Le saint patron de Koléa
Sidi Ali Embarek

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 oct 2018
« La reine du Sahel », « la Lumineuse », « l’Andalouse », « la Ville des mille et un néfliers », sont autant d’appellations qui désigneront Koléa tout au long de son Histoire.
Stèle de Mohamed Ben Allel Sidi Embarek bientôt édifiée à Koléa, à l’entrée du pôle universitaire
Porte d’entrée du lieu où repose Sidi Embarek

On la connut aussi sous le nom de la « Vertueuse » car ses habitants étaient réputés pour leur vertu et leur foi, signe de la protection du grand marabout, Sidi Ali Embarek, saint patron de la ville.
Natif de la localité de Ghriss, dans la région de Mascara, Ali naquit vers 1556 (954 de l’hégire) au sein d’une famille pauvre. Alors qu’Ali est encore enfant, son père Embarek, décide de quitter sa région car victime de l’injustice de ses chefs. Il espère rallier l’Orient, voir le tombeau du prophète Mohamed (QSSSL) et vivre dans les Lieux Saints de l’Islam. Il est accompagné de sa femme Roubba, de son fils Ali et de trois habitants de sa région.
S’arrêtant régulièrement pour se reposer et quémander un peu de nourriture auprès des gens qu’ils rencontrent sur leur route, ils arrivent dans la tribu des Ouled Kocir, là, ils entendent parler d’un saint homme répondant au nom de Sidi Mohamed Ben Ali. Ce dernier était un grand érudit qui avait la maîtrise du fiqh. Embarek décide alors de lui rendre visite. Le vieux sage, tout en lui offrant l’hospitalité lui fait savoir que son expédition était périlleuse. Il lui propose alors de lui confier des champs à cultiver et se charge de l’éducation religieuse du jeune Ali.
Après cinq années d’apprentissage, le jeune Ali était devenu un véritable savant. Son père, Embarek qui avait réussi à amasser une somme assez considérable décide de poursuivre sa route et d’aller accomplir son pèlerinage à la Mecque. Arrivés sous Miliana, Embarek est pris de vives douleurs, il meurt quelques heures après. Il est enterré sur les rives du Cheliff par son fils et les trois autres compagnons. Ali qui hérite dès lors des épargnes de son père préfère les donner à ses accompagnateurs. Il leur suggère d’acquérir la terre où était enterré son père et de la cultiver. Il leur prédit même qu’ils seraient les fondateurs d’une grande tribu dont les habitants peupleraient les deux rives du Cheliff. Il continua sa route, accompagné de sa vieille mère, très affectée par la mort de son époux. Arrivés à Koléa, lalla Roubba décède. Son fils l’enterre et décide de s’installer dans la région qui lui parut paisible. Afin de subvenir à ses besoins, il se lance en quête de travail. Au lieu de dévoiler son immense érudition, il préfère chercher un travail plus modeste pour avoir le temps de se consacrer à la prière et à la dévotion. Après plusieurs refus, il est enfin accepté par un certain Ismail Ben Mohamed qui accepte de l’employer comme khamess (métayer).
C’est ainsi que Sidi Ali Embarek passait ses journées dans les champs, mais au lieu de travailler, il égrenait les heures dans la contemplation et la prière, tandis que les bœufs attelés à sa charrue faisaient d’eux-mêmes le travail du labour. Prévenu, le maître des lieux se cacha et vit de ses propres yeux l’attelage travaillant sans guide. Sous un arbre, le fellah Ali dormait paisiblement et des perdrix lui nettoyaient la barbe et la chevelure.
Immédiatement, ce prodige fit le tour de la région. Les habitants accoururent de toutes parts, apportant avec eux des offrandes qu’ils entassaient dans des pots, couvrant ainsi l’étendue de la propriété d’Ismail. Sidi Ali Embarek se releva lui-même de son vœu de pauvreté. Il construisit une zaouïa où venaient les fidèles par centaines pour prier. On y enseignait la théologie et les sciences religieuses
Lorsque le Dey d’Alger eut vent qu’un nouveau et riche contribuable se trouvait à Koléa, il dépêcha le collecteur d’impôts. « Prends mes meilleurs chevaux pour transporter l’argent », lui dit alors Sidi Ali Embarek. En arrivant à la Djenina, les chevaux se mirent à cracher du feu. Craignant de voir les flammes brûler son palais, le Dey ordonna qu’on reconduise l’attelage à son propriétaire.
Ainsi, Sidi Ali Embarek transmit son don à ses descendants dont El Hadj Mahieddine. Ce dernier, en raison de l’influence qu’il tenait dans sa famille fut nommé en 1831, agha des Arabes pour la région de Koléa. Son fil, Ben Allel, fut lieutenant de l’Emir Abdelkader, il mourut au combat contre les Français à Oran, en 1843.

Hassina Amrouni

Sources :
http://kolea-bone.net/bibliographie/kol_legende.pdf
-Articles de la presse nationale

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