L’histoire de Koléa avec la musique andalouse est vieille de plus de 400 ans
Koléa, entre musique et théâtre

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 oct 2018
Héritant ce riche patrimoine des premiers exilés qui se sont installés dans la ville après sa construction en 1550, elle a depuis continué à œuvrer pour la préservation de ce legs précieux. Au fil des ans, des dizaines de musiciens chevronnés ont vu le jour dans cette localité et des associations telles El Gharnatia, El Bachetarzia ou El Fen El Acil ont porté très haut l’étendard de l’art musical andalou, tant au niveau national qu’international.
Cheikh M’Hamed Bourahla

Appartenant à l’école d’Alger, elles maintiennent aux côtés des autres formations andalouses algériennes le souffle de vie de cette tradition musicale, née dans l’ancienne Andalousie musulmane.
Avant de trouver refuge en Afrique du nord, les musulmans ont occupé El Andalous durant sept siècles. Mais après la chute de Grenade en 1492, contraints à l’exil sur l’autre rive de la Méditerranée, plus précisément au Maghreb, ils ont apporté avec eux leurs us et coutumes, leur savoir-faire mais aussi leur vaste patrimoine culturel. Au lendemain de l’expulsion des derniers musulmans d’Andalousie survenue en 1609, les pays du Maghreb, à savoir le Maroc, l’Algérie et la Tunisie deviennent les nouveaux fiefs de la musique andalouse. C’est là qu’elle a continué à se développer sous forme de « noubas » avant de s’étendre à d’autres contrées (Libye et d’autres pays du Machreq).
Désignée sous différents noms
(« alala » ou « al-andaloussi » au Maroc, « gharnati », « sanâa » et « malouf » en Algérie et « malouf » également en Libye et en Tunisie), la musique arabo-andalouse évolue au gré des influences locales.
En Algérie, la musique arabo-andalouse est jalousement préservée par les trois grandes Ecoles qui en représentent les trois grandes tendances, à savoir Alger (sanâa), Constantine (malouf) et Tlemcen (gharnati). Si la forme algéroise tire ses origines des réfugiés à majorité cordouane installés dans la région du centre, le malouf constantinois a d’abord été influencé par l’Ecole sévillane avant de puiser dans la musique ottomane. Pour ce qui est du gharnati tlemcénien, il s’est abreuvé, comme son nom l’indique, aux sources de la région de Grenade à laquelle il était lié par l’histoire politique ; les dynasties nasride de Grenade et zianide de Tlemcen s’étant unies contre la couronne d’Aragon. Aussi, la stabilité du royaume zianide, épargnée par les climats anarchiques et belliqueux, amènera nombre de réfugiés grenadins à venir s’y installer après la chute de Grenade. Reste toutefois que, d’un point de vue technique, les Ecoles d’Alger et de Tlemcen présentent beaucoup de similitudes, notamment concernant les données de base car les deux villes dont elles tirent leurs influences (Cordoue et Grenade) étaient très rapprochées géographiquement et donc artistiquement et poétiquement.

D’autres styles musicaux

Outre la musique arabo-andalouse, Koléa est également connue pour être une ville férue de chaâbi, une musique populaire, née dans les arcanes de la capitale mais qui a réussi à s’affranchir et à être adoptée par d’autres régions du pays. A Koléa, l’un des fils de la région, en l’occurrence cheikh M’Hamed Bourahla, réussira à lui tailler une place de choix sur la scène musicale locale.
Enfin, Koléa, pour avoir été une ancienne ville de garnison turque a aussi adopté une musique d’essence turque, en l’occurrence la zorna. D’origine anatolienne, la zorna s’est peu à peu répandue dans toutes les contrées sous domination musulmane comme l’Iran, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Turquie… Aujourd’hui, que ce soit à Alger, en Kabylie, à Miliana, dans d’autres villes d’Algérie mais aussi à Koléa, la zorna est omniprésente dans toutes les cérémonies et célébrations familiales ou religieuses.

Le 4e art, pas en reste

Koléa possède une longue tradition théâtrale, grâce notamment à son célèbre MTK (Mouvement théâtral de Koléa). Ce dernier a été créé par un groupe d’amis du lycée de la ville en 1990. Une gageure si l’on considère la situation sécuritaire du pays à cette époque et les menaces de morts qui planaient sur la tête des artistes du pays. Mais en dépit des difficultés et des menaces de mort, le MTK continuera à créer et à monter des spectacles, au grand bonheur d’un public, toujours aussi passionné qui saura lui insuffler force et courage. Le MTK glanera tout au long de son parcours plusieurs prix, tant au niveau national qu’international. Une belle récompense pour cette troupe qui ne cesse de s’investir pour donner au 4e art koléacien ses plus belles lettres de noblesse.

Hassina Amrouni

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