient sa thèse en phtisiologie en 1963 sous le titre « Emphysème bulleux au cours d’une miliaire tuberculeuse aiguë du poumon chez le nourrisson, à propos d’un cas atypique ».Hôpitaux de fortune et praticien de la santé de guerreMohamed Benchouk est né le 3 juillet 1926 à Tlemcen. Du collège de Slane de Tlemcen, il passera son Bac à Annecy en France et entame les études de médecine à la Faculté de médecine. Il interrompt ses études en fin de cursus car il ne lui restait que les cliniques à passer, mais choisit de rejoindre le maquis à la base d’appui de l’Ouest du Maroc. Il soignera les blessés de l’ALN dans un dispensaire à Kariet Ba Mohamed à 40 km de Fès. Il sera affecté, après avoir rassemblé un stock d’instruments et de médicaments, à la zone 7 Wilaya V, dirigée par le commandant Othmane qui sera remplacé en 1958 par Si Tarek. Il sera désigné responsable du service santé en zone 4 et sera assisté par l’infirmier-major Hammou et les deux sœurs Hayet et Leïla. Il pratiquait des opérations de chirurgie telles que les amputations, l’extraction des balles, les soins pour les brûlés au napalm etc. Il prodiguait également des soins pour la population civile. Après l’indépendance, il soutient sa thèse de médecine enregistrée sous le numéro 33 de la bibliothèque de Toulouse en 1962. Il s’installe comme médecin à Aïn Témouchent et décède le 13 septembre 1983 après une longue maladie. On peut encore citer d’autres tels Mosefa Naït Seddik, camarade de Lamine Khéne. Il rejoint le maquis à l’Ouest au BBM à Oujda dont il épouse la fille de Khatib, l’un des plus gros propriétaires fonciers dans la région de Kénitra Maroc. Le Professeur Mohamed Messaoud Bendib est né le 8 février 1918 à Aïn Taghrout dans la wilaya de Sétif. Il a fait ses études de médecine d’abord à Alger où il est devenu Président de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord (AEMAN), en 1945. Il rejoint Paris où il obtient son doctorat de médecine dans la spécialité radiologie. Il rentre en 1949 à Alger où il se consacre à la médecine hospitalière. Il arpentera les marches de la recherche devenant un des spécialistes de la radiologie hospitalière. Au déclenchement de la Révolution, il part pour le Maroc et ouvre un cabinet de radiologie à Rabat. Il collaborera avec l’OCFLN. A l’indépendance, il retourne à Alger et opte pour la carrière hospitalo-universitaire et passe son agrégation en 1969. Il dirigera le service de radiologie de l’hôpital Mustapha jusqu’à la fin des années 1980 où il fait valoir ses droits à la retraite. Professeur Med Messaoud Bendib est l’auteur de nombreux travaux scientifiques. Il fait partie du groupe qui rédige le traité en 20 tomes sur la radio-diagnostic (Editions Masson, Paris) et de l’Encyclopédie médico-chirurgicale (EMC) et introduit la tomographie dans le diagnostic des lésions temporo-maxillaires, technique qui lui vaut la médaille décernée par la Société française de Radiologie. Mais l’une de ses inventions est dans le domaine de la radiologie vasculaire où il met au point la « cardioxyangiographie élargie», méthode, employée dans l’étude des veines rénales, des veines sus-hépatiques, le contrôle post-opératoire de la chirurgie de l’hypertension portale, qui a été primée à Madrid lors du 13e Congrès international de radiologie en 1973. Depuis 1981, il est membre de l’Académie de médecine française.Omar Boudjallab, un ministre cardiologueDocteur Omar Boudjallab originaire de Tablat, est né le 6 février 1930 à la Casbah d’Alger. Il a fait ses études secondaires à Paris au lycée Louis Le Grand, financées par son père, grand commerçant, jusqu’aux études de cardiologie. Il réussit le concours de l’externat en 1953 avec Hacène Abdelwahab. De 1955/57, il est interne à l’hôpital Bobigny, actuellement Avicenne. Informé par Lakhdar Brahimi étudiant en médecine, il rejoint la frontière Est. Il revient à Alger et part soutenir sa thèse à Paris en 1961 sous le titre « Pharmacologie expérimentale clinique d’une association dynamique de benhydrofluérothiazideréserpine dans le traitement de l’HTA essentielle » enregistrée à la bibliothèque de Paris sous le numéro 138. Il rejoint le Maroc à l’EMG et sera affecté à Oujda sous les ordres de Rabah Allouache. Après le cessez-le-feu, il rejoint la zone 7 de Tiaret Wilaya V. Il y devient chef de service et partage avec le Professeur Mohamed Toumi, le service de cardiologie B ou service Trousseau à Alger. En 1970, il est appelé par Boumediene pour succéder à Tidjani Haddam à la tête du ministère de la Santé. Il revient à son cabinet de la rue Ben M’hidi, refusant d’être ambassadeur ou député. Il décède le 25 juin 2006 à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja.En ce qui concerne la Wilaya VI, on peut citer Khaled Dimerdji, né le 16 janvier 1931 à Rahouia Tiaret ex-Prévost Paradol. Sa famille s’est installée à Relizane où il suivra les études jusqu’ à l’obtention du Bac en 1948 à Oran à l’âge de dix-sept ans. Il entame ses études de médecine à Strasbourg après avoir reçu son PCB.La grève de 1956 interrompt ses études et rejoint en 2e année de médecine le maquis à l’Ouest. Il a comme nom de guerre Si Yacine et exerce en tant que médecin. Il sera affecté à la Wilaya VI.Echaudé par certains responsables, il quitte le Maroc pour l’Allemagne de l’Est avec le Docteur Barkat. Il ne pouvait terminer ses études du fait de la langue. Il sera chef de cabinet de la wilaya de Tiaret puis chef de daïra de Skikda en 1964. Il occupera différents postes (pêche, agriculture, santé, tourisme et même au FLN) du temps de Kaïd Ahmed. Il sera représentant de l’Onafex à Beyrouth entre 1972 et 1980. A son retour, il travaillera à l’Institut Pasteur avec le Professeur Benhassine. Il se marie avec la fille du colonel Bendaoud, actuellement professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alger. Il contracte un second mariage avec une Libanaise durant son séjour à Beyrouth. Parmi ses amis d’enfance, Issiakhem qu’il avait connu en 1937 à Relizane. Il vit entre Alger et Beyrouth.Mohamed Séghir Chentir, originaire de Boudjilil (Béjaia), d’une famille de lettrés. Il décroche le Bac au lycée de Constantine Rédha Houhou ex-d’Aumale. Il logeait chez la famille Benbadis. Il fera ses études de médecine à Paris et rejoint l’ALN en 1956 à la base d’appui Est en Tunisie. Il sera affecté à la Wilaya III puis à la VI chez le colonel Si Haouas en permutation avec Laliam dont la pleurésie le contraint à évoluer dans la région montagneuse. Malade, il sera soigné à Tozeur puis obtint une bourse en Belgique en ophtalmologie. Il termine son CES et soutient sa thèse sous le titre « Insensibilité congénitale à la douleur » enregistrée à la bibliothèque de Paris sous le numéro 1029. Marié à une Française, il vit actuellement en France. Rentré en Algérie il prend sa retraite en 1988. La Fédération FLN de France est considérée comme la Wilaya VII. Principal bailleur de fonds de la Révolution, elle comptait de nombreux étudiants en médecine tels Taled El Ibrahimi, Lakhdar Brahimi, Abdelhamid Kellou etc… Nacereddine Aït Mokhtar est né 1932 à Tazmalt. Du lycée Kérouani ex-Albertini où il décroche son Bac, il part étudier la médecine à Paris qu’il interrompt en raison de la grève des étudiants. Il devient adjoint de Saïd Bouaziz, responsable militaire des commandos du comité fédéral FLN de France. Repéré par la DST, il entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de « Jean Chabannes », appelé parfois Madjid. Il reçoit de faux papier et grâce à son type européen, il fabrique une carte de DST selon le journal L’Aurore du 16 mai 1960. Il passe en Suisse grâce au réseau Curiel. Après l’indépendance, il termine ses études de médecine soutenant une thèse sous le titre « Contribution de l’étude du tétanos obstétrical : post partum et post abortum ». Il fera une spécialité de gynécologie obstétrique à Bruxelles. Il finira par être professeur dans cette filière. Il sera affecté comme chef de service cytologie gynécologique de l’Hôpital Parnet le 1er février 1971 et muté le 31 janvier 1988 à l’hôpital CHU Béni Messous. On peut citer Mahiedine Moussaoui dit Sadek, qui interrompt ses études de médecine de Bordeaux en 1955 puis rejoint le FLN. Il sera l’un des collaborateurs de M’hamed Yazid, Belaid Abdeslam, Mohamed Khemisti, Ahmed Bouderba, Tahar Hamdi, Chouaieb Taleb Bendiab, Khaled Dimerdji. Il sera sous l’autorité de Boussouf au MALG. Le Docteur Mohamed Guenouche de Relizane ; il fait des études d’ingénieur et faute de place, il change de filière et entame des études de médecine à Lyon où il soutiendra sa thèse le 7 juillet 1948. Il ouvrira un cabinet de médecin à Maghnia. Il rejoint le maquis sous le nom de guerre de « Driss ». Responsable logistique au MALG au Maroc, il participera dans l’opération « Bateau cadix » dirigé par Issaad Mohamed Larbi supervisé par Mohamed Boudiaf, coordinateur du FLN. Cette opération consistait à charger depuis l’Espagne 250 tonnes de plastique offert par la Mouqawama marocaine dont F’kih El Basri, Mehdi Benbarka et Hassan Laaradj étaient de l’opération qui s’est soldée par une réussite totale. Les explosifs furent ainsi déchargés du navire à Nador.Il ne faut pas oublier Othmane El Akeb dit Hakim. Il rejoint le maquis dans la Wilaya IV zone 4. Il est fait prisonnier et libéré en 1957. Il sera praticien médical et poursuivra ses études après l’indépendance. Suite à quoi il deviendra médecin anesthésiste au CHU de Béni Messous au service du Professeur Bendali. Le Docteur Salim Hafiz né le 16 0ctobre 1938 à Notre-Dame-d’Afrique à Alger. Son père militait au MTLD et sa mère Nefissa Hafiz avec l’aide de Didouche Mourad et de Mahiédine Hafiz crée une cellule de soutien à l’indépendance nationale en 1945 qui regroupait Nefissa Hamoud, Mamia Chentouf, sa sœur jumelle Aïcha Zaïbek, ses cousines Salima et Yamina Benradouane. Samir Hafiz dit Si Slimane prothésiste dentaire rejoint le maquis en Wilaya IV zone 1. Sa sœur Nadia lycéenne faisait partie de la ZAA sous la responsabilité de Yacef Saâdi. Il fait valoir son année de PCB et se lance dans les études de médecine en chirurgie maxillo-faciale durant 1968/69 sous l’autorité du chef de service Professeur Benoît au CHU La Pitié Salpêtrière puis des professeur Cernier et Vaillant pour obtenir son diplôme universitaire. Il revient en 1979 à Alger et passe le concours de la chefferie de service de chirurgie maxillo-faciale à Alger en tant que docent. Il présente son agrégation dans la même filière à Paris VI en 1980. Il devient professeur chef de service de chirurgie maxillo-faciale du CHU Mustapha Pacha dont il est le Président du Conseil scientifique.Mohamed Esseghir Nekkache peut être considéré comme le précurseur du service de santé de l’ALN. Natif à Tlemcen, il est né le 26 avril 1918 à Ouled Mimoun. Il est le petit cousin du Docteur Mohamed Nakkache, Docteur en médecine de la faculté de Paris en 1880. C’est un ancien militant PPA/MTLD. Il a fait ses études de médecine à Toulouse et sa thèse portait sur la « Contribution à l’étude d’un cas familial d’ostéopénie », soutenue en 1948 à Toulouse. Il devient médecin privé à Oran en 1949 dans le quartier des planteurs. Il aura le grade de commandant de l’ALN. Il sera désigné ministre des Affaires sociales en septembre 1963 chargé de la santé dans le premier gouvernement de l’indépendance. Il s’opposera au coup d’Etat du 19 juin 1965 et sera fait prisonnier. Il passera cinq années de résidence surveillée à Touggourt. Sa deuxième femme suédoise fut accusée d’espionnage et sera expulsée avec sa fille. Fidèle son ami Ben Bella, il fera partie du MDA. Il décédera le 29 mai 2010 à l’âge de 92 ans à Oran des suites d’une longue maladie. Mohamed El Rachid Maïza est né le 2 août 1926 à Sétif, son frère le Docteur Bachir Maïza est militant responsable du PPA. Mohamed fut aussi militant du PPA/MTLD lors des événements du 8 Mai 1945. Il passe son bac en 1945 et s’inscrit en PCB à Alger. Il est arrêté et fiché par la police. Par suite d’une sanction policière, son nom n’apparait pas sur la liste reçue, il décide de partir avec son cousin Tahar à Toulouse pour poursuivre ses études de médecine. Ils refont l’année et seront classés 8e et 9e sur 267 étudiants. Ils n’ont pas de bourse mais grâce à la zakat ils les termineront en 1952. C’est dans cette ville qu’ils rencontreront Docteur Med Seghir Nekkache. Mohamed El Rachid entamera sa spécialité en ophtalmologie. Il revient en Algérie et fait des remplacements au cabinet du Docteur Benbadis à Constantine. Il milite dès la fondation de l’Ugema et se dirige vers Tunis où les premières cellules du FLN de l’ALN sont installées. Il est l’un des premiers médecins à être sur place. Il est affecté à Tozeur et rejoint les rangs de l’ALN/FLN. En 1956, il est muté à Tunis à l’hôpital Charles-Nicole au service ophtalmologie où il continue à opérer les djounoud. Il fait des visites chez les blessés tout au long des frontières Est. A l’indépendance, il revient avec sa famille à Sétif. Il retourne à Toulouse pour soutenir sa thèse de médecine intitulée « Contribution à l’étude de la rubéole irienne » enregistrée sous le numéro 31 de la bibliothèque universitaire de Toulouse. Il tombe malade et reste en convalescence jusqu’à 1965. Il rentre à Alger et rejoint l’hôpital Mustapha, en 1975. Il devient doyen de la faculté de médecine jusqu’en 1978. Il prend sa retraite en 1992. Il est décédé le 2 janvier 2000. La Société algérienne d’ophtalmologie lui a rendu un vibrant hommage en 2009. Le Docteur Amir, ancien Secrétaire général de la présidence du temps du Président Houari Boumediene a établi une liste de médecins et étudiants en biomédicale qui ont rejoint les rangs de l’ALN publiée dans l’ouvrage très documenté du Professeur Mostefa Khiati complétée par celle du Professeur Lazrag (Voir Les blouses blanches de la Révolution de la page 175 à la page 505 du Professeur Mostefa Khiati Editions Anep).Professeur Tidjani Haddam, le bistouri de la rahmaAu niveau de la base d’appui Est, Tidjani Haddam, né le 11 janvier 1921 à Tlemcen, obtient le baccalauréat en 1943 et s’inscrit à la fac de médecine d’Alger. Externe à l’hôpital El Kettar d’Alger en 1943/44. Il est interne de l’hôpital Parnet en 1944/45. Il passe le concours d’internat de chirurgie de Bobigny où il exerce jusqu’en 1952. Il choisit la chirurgie thoracique auprès du Professeur Crawford à Stockholm en Suède en 1952/53, puis se rend aux USA de 1954 à 1957 en tant qu’assistant du Professeur Jackson de l’Université de Philadelphie. Il s’installe à Constantine et devient militant. Il sera découvert par la police coloniale et rejoint la Tunisie. Il rallie la base d’appui Est. Il est le premier chirurgien cardio-vasculaire et thoracique. Il sera affecté à l’hôpital Sadiki (Aziza Othmana) de Tunis comme assistant du Professeur Ghanem, chirurgien juif tunisien, ancien interne des hôpitaux de Paris. Il sera chef de service de la chirurgie thoracique et générale hôpital Ernest Conseil de Tunis 1961/62. En 1963, il est nommé professeur titulaire de la chefferie thoracique et cardio-vasculaire de l’hôpital Mustapha. Pour ses activités politiques, on notera qu’il fut désigné au Bureau du Croissant-Rouge algérien en 1962/63. Il est vice-Président de l’Assemblée constituante 1963/65, puis ministre des Affaires religieuses et de la Santé jusqu’en 1970 et ambassadeur en Tunisie de 1970/75 et en Arabie saoudite de 1989 à 1992. Recteur de la Mosquée de Paris et du CORIF et dialogue islamo-chrétien 1992/94, il sera au Haut Comité d’Etat (HCE) depuis 1992 et Président du Planning familial. Il s’occupera de son dernier poste en tant que Président de l’Académie algérienne de langue arabe. Il décédera à Alger en 2000.Professeur Bachir Mentouri, l’anatomiste Ibn Sina algérienProfesseur Bachir Mentouri né le 4 août 1926 à Fedj M’zala (Ferdjioua). Il est au lycée de Jijel puis à Constantine où il décroche le bac en 1948. Il part à Lyon pour poursuivre ses études de médecine. Il les interrompt en raison de la grève des étudiants. Il rejoint la Tunisie au début de 1957 où il sera affecté dans les unités opérationnelles le long des frontières Est et sera à l’hôpital du Kef. A l’indépendance, il rentre à Alger et soutient sa thèse intitulée « Anatomie des organes des sens d’après les anatomistes arabes du Xe siècle : Med Ben Zakaria El Razi, Ali Ben Abbas Al Madjoussi et Abou Hussayn Ibn Sina ». Il entame sa spécialité en chirurgie générale dans le service du Professeur Seror et en novembre 1967 il passe avec succès son agrégation en chirurgie générale et remplace Professeur Seror après son départ à la retraite. Il devient chef de la clinique chirurgicale à CCA de l’hôpital Mustapha. Il formera de nombreuses promotions dans la discipline chirurgicale. Il a notamment travaillé sur le kyste hydatique en créant une unité expérimentale dans cette pathologie. En 1980, il réunit à Alger un congrès mondial d’hydatidologie. Il était membre de plusieurs Sociétés scientifiques. Il fait partie de l’Académie française de chirurgie et de l’American of college surgery. Professeur Bachir Mentouri a été maire d’Alger de 1967 à 1975. Il a été élu en 1977 à la première législature de l’APN. Il a pris sa retraite en 1994 et est décédé le 15 octobre 1996. Il a laissé trois enfants : Meryem, Lamine et Rym.Professeur Pierre Chaulet un humaniste des justes causesPierre Chaulet est né à Alger en 1930 à la rue Monge près de la grande poste. Il fait partie des scouts de France avec sa sœur depuis 1940. Il prend contact avec la jeunesse du MTLD en 1953. Il est dans la rédaction de la revue Consciences maghrébines confiée à André Mandouze. Il est fondateur de l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action sociale au Printemps de 1952. Il rejoint le FLN. Avec sa femme, ils transportaient les responsables de la ZAA. Le Commandant Azzedine témoigne dans son livre Les Fellagas de toutes les actions entreprises par Professeur Pierre Chaulet, sa femme et son fils. Il soutient sa thèse de médecine sous le titre « Cancer bronchique primitif, gynécoplastie, périostite des os longs » à Paris en 1963. Il retourne à l’hôpital Mustapha. Il passe son agrégation et devient Professeur Chef de service pneumo-phtisiologie de Béni Messous avec son ami Professeur Djillali Larbaoui. Il devient conseiller municipal d’Alger 1967/71 et chargé de mission auprès des chefs du gouvernement Belaid Abdeslam et Rédha Malek. Il sera désigné médecin à l’OMS et rapporteur spécial de l’OUA sur la tuberculose en Afrique. Il est désigné membre du CNES.Pour revenir au contexte de la guerre de libération nationale, le mouvement estudiantin des facultés de médecine a marqué en lettres d’or l’engagement des universitaires dans les rangs du FLN/ALN. C’est l’intelligentsia algérienne qui a donné cet exemple de bravoure et d’exemple de sacrifice pour que vive l’Algérie libre et indépendante. C’est le Docteur Nekkache qui fut le premier organisateur du service de santé à Tunis dont il sera le responsable. Lui succédera Professeur Tedjini Haddam qui met sur pied une couverture médicale assurant tous les soins : secourismes, brancardiers, kinésithérapeutes et infirmiers. Nombreux sont les médecins qui travaillaient dans les hôpitaux marocains et tunisiens pour prendre en charge les blessés djounoud et civils algériens entres autres. Le GPRA par le truchement de son ministère évacue certains blessés graves vers des hôpitaux européens URSS, RDA, Suède, Belgique, Yougoslavie etc.Professeur Ahmed Bou Salah Neuro-Chirurgien (1932/2000)Je ne saurais oublier le Pr Ahmed Bou Salah un des pères de la Neuro-Chirurgie qui, de retour de Rennes, s’est investi avec le Pr Mohamed Abada dans cette spécialité pointue. Ils seront considérés comme les maîtres des jeunes neurochirurgiens à l’image du professeur Kheireddine Bouyoucef actuellement chef de service de neurochirurgie de l’hôpital Frantz Fanon.Pour rappel le Pr Ahmed Bou Salah, parti en retraite il y a dix ans, est né à Laghaouat le 27 Juin 1932, d’une famille honorable. Il fit ses études secondaires au Lycée de Boufarik ex : Lycée Bugeaud, puis de brillantes études de médecine à la Faculté de médecine d’Alger, puis à Paris et Montpelier où il obtient son doctorat de médecine.Pr Ahmed Abou Salah : Un miraculeux de la Prison de Larzac, de Fresnes et de la SantéA l’appel de la grève des étudiants le 19 Mai 1956, il devient responsable au sein de l’Ugema. Il sera arrêté en 1958 et fut fait prisonnier par les forces coloniales emprisonné à la Santé puis à Fresnes. Il sera libéré et assigné à résidence puis de nouveau incarcéré à Vadeney ensuite à Larzac et ne sera libéré qu’à l’indépendance en 1962. Il reprend ses études de médecine en 1963 à la Faculté d’Alger.Après l’obtention de son doctorat en 1972, il décide d’une carrière de Neuro-Chirurgie où il effectuera l’accomplissement de sa formation post-graduée auprès de son maître le Pr Jean Pecker, ce brillant Neuro-Chirurgien français, qui l’accueille à bras ouverts et gardé à ses côtés durant cinq bonnes années à l’Hôpital Pontchaillou où il apprendra l’art de la Neuro-Chirurgie.Fierté et reconnaissance pour nos ainés militants de la cause nationaleVéritable visionnaire dans son domaine le Pr Ahmed Abou Salah a toujours œuvré pour un travail pluridisciplinaire avec les Neuro-radiologues, les Neurologues, les Anatomo-pathologistes, les Radio-Thérapeuthes et Rééducateurs etc… Il crée une équipe à l’Hôpital Aït Idir avec le Pr Galli, le Pr Rahmouni qui vont former une pléiade de spécialistes de ces générations de Neuro-Chirurgiens Algériens et Africains. Il restera comme le dira son élève le Pr Kheireddine Bouyoucef avec grande émotion et respect « qu’il était un homme exceptionnellement généreux à l’écoute des autres, d’une disponibilité pour ses patients et ses élèves. Nous gardons de lui une fierté et une reconnaissance d’un grand homme de science qui a servi avec cœur et passion la Neurro-Chirurgie algérienne. Pr Ahmed Abou Salah nous quitta en l’an 2000 après un combat contre sa maladie avec courage et dignité ».Dr Ahmed Taleb Ibrahimi, Militant de l’AEMAN 1er Président de l’Ugema Le jeune Ahmed Taleb Ibrahimi qui avait un an en 1933 lorsque son père Cheïkh Bachir Ibrahimi a été mandaté par l’Association des Ouléma pour ouvrir des écoles coraniques et centres culturels et mosquées dans la ville de Tlemcen, capitale des Zianides et superviser l’action des Oulémas. Ahmed Taleb Ibrahimi est né le 5 Janvier 1932 à Sétif d’une famille qui a donné naissance à une lignée de lettrés dont la notoriété dépassait les frontières de la région. Il s’inscrit à l’école Dufau de Tlemcen. Au début de 1940 son père fut mis en résidence surveillée à Aflou après avoir inauguré Dar El Hadith en 1937 à Tlemcen. Il fréquentera l’école d’Aflou en CM2 puis revient au Collège de Slane de Tlemcen. Son père sera libéré au terme de trois années de sa résidence surveillée à Aflou pour rejoindre donc Tlemcen en Janvier 1943 sur décision notifiée par le Général Henri Giraud commandant civil et militaire de l’Algérie. Ahmed Taleb Ibrahimi participe activement aux réunions des AML qui regroupent les fidèles Messali Hadj et de Ferhat Abbas. Les massacres du 8 Mai 1945 sonnent le glas des thèses assimilationnistes où son père fut incarcéré à la prison militaire d’Alger le 27 Mai 1945 comme instigateur des manifestations puis transféré à l’hôpital militaire e Constantine où il sera libéré en Mars 1946. Ahmed Taleb Ibrahimi parlera dans ses mémoires de ses quatre années passées à Alger au lycée où il obtient sa première partie du baccalauréat en Juin 1948. De la classe de philo du lycée ex Bugeaud où il décrochera sa deuxième partie du Baccalauréat en Juin 1949.A la Fac de médecine d’Alger Ahmed Taleb Ibrahimi s’inscrit en 1949 en année préparatoire de médecine appelée PCB (Physique-Chimie-Biologie). Il déclarait que sur cent étudiant que dix seulement sont algériens musulmans tous boursiers. A peine un dixième des étudiants soit 1000 sur 5000 à l’Université d’Alger. Je découvre dira-t-il la France lorsque j’ai accompagné mon père pour des soins de diabète à Vichy durant l’été 1950 comme interprète de mon père. Je prends l’importance de notre émigration algérienne en France. Le jour de ses vingt ans le 5 Janvier 1952, disait Ahmed Taleb Ibrahimi, je commençais à étouffer dans l’atmosphère raciste d’Alger. Après ses deux années de médecine, le premier journal du « Jeune Musulman » paraissait le 6 Juin 1952 dont Ali Mérad, étudiant à la faculté de lettres, va devenir le pivot de la rédaction. Une pléiade d’’écrivains illustres collaboreront dans notre Journal. Ahmed se rendra auprès de son père au Caire le 22 Août 1953, ville carrefour et phare des élites intellectuelles arabes. Il fera le pèlerinage à la Mecque avec sa maman et se rendront à EL Qods. Il sera de retour avec sa mère en Octobre 1954. De 1954 à 1957 Taleb Ibrahimi est étudiant de médecine à Paris. Le voilà au 115 Bd Saint Michel siège de l’AEMNA. C’est là qu’il apprendra le déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 par une manchette de France-soir. Le séjour parisien qui débute ce 1er Novembre prend fin le 27 Février 1957 où il fut arrêté par les services de la police française.Après ces cinq années passées à l’Université d’Alger (PCB et quatre années de médecine, Ahmed Taleb Ibrahimi s’inscrit en 5ème année de la Faculté de médecine de Paris, année sanctionnée par le dernier examen théorique franchi avec succès en Mai 1955 et s’inscrire au stage d’interne à l’hôpital de Bobigny en sixième année. Il militera à la Fédéeation de France et deviendra le 1er Président de l’UGEMA au Congrès constitutif de l’UGEMA un14 Juillet 1955 à la salle des Sociétés savantes. Il lance les trois premiers numéros de « l’Etudiant Algérien ». Au 2ème Congrès de l’UGEMA Ahmed Taleb Ibrahimi va pouvoir terminer sa thèse et laisse place à Mouloud Balahouane SG de l’UGEMA dont il sera élu 2ème Président de l’UGEMA. Le 26 Février 1957 Ahmed Taleb Ibrahimi est arrêté par la DST dans un appartement sis au 10 bis Rue Anatole de la Forge au moment d’une réunion du comité Fédéral du FLN de France. Il fut écroué le 28 Février 1957 à la prison de Fresnes dans la cellule 497 à la 3ème division. Il quitte Fresnes le Septembre 1961 après quatre années six mois et dix jours d’enfermement. Il sera porté sur l’hématologie à la faculté dont il deviendra maître assistant à la chaire d’hématologie afin de préparer sérieusement son agrégation en la matière tout en s’investissant dans ses activités hospitalo-universitaires de l’hôpital Mustapha. Voilà très succinctement un bref parcours de Si Ahmed Taleb Ibrahimi jusqu’à l’indépendance. Les trois tomes de ses mémoires fourniront en détails son combat politique depuis l’UGEMA et la Fédération FLN de France ainsi que ses responsabilités en tant qu’homme d’Etat accompli par son raffinement, son sens du devoir national, sa culture universelle, son attachement aux valeurs de notre Nation au patrimoine, plusieurs fois millénaire et du génie propre de notre vaillant peuple. Si Ahmed Taleb Ibrahimi fait partie de cette Intelligentsia mue par le socle identitaire Amazighité-Islam-Arabité. Et c’est de par son militantisme durant la Révolution et en médecin agrégé en hématologie, que j’ai voulu l’inscrire dans cette contribution aux côtés de ses confrères en hommage à nos martyrs médecins. Je ne voudrais pas terminer cette contribution sans évoquer les deux professeurs chefs de service de cardiologie de l’hôpital Docteur Maouche (Clairval), Rachid Bougherbal parti en retraite et notamment Professeur Naïma Hamoudi née Bendib toujours en fonction, pour avoir renforcé l’organisation des urgences en mettant leur savoir-faire sans cesse renouvelé en adéquation avec les progrès de la cardiologie dans le monde. La santé publique nécessite sans relâche de mettre à profit les innovations, sans lesquelles les sciences médicales tomberaient en désuétude. C’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. Il faut mettre l’esprit et le cœur pour humaniser nos hôpitaux. C’est le serment aux martyrs en blouses blanches qui se sont sacrifiés pour que vive l’Algérie libre et indépendante. C’est là une certaine manière d’exprimer le respect aux ainés. C’est aussi une façon de cultiver le devoir de mémoire de notre histoire et des héros morts pour les idéaux de liberté et de paix.BIBLIOGRAPHIE :1-Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN 1954/1962, Casbah éditions, Alger, 2003. 2-Professeur Mostefa KHIATI, Les blouses blanches de la Révolution, Editions Anep, Alger, 2011. 3-Professeur Mohamed Toumi, Médecins dans les maquis, Guerre de libération nationale 1954/1962. 4- Mustapha MAKACI, Le Croissant-Rouge algérien, Editions Alpha, Alger, 2007. 5- Amir Mohamed BENAISSA, Contribution à l’étude de l’histoire de la santé en Algérie, OPU Editions, Alger, 1990. 6- Commandant Azzedine, Les Fellagas, Editions Enag, Alger, 1997. 7- Dj. Eddine BENSALEM, Voyez nos armes, voyez nos médecins, Editions Enal, Alger, 1985. 8- Mohamed LEMKAMI, Les Hommes de l’ombre, Editions Anep, Alger, 2004.Par Docteur Boudjemaà HAICHOUR Chercheur Universitaire, Ancien Ministre NB/ Cet article est le fruit des notes contenues dans l’ouvrage écrit par le Professeur Mostefa KHIATI. Compte tenu de la pertinence des témoignages recueillis, il m’a semblé utile de reprendre une bonne partie du listing des biographies des médecins évoqués. Le livre en question rappelle en filigrane les cursus universitaires des étudiants en médecine qui ont rejoint le maquis. Son travail fait œuvre utile pour tout chercheur qui s’intéresse à l’histoire de la Révolution du 1er Novembre 1954. Je tiens à le féliciter pour cet effort dans la recherche de la vérité sur les femmes et hommes en blouses blanches, qui se sont sacrifiés alors qu’ils ne dépassaient guère les vingt printemps de leur vie de jeunesse.Gloire éternelle à nos Martyrs
DOSSIER

Les leçons d’histoire

Coup d’Etat du 19 juin 1965

FIGURES HISTORIQUES
GRANDES DATES

Un camouflet pour les troupes coloniales

La grande bataille de Fellaoucène

MEMOIRE
UNE VILLE, UNE HISTOIRE

A l’origine était Tachentirt

Histoire de la ville de Draâ El Mizan