Un joyau raconté par les siens
Haouch Ben Siam

Par Hassina AMROUNI
Publié le 25 sep 2017
Joyau architectural remontant à l’époque ottomane, la propriété des Ben Siam n’est plus, aujourd’hui, qu’un vague souvenir. Les démolisseurs sont passés par là, tronquant la mémoire patrimoniale d’un pan entier de son passé historique.
Chateau Ben Siam à Birkhadem

Ce patrimoine que les anciens de Birkhadem désignent sous le nom de haouch Ben Siam est situé sur le côté adjacent au boulevard des frères Djillali (ex-bd du 14-Juillet). S’étendant sur plus de 6 ha, ce domaine était constitué d’une grande villa mauresque que le peintre français Benjamin Sarraillon a, lors d’une visite du domaine, immortalisée dans une très belle peinture à l’huile. Henri Klein rapporte que dans un acte établi en 1836, elle ainsi décrite : « Campagne composée de deux corps de bâtiment réunis par un mur d’enceinte, d’un terrain de 6 ha 75 ares, planté d’un verger (…) ; d’une vigne (…), et d’un petit jardin planté d’orangers, situé entre les deux pavillons et la noria. »
Ce patrimoine appartenait à l’époque coloniale à la famille Ben Siam qui en possédait les 5/6 : « Mahmoud Oulid Braham ben Siam, de Miliana, Mustapha Oulid Braham ben Siam, en résidence à Tétouan, et la sœur de ceux-ci, Aïcha ben Siam, étaient possesseurs des cinq sixièmes que l’Etat français séquestra. Le dernier sixième fut laissé à la dame Khadoudja, fille du Sid Abd-er-Rahman ben Siam, qui était tutrice du Sid Mohammed et du Sid Ali, ses enfants, tous deux fils du Sid Abd-er-Rahman ben el-Raïs-Karbila ».
En 1831, le domaine est investi par les troupes coloniales. Le verger et la vigne sont détruits par l’escadron de spahis réguliers qui y établissent leur camp : le camp de Birkhadem. Deux ans plus tard, le 17 décembre 1833, une partie du jardin est louée par ses copropriétaires à Mme Forcinal qui va, à son tour, relouer le domaine Ben Siam à l’Etat français en 1835 pour la somme annuelle de 1500 francs.
« En 1836, le quartier Ben-Siam comprenait : 6 officiers, 137 hommes et 118 chevaux. En 1840, le Grand Pavillon de la villa fut attribué à un Maréchal de camp. Les officiers qui y logeaient furent installés en des annexes qu’on construisit. L’aménagement nouveau de ce pavillon coûta 1600 francs. » (1)
Le domaine passe ensuite entre les mains de nouveaux propriétaires. D’abord, M. Chevalier, puis M. Vüst, un ressortissant suisse. Ce dernier restera propriétaire du domaine jusqu’au début des années 1990 puisqu’avec la dégradation du climat sécuritaire, il décida de revendre le haouch à un Algérien pour repartir dans son pays, la Suisse. Malheureusement, le nouveau maître des lieux ne tarde pas à raser la résidence Ben Siam et sa noria, de même qu’il fit abattre le pin majestueux qui trônait à l’entrée du domaine depuis plusieurs siècles. Une page d’Histoire venait d’être définitivement tournée.
Hassina Amrouni
Sources :
El Watan 15/01.2012
(1)« Feuillets d’El-Djazaïr » de Henri Klein (1910), éd. Du Tell, Alger 1937

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