Le Lion des Aurès
Mostefa Ben Boulaid

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 oct 2019
Il est l’un des grands chefs de notre glorieuse révolution. Mostefa Ben Boulaid, surnommé le « Lion des Aurès » est natif de la petite ville d’Arris. Il y a vu le jour le 5 février 1917 au sein d’une famille de commerçants et de petits propriétaires terriens.
Abbas Laghrour à gauche de la photo portant la barbe au Maquis dans les Aurès-Nemamchas. 1955-1956
Mostefa Benboulaïd blessé lors de son Arrestation
Mostefa Benboulaïd blessé lors de son Arrestation

Appelé sous les drapeaux en 1939, il accomplit son service militaire et est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale. S distinguant par son courage durant la campagne d’Italie, en 1944, il se voit décerner la médaille militaire et la croix de guerre 1939-1945.
Démobilisé avec le grade d’adjudant, il regagne sa ville natale où il reprend ses activités dans le commerce. A partir de 1946, il commence à militer dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj puis du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques. Membre fondateur de l’Organisation Secrète (OS), branche armée du parti, il y mène une intense activité politique et militaire, formant les jeunes ou encore achetant des armes avec ses fonds personnels. En 1948, il participe aux élections à l’Assemblée algérienne et obtient une large victoire. Toutefois, les résultats sont falsifiés par les autorités françaises et Mostefa Ben Boulaid se voit privé de sa victoire au profit du Dr Abdesselam Benkhellil, candidat de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA).
Membre du comité central du PPA-MTLD, il rompt avec les membres de ce comité lors de la crise qui oppose les messalistes aux centralistes.
En mars 1954, il participe activement à la création du Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA) et préside la « réunion des 22 » du 25 juin 1954 dans une villa du Clos Salembier à Alger, appartenant à Lyès Derriche. A la suite de cette rencontre, les vingt-deux membres se prononcent « pour la révolution illimitée jusqu’à l’indépendance totale ». En octobre 1954, lorsque le CRUA devient le Front de libération nationale (FLN), Ben Boulaid est l’un des membres du « Comité des six » chefs révolutionnaires (avec Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi, Rabah Bitat, Didouche Mourad et Krim Belkacem).
Responsable de la Wilaya I (Aurès), il dirige les opérations du déclenchement du 1er novembre 1954 dans les Aurès. En 1955, il se rend en Libye pour acquérir des armes pour la révolution. Il est arrêté le 11 février à la frontière tuniso-libyenne, plus précisément dans la région de Benguerden.
Après une condamnation à mort prononcée par le tribunal de Constantine, il est incarcéré à la prison centrale de la même ville. Mais avec la complicité du gardien de prison, Djaffer Cherif, il parvient à s’évader en novembre 1955, en compagnie de plusieurs autres détenus dont Tahar Zbiri, Ahmed Bouchemal, Brahim Taïbi et d’autres encore.
Il regagne le maquis des Aurès et, face à tous les événements déplorables qui s’étaient produits en son absence (luttes fratricides, reddition, exécution…), il s’attelle à la reconquête de l’unité des rangs et à la réorganisation des différents secteurs de la Wilaya I.
Malheureusement, même s’il était en bonne voie, grâce à son charisme et à son discours rassembleur, il ne parvient pas aller au bout de sa mission. En effet, vers la mi-janvier 1956, il quitte la zone de Kimmel. Sur sa route vers le sud-ouest et Mchounèche, il est repéré lui et ses troupes par la soldatesque française à Ifri Lahbal. Essuyant les bombardements des hélicoptères, Mostefa et ses hommes ripostent avec courage. Une douzaine de combattants périront cette nuit. Les jours suivants et jusqu’à la première semaine du mois de mars, Mostefa prépare la réunion de Nara. Il essaye en même temps de rattraper tout le retard accusé durant son absence, en récoltant toutes sortes d’informations, en résolvant les problèmes urgents…
Le 21 mars 1956, il est à Nara où a lieu la réunion. Le soir, le couvre-feu est décrété, Mostefa est dans son refuge avec une douzaine de responsables parmi lesquels Ali Baazi, Abdelhamid Lamrani, Messaoud Benakcha, Mostefa Boucetta et Ali Benchaïba. Tous trouveront la mort cette nuit-là, à la suite de l’explosion d’un poste radio piégé, à l’exception des deux derniers qui seront gravement blessés.

Hassina Amrouni

Sources :
Divers articles de presse

DOSSIER

Une histoire parallèle

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Témoignages sur le parcours du Commandant Abderrahmane Bensalem, l’un des glorieux baroudeurs de la Révolution algérienne.

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