L’embuscade de Beni Ouartilane
20 Août 1955

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 oct 2019
A la veille des événements du nord constantinois, survenus le 20 août 1955, la région de Beni Ouartilane sera le théâtre d’une embuscade tendue par un groupe de moudjahidine à un convoi colonial en mission d’inspection dans la région de Sétif.
Si H’mimi et Amirouche
Fin 1956 dans les Aurès, De droite à gauche, Ss Lamouri, Rabei Melikchi, Amirouche Ait Hamouda, Si Hmimi Fadhel,  Brahim Kabouya et Salah Benabdessamed
de dr à g. colonel Amirouche, Si Hmimi, commandant si Abdellah commandant Yazourene et le capitaine Mehlal Said,  commandant Akli Mohand, le capitaine Oudek Arab

 

Genèse

Alors que tout le nord constantinois s’apprête à vivre le 20 août 1955 des événements marquants qui constitueront un tournant décisif dans le combat du peuple algérien contre l’oppresseur colonial, Setif, plus particulièrement la région de Beni Ouartilane va inscrire sur les pages de l’Histoire de notre glorieuse révolution un chapitre et pas des moindres.
En effet, un groupe de soldats français, escortant l’administrateur en mission d’inspection au marché hebdomadaire de Ledjemaa n At Wertiran, se rendait vers cette dernière en provenance de Lafayette (Bougaâ). Sur le chemin du retour, le groupe tombe dans une embuscade tendue par un groupe de moudjahidine, opérant sous les ordres de Rezki Bairi dit Arezki Laurès. C’est au lieudit Tighouine (plus exactement au col de Delagua dans la région de Beni Ouartilane, à la limite territoriale de la commune d’Ain Legradj) que les soldats français seront accrochés, au cours d’une opération menée par Si H’mimi Feddal. Le groupe de maquisards composé de d’Allaouchiche Abdellah, Bouzenad Ahmed Salem, Zemmour Mohamed Arab, Redjdal Said Ben Laarbi et Haroumi Mohamed Akli, épaulé par plusieurs mousseblines dont Sahabi Seddik (Cheikh), Djiaba Saadi et un certain Tahar va faire anéantir le convoi militaire français.

Si H’mimi, l’homme de la situation

Selon le témoignage d’acteurs de cet épisode révolutionnaire : « La veille de l’embuscade, les moudjahiddines étaient au village Igheldane à Beni Ourtilane, ils se sont réunis, dans le but d’aller à Zakou de Beni Gheboula résoudre le problème de Moudjahed Ayoub Seddik Oubelkhir (Chahid), ce dernier avait des problèmes avec les quelques messalistes, qui s’opposaient à l’essor, ô combien remarquable de la Révolution et toutes les opérations qui lui étaient propres. Le matin du vendredi 19 août 1955, un des chefs de la révolution dans la région de la petite Kabylie : Houdjal Momahed Chérif Oudjenad (chahid) rejoint le groupe à Beni Ouartilane. Si H’mimi reçut un message : tendre une embuscade à l’ennemi, afin de desserrer le cerceau colonial sur la région des Aurès, le marché hebdomadaire de Beni Ouartilane, connu pour sa réputation dans la région, une offensive de telle envergure peux mobiliser les masses populaires dans la lutte armée ».
Si H’mimi fait alors appel aux moussebeline de la région à Tistoua n Lawlia et leur fait part du projet d’embuscade qui allait être tendu au convoi français. L’un des membres lui demandera de leur accorder encore un peu plus de temps pour mieux se préparer, ce à quoi, Si H’mimi répondra que la décision n’émanait pas de lui mais de leur chef Arezki Laures, ajoutant que la présence de l’administrateur et de son escorte était « un avantage de plus » en leur faveur.
Avant que l’administrateur ne quitte la région, un groupe de moudjahidine, en l’occurrence Feddal H’mimi, Allaouchiche Abdellah (chahid), Bouzenad Ahmed Salem (chahid), Zemmour Mohamed Arab (chahid), Redjedal Said (chahid), Harouni Mohamed Akli (chahid) reçoivent l’ordre de se positionner à Tighouine, lieu de l’attaque. Quant aux trois mousseblines, Djiaba Saadi, Sahabi Seddik et Tahar, ils seront chargés de monter la garde sur la crête de Takintouchet pour surveiller les spahis installés à Beni Brahim.
C’est alors que le convoi, à son passage est pris entre les feux nourris des moudjahidine embusqués aux abords de la route. L’accrochage qui dure moins d’une heure va se solder par la perte de deux moudjahidine. Ce jour, Bouzenad Ahmed Salem et Zemmour Mohamed Arab ont rejoint la longue liste des martyrs morts pour la patrie. Blessé lors des échanges, Allaouchiche Abdellah a été pris en charge par les infirmiers de l’ALN et vite remis sur pied. Du côté ennemi, plusieurs morts ont été dénombrés ainsi que de nombreux blessés. En quittant les lieux, les soldats français ont pris avec les corps des deux martyrs -ce seront les premiers à tomber au champ d’honneur dans la wilaya de Sétif.

Hassina Amrouni
Source :
https://www.lematindz.net/news/13514-recit-de-lembuscade-de-delagua-a-at...

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