Koléa, la reine du Sahel

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 oct 2018
Coincée entre la Méditerranée et la plaine de la Mitidja, Koléa est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger.
Hassan Pacha
Bien que l’Histoire ancienne de cette région reste assez floue, on sait toutefois qu’elle n’a pas été de tout repos. Détruite lors des conflits ayant opposé ses habitants originels aux différents conquérants qui ont voulu en prendre possession, la ville de Koléa sera reconstruite en 1550 par Hassan Ben Kheireddine plus connu sous le nom de Hassan Pacha sur l’emplacement d’un ancien établissement romain connu sous le nom de Casae Calventi. La ville qui jouit d’une position dominante surplombant les plaines de la Mitidja, accueille les Maures ou Andalous chassés d’Andalousie. Ces derniers n’ont guère de mal à s’adapter à ce nouvel environnement qui ressemble, par son climat et ses paysages, à la terre qu’ils viennent de quitter. Les Musulmans qui vivent dans les petits bourgs disséminés sur les plaines alentour ne se rendent dans la région qu’en pèlerinage à la koubba de Sidi Embarek. Cet homme pieux et saint patron était vénéré en ce XVIIe siècle dans toute la région de Blida, voire de la Mitidja. Plus tard, on y enterrera, sur le même lieu, l’un de ses descendants, en l’occurrence Ben Allal Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader, tué lors de combats contre l’armée coloniale française dans la province d’Oran le 11 novembre 1843.La vie dans la cité est paisible. La ville connaît un grand essor, les Andalous ayant importé avec eux un grand savoir-faire, notamment dans le domaine des métiers de l’art et de l’artisanat.Mais en mars1825, suite au violent tremblement de terre qui a frappé la région de Blida, Koléa n’est plus qu’un amas de décombres et les morts se comptent par milliers. Mais grâce à la volonté des survivants, la ville renaît, elle aussi, très vite de ces cendres. Colonisation françaiseDébarquant à Alger le 5 juillet 1830, les troupes coloniales françaises vont se déployer progressivement, tuant et pillant tout sur leur passage. Rencontrant beaucoup de résistance au cours de leur progression sur cette nouvelle terre à conquérir, le général Berthezène, suite à sa nomination en tant que gouverneur le 20 juillet 1831, va prôner la politique de l’apaisement afin de calmer les populations locales. C’est ainsi qu’il désigne Mohieddine, cheikh de la zaouïa de Koléa, agha des Arabes, espérant que ce dernier, grâce à sa grande influence auprès des habitants de toute la Mitidja, puisse servir d’intermédiaire et transmettre les messages et directives du gouverneur. Si El Hadj Mahieddine accepte la délicate mission qui lui est dévolue, mission qui consiste à assurer la sécurité dans cette région de la Mitidja, entre Koléa et Bou-Ismail, il pose néanmoins comme condition que les Français ne sortent pas de la banlieue d’Alger. La carte de l’apaisement ainsi jouée ne tardera pas à changer puisque Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo qui remplace Pierre Berthezène au poste de gouverneur général en 1832 décide de mettre fin à cet accord tacite. Convaincu que l’agha El Hadj Mahieddine fomente pour pousser les musulmans à la révolte, il s’empresse d’arrêter des membres de sa famille, notamment son neveu Mohamed Ben Allel, grande figure de la résistance algérienne (voir portrait). Après la mort de Rovigo en 1833, son remplaçant, Théophile Voirol ordonne la libération des membres de la famille d’El Hadj Mahieddine et restitue une bonne partie de l’amende imposée par son prédécesseur à la ville de Koléa. Dès lors, l’agha de Koléa et sa famille décident de s’allier à l’Emir Abdelkader qui ne tarde pas à nommer Mohamed Ben Allel, khalifa pour le Zaccar et le haut Cheliff. Ne renonçant pas à la conquête de cette partie stratégique du sahel algérien, les Français parviennent, quelques années plus tard, à prendre possession de la ville de Koléa. A la tête des trois premiers bataillons de Zouaves constitués par la France quelques années auparavant, le colonel Lamoricière s’installe à Koléa en mars 1838. Il fait construire quatre redoutes ou fortifications, l’une au village annexe de Fouka et les trois autres aux quartiers Tombourouf, Ben Azzouz et Mokta-Khera (Magtaâ Kheira).Le 21 novembre 1851, Koléa est nommée commune comprenant, outre l’agglomération, plusieurs hameaux dont Douaouda, Berard, Berbessa, Saint-Maurice, Chaïba-Messaoud…La ville s’agrandit. Outre les maisons à l’européenne, construites de part et d’autre de routes étroites, un hôtel de ville, des mosquées, une église catholique, un temple protestant, une synagogue, des écoles, une gare…voient le jour. Au lendemain de l’indépendance, la ville de Koléa se développe. Elle est aujourd’hui, la commune la plus peuplée de la wilaya de Tipasa. Hassina AmrouniSources :Plusieurs articles de la presse nationale
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