Au commencement était une fontaine
Birkhadem

Par Hassina AMROUNI
Publié le 25 sep 2017
Lovée au cœur de vergers verdoyants, Birkhadem doit son nom à cette fontaine érigée par le dey Hassan Pacha en 1798.

On ne sait pas grand-chose sur la période ayant précédé l’arrivée des Turcs dans cette région mais une chose est sûre, les dignitaires ottomans et les riches négociants arabes en feront un lieu de retraite et de repos, en y construisant de belles demeures avec des jardins luxuriants.
Hassan Pacha, le dey d’Alger, avait lui aussi son palais à Tixeraïne. Il venait y passer ses étés, dans la fraîcheur d’un écrin de verdure.
En 1798, il entreprend d’ériger une fontaine que Henri Klein décrit comme « une ravissante fontaine de marbre, avec un entablement surmonté de menons (…) ombragée de saules et de pins ». Quant à son donateur, il est comparé à Asef, ministre de Salomon et décrit en ces termes : « l’Asef de l’époque, Hassan Pacha, dont aucun siècle n’a eu d’égal, doué de générosité et de munificence, de justice et de bienfaisance, dont la personnalité fait honneur au monde entier a créé du néant cette fontaine, afin que l’homme boit son eau et la vie tout ensemble, que Dieu agrée ses bonnes œuvres ! Qu’il lui accorde comme récompense la félicité et le témoignage de sa satisfaction » (1211-(1797-98))
Et c’est cette fontaine – à laquelle s’ajoutera une part de légende – qui a donné son nom à la petite cité. On raconte, en effet, qu’une servante ou négresse (khadem) avait été affectée à l’époque à ce puits pour y puiser de l’eau et servir les janissaires et autres voyageurs de passage dans la région. Concernant l’emplacement de ce célèbre puits, les sources divergent. Selon Hamid Gherouffella, financier de formation, historien par passion et surtout enfant de Birkhadem :
« Le puits de la Négresse est situé au bout de l’esplanade faisant face à l’actuelle mosquée. A force d’usage, il se tarit. Il disparaît par la suite, sous les amoncellements et tombe dans l’oubli. » Et d’ajouter : « L’actuelle mosquée est élevée sur les décombres d’un ancien lieu de culte. Au bas duquel une magnifique fontaine en marbre fut érigée en 1798, par le dey Hassan Pacha ». Pour sa part, Hamza Ould Mohand, informaticien de profession mais également passionné d’Histoire, surtout celle de sa ville natale, Birkhadem, afffirme que « le célèbre puits est situé au sein même de l’Institut de la formation professionnelle, implanté sur les hauteurs, non loin de l’avenue des frères Djilali ». Sur place, « la cavité circulaire à parois maçonnées à partir de matériaux identiques à ceux des édifices ottomans, est située à la limite de l’institut.
Entourée d’une végétation luxuriante, entre autres, un ficus centenaire, elle est attenante au palais qui appartenait autrefois, à Ben Negro, un diamantaire proche du dey. Ce puits remonte à l’époque ottomane ». Et de préciser encore : « Le légendaire puits de la Négresse, ne peut être que ce vestige préservé. L’ancien propriétaire de l’exploitation agricole, l’ex-ferme Morel, renfermant la résidence Ben Negro et le puits, fut l’auteur d’une confusion. De peur que les autorités coloniales ne déclarent cette zone protégée, car renfermant des vestiges historiques, l’ex-exploitant a jeté le trouble pour faire croire que le puits de la Négresse est situé loin de là, en face de l’ancienne fontaine, pour qu’il puisse acquérir facilement la propriété ».
Une chose est sûre, et même s’ils en connaissent un bout sur son histoire, les habitants de Birkhadem eux-mêmes,ne parviennent pas toujours à situer le lieu où se trouvait ce fameux puits. Encore un pan d’Histoire qu’il serait judicieux de mieux faire connaître.

Hassina Amrouni


Sources :

- El Watan le 30/08/2007
-« Feuillets d’El-Djazaïr » de Henri Klein (1910), éd. Du Tell, Alger 1937
https://azititou.wordpress.com/2012/09/09/birkhadem-la-perle-du-fahs/

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