Une passion entre poésie et mysticisme
Il y a 80 ans, nous quittait Cheikh Kaddour Benachour

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 oct 2018
Poète aux 3000 qaçid mais aussi figure mystique très respectée pour sa grande dévotion et son infinie sagesse, cheikh Kaddour Benachour Ezzerhouni fait partie des personnalités de référence de la ville de Nedroma.

Il y est né en 1850, au sein d’une famille de classe moyenne, pieuse et portée sur les valeurs ancestrales. Inscrit dès le jeune âge à l’école coranique, il y reçoit un enseignement traditionnel, de même qu’il apprend par cœur plusieurs sourate du Saint Coran. Grâce à quelques grands chouyoukh de la région auprès desquels il approfondira ses connaissances en langue arabe, il aura aussi accès à la littérature populaire avec toute sa richesse.
A partir de l’adolescence, il manifeste pour la poésie populaire un certain intérêt qui ira grandissant, surtout qu’il est encouragé sur cette voie par ses parents et son entourage familial.
A l’âge de 16 ans, il monte pour la première fois sur la scène locale, interprétant avec beaucoup de talent et de sensibilité des qçid du genre hawzi et zedjel, accompagné d’un orchestre qu’il dirige avec beaucoup de professionnalisme. Le public qui vient de découvrir un jeune prodige est de plus en plus nombreux à l’applaudir lors des fêtes familiales et autres cérémonies qu’il anime. Lui, pour accroître encore plus sa maîtrise, va s’intéresser aux grands maîtres du genre, notamment Sidi Lakhdar Benkhelouf, Mohamed Benmsaib, Bentriki, Bensahla Mohamed et son fils Boumediene, sans oublier les poètes marocains Abdelaziz Maghraoui, Sidi Kaddour El Alami, Mohamed Nedjar, Benslimane...
Mais de tous les maîtres dont il suivra le pas, ceux qui seront ses plus grandes sources d’inspiration sont cheikh Sidi Ahmed El Bidjai, son père spirituel, ainsi que cheikh Sidi Mustapha Benamar Trari El Wazani, cheikh de la zaouïa Tayebiya à Nedroma. Ce dernier sera le mentor qui le guidera sur le chemin du succès et de la consécration.
Très fébrile lorsqu’il est visité par la muse, cheikh Benachour produira un grand nombre de poèmes dans le style profane et ce, jusqu’en 1912, période charnière qui le verra s’orienter vers la voie du mysticisme et de l’ascétisme.
En 1926, il part vivre à Tlemcen et, durant quelques années, il prêchera la parole de Dieu. Sa passion du soufisme l’amènera à produire de très belles pièces panégyriques à travers lesquelles il exprimera son grand attachement au spiritualisme et à la cause religieuse qu’il embrassera jusqu’à la fin de ses jours.
Marié à Meriem, petite-fille de cheikh M’Hamed Remaoune, auteur du très beau poème « Alayemni fi lyaati ma zarouk mhane », sa jeune épouse inspirera à Kaddour Benachour la sublime qçida intitulée « Anaya fi hmak qoultelha ya ouelfi Meriem », rendue célèbre par El Hadj Mhamed El Anka qui l’interprétera en 1965 et El Hadj Mohamed El Ghafour en 1969.
Cheikh Kaddour Benachour s’est éteint, il y a 80 ans. Fatigué par l’âge, il s’éteint le 6 juin 1938 à Nedroma.
A noter qu’un film documentaire de 52 minutes, consacré à la vie et à l’œuvre de cheikh Kaddour Benachour Ezerhouni, ainsi que ses multiples contributions dans le mouvement soufi a été produit par le ministère de la Culture et projeté en 2011, dans le cadre de l’événement « Tlemcen, capitale de la culture islamique ».

Hassina Amrouni

Sources :
http://rasdwamaya.skyrock.com/2247132703-Cheikh-kaddour-benachour-zerhou...
http://nadorculture.unblog.fr/2011/08/25/cheikh-kaddour-benachour-ezzerh...

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