Birkhadem, ou « Le puits de la négresse »

Par Hassina AMROUNI
Publié le 25 sep 2017
Située sur les hauteurs d’Alger, à un peu plus de 100 mètres d’altitude, la commune de Birkhadem traîne derrière elle un passé riche qui se confond avec l’arrivée de l’empire romain en Algérie.
Hassan Pacha
Clausel

S’il ne reste aucun vestige de cette période d’occupation – des documents rapportent que la toute proche Tixéraïne était un camp de légionnaires, tandis que Birkhadem, elle, était traversée par la voie romaine –, en revanche, la présence des Ottomans dans cette région est fortement marquée.  
Constituée de quelques haouchs, Birkhadem deviendra avec l’arrivée des Ottomans un lieu de retraite et de villégiature pour les nombreux dignitaires turcs et riches négociants maures qui, fuyant l’étouffement, la moiteur et l’humidité du climat algérois, venaient rechercher de l’air pur au milieu des vergers et des terres verdoyantes qui s’étendaient à perte de vue jusque dans la plaine de la Mitidja. De nombreuses maisons mauresques blanches finiront par donner à la région l’aspect d’une petite ville où il fait bon vivre.

Début de la colonisation française

Dès leur arrivée sur le sol algérien, les Français entreprennent d’investir les villes et villages, en y installant dans un premier temps des camps militaires. C’est le cas de Birkhadem qui constitue d’abord un camp retranché de l’armée française, installé pour assurer la défense d’Alger, contre les attaques incessantes des tribus Hadjoutes de la Mitidja.
Cependant, face à l’importance stratégique de cette petite bourgade, le général Clauzel promulgue le 22 avril 1933 un arrêté qui octroie à Birkhadem le statut de centre de colonisation. La ville gardera le même nom que celui attribué précédemment par les Turcs lesquels se verront signifier par le général Bugeaud leur expulsion de leurs résidences dès le 25 juillet de la même année.  
Très vite, la région voit l’arrivée de nombreux cultivateurs européens, attirés par ces terres fertiles et abondamment irriguées, où l’on pouvait faire pousser toutes sortes de graines.
A ces cultivateurs se joignent des familles de militaires français, tout aussi attirées par la douceur du climat que par la beauté du site.
Même le général Clauzel acquiert et crée en 1830, au sud-est de Birkhadem, au confluent de des deux oueds El Kerma et El Harrach, ce qu’il appellera « la ferme modèle ». S’étendant sur plus de mille hectares, ces terres étaient la propriété de Hassan Pacha, l’ancien dey d’Alger.
Retranchées à l’intérieur des hautes murailles de cette ferme, les familles de colons pouvaient ainsi échapper aux assauts répétés des tribus alentour, notamment, comme nous le signalions plus haut, les Hadjoutes qui voyaient d’un mauvais œil l’arrivée sur leurs terres de ce nouvel occupant.
Cependant, comme dit le proverbe, contre la mort, il n’y a point de forteresse et le paludisme finit par décimer une grande partie des locataires de cette ferme : militaires, hommes, femmes et enfants confondus.
D’ailleurs, des chiffres d’époque rapportent que plus de 18000 hommes en 1830 et 10 000 en 1831 sont touchés par le fléau, chiffre qui va s’aggraver d’année en année.

Quand la ville prend forme

Peu à peu, Birkhadem s’agrandit. Eglise, Maison cantonale, siège de la gendarmerie, écoles, viennent s’ajouter aux maisons et aux fermes qui, érigées çà et là, ont fini par faire accéder Birkhadem au statut de commune et ce, à la suite du décret impérial promulgué le 31 décembre 1856. D’une superficie de 7000 hectares (à l’époque), elle englobait Birmandreis jusqu’en 1883 et Saoula jusqu’en 1884.
La cité devient une sympathique localité, florissante avec de vastes terres agricoles où sont cultivés raisins, agrumes, légumes…
A ce titre, le Guide général du voyageur en Algérie, paru en 1865, la décrivait ainsi : « Birkhadem a acquis une certaine importance qu’il doit à sa proximité d’Alger, ainsi qu’à la beauté de son site et à la fertilité de ses terres. Les habitations, groupées autour de l’église ne sont pas très nombreuses : maison commune, écoles, salle d’asile, hôtel-café-restaurant, mais au-dehors du village on trouve, éparpillées dans la campagne, une centaine de fermes qui présentent l’aspect le plus riant. Le territoire, couvert d’arbres fruitiers, de mûriers et de vignes, produit en abondance des céréales et du tabac ». En 1882, on pouvait également lire dans les Itinéraire d’Algérie : « Birkhadem, agglomération de fermes et de villas mauresques et françaises, constitue, avec Saoula, une commune de 2054 habitants (408 Français, 5 Israélites, 1020 indigènes et 621 étrangers) ».
En 1954, Birkhadem qui comptait quelque 9000 habitants offrait quelques avantages que beaucoup d’autres villages du Sahel n’offraient pas : médecin, pharmacien, gendarmerie, agence bancaire, mécaniciens automobiles, commerces divers, centre d’éducation et de rééducation spécialisé pour mineurs délinquants…
Au lendemain de l’indépendance, la ville ne cessera de se développer, pour devenir, aujourd’hui, l’une des communes les plus en vues de la capitale.

FIGURES HISTORIQUES

PARCOURS SENSATIONNEL D’UN MOUDJAHID DE DELLYS

Si Hamoud Chaid dit Abderahmane raconte les péripéties de la Révolution du 1er Novembre 1954

GRANDES DATES

Rendre confiance aux militants et ressouder le mouvement national

Les actions du 1er novembre 1954 à Alger

GUERRE DE LIBERATION

La révolution sans frontières

L’aide du Maroc à la Révolution algérienne

MOUVEMENT NATIONAL

Ces Français … pas comme les autres

Ils ont soutenu la justesse de la cause nationale