Une petite ville des Aurès au cœur de la Révolution
1er novembre 1954 à Arris

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 oct 2019
1954. Alors que la guerre de libération se prépare secrètement, la petite ville d’Arris que l’on croît isolée de tout s’y attelle, elle aussi.
Lundi 1er novembre 1954, première action armée contre le bus à Tighanimine (Arris)
Le couple Monnerot, premières victimes civiles de la guerre de libération
Le couple Monnerot, premières victimes civiles de la guerre de libération

Le lundi 1er novembre 1954, très tôt le matin, un bus reliant Biskra-Arris est attaqué au cœur du massif des Aurès par un groupe de moudjahidine. Se trouvant à bord de l’autocar, le caïd de M’chounèche, Hadj Sadok, un personnage favorable à la présence coloniale en Algérie, sera tué par la rafale de mitraillette tirée sur le véhicule. En tout, huit victimes seront dénombrées dont Guy Monnerot, instituteur français récemment installé dans la région ainsi que son épouse. Le véhicule sera encerclé pendant plusieurs heures et les militaires français n’interviendront qu’après le départ des membres de l’ALN. Les journalistes qui rappliquent en force sur le lieu de cette attaque y reviendront longuement dans les colonnes de leurs journaux. L’attaque, qui devait épargner les civils, enregistrera plusieurs victimes collatérales. Dès le lendemain, le gouvernement Mendès France et son ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, organisent la répression contre-terroriste dite de « remise en ordre intérieure ».
Une semaine après le début des attaques contre les intérêts coloniaux, le 8 novembre 1954, Arris connaît une forte présence militaire. Un autre accrochage sanglant marquant le début de la guerre dans les Aurès aura lieu le 29 novembre 1954 près d’Arris. Ce jour-là, les parachutistes du 18e RCP, commandés par le colonel Ducournau, accrochent un groupe d’une vingtaine de combattants de l’ALN. L’affrontement est inégal, les moudjahidine accusant une infériorité numéraire et logistique. Ils mourront en martyrs et leurs cadavres identifiés par les paysans de la région. Parmi eux, figure un certain Belkacem Grine qui avait fait parler de lui en 1950-1951 dans le Constantinois.
Tout au long de la guerre de libération nationale, la région d’Arris, en particulier et des Aurès, en général, connaîtra un engagement sans faille dans les combats contre les troupes ennemies. Plusieurs figures révolutionnaires de la région figureront parmi les personnalités qui se sacrifieront pour l’indépendance de l’Algérie. Parmi eux, le grand Mostefa Ben Boulaid.
Hassina Amrouni

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