Khalifa de l’Emir Abdelkader
Mohammed Ben Allel

Par Hassina AMROUNI
Publié le 29 oct 2018
Descendant de l’une des plus grandes familles maraboutiques d’Algérie, Mohammed Ben Allel sera l’une des figures de proue de la résistance algérienne contre l’occupant colonial français. C’est au cours d’un ultime combat contre ce dernier qu’il perdra la vie en 1843.
Masque de Mohamed Ben Allel Conservé au Musée d'Histoire Naturelle de Paris
Tête de Mohamed Ben Allel exposée à Alger  (Journal l'illustration, 9 décembre 1843)
Traité Desmichels
Sceau de Hadj Mahieddine Eseghir  (1250 hégirienne correspondant à 1834)
Sceau de Mohamed Ben Allel Sidi Embarek (1251 Hégirienne correspondant à 1836)
DRAPEAU DE MAHIEDDINE ESEGHIR SIDI EMBAREK Conservé au Musée Crozatier du Puy en Velay en Auvergne-France Année hégirienne 1244 correspond à 1828-1829
Intérieur du Mausolée de Sidi Ali Embarek  ( le tombeau de Ben Allel à gauche et celui de Sidi Ali Embarek à droite )

Né vers 1810, le jeune Mohamed reçoit un enseignement religieux auprès de son oncle El Hadj Mahieddine Esseghir Ben Embarek. Devenu un vaillant jeune homme, il n’hésite pas à prendre les armes pour combattre le colonialisme français, au lendemain de son entrée en Algérie. C’est ainsi qu’en octobre 1832, il participe au combat de Boufarik, aux côtés de son oncle, lui aussi, résistant engagé contre le nouvel envahisseur. Au cours de l’affrontement, il est capturé et fait prisonnier pendant deux ans. Il fait, durant sa captivité, la connaissance de Lamoricière, à cette époque chef du bureau arabe de l’armée française. Après la signature du traité Desmichels entre ce dernier et l’Emir Abdelkader en juillet 1834, le prisonnier est libéré.
La trêve est de courte durée. Très vite, les hostilités reprennent et les combats sont plus sanglants que jamais. Mohamed Ben Allel, qui n’a jamais renoncé au combat, reprend les armes contre les Français aux côtés de son oncle dans la plaine de la Mitidja et le Titteri.
A la mort de Mahieddine Esseghir en juillet 1837, quelques semaines après la signature du Traité de Tafna restaurant la paix, Mohammed Ben Allel devient khalifa de l’Emir Abdelkader. Il s’installe à Miliana, Koléa étant occupée par les Français à partir de mai 1838. Très impliqué dans la mission qui lui est dévolue, il est notamment à l’origine de la construction d’une manufacture d’armes à Miliana et de la constitution d’une armée régulière. Le 15 mai 1838, l’Emir Abdelkader part combattre dans le désert, il délègue ses pouvoirs à Mohammed Ben Allel.
En novembre 1839, les hostilités reprennent, Mohammed Ben Allel, à la tête de la cavalerie régulière, se lance au cœur de la bataille, dans les vastes plaines de la Mitidja. Malheureusement, après le revers du 31 décembre 1839 à Oued El Alleug et du 10 mai 1840 dans le col de Mouzaïa, il se replie avec ses hommes dans l’Ouarsenis d’où il accule les troupes coloniales retranchées dans la vallée du Cheliff.
Deux ans plus tard, il entre en contact avec l’évêque d’Alger pour négocier un important échange de prisonniers. Le général Bugeaud, nouveau gouverneur d’Algérie, entre dans une colère mémorable. En 1842, le général Bugeaud tente d’acheter la soumission de Mohammed Ben Allel en lui restituant toutes ses terres, mais ce dernier refuse et lui adresse une lettre cinglante : « Du Djebel Dakhla à l’oued Fodda, je commande, je combats, je pardonne. En échange de ce pouvoir que j’exerce pour la gloire de Dieu et le service de Monseigneur le Sultan Abdelkader, que me proposes-tu ? Mes Etats que la poudre pourra me rendre comme elle me les a pris, de l’argent et le nom de traître ».
Le 16 mai 1843, lors de la prise de la smala de l’Emir Abdelkader, sa famille est faite prisonnière et internée sur l’Ile Sainte-Marguerite, tandis que lui, toujours en liberté, continue de se battre. Il trouve la mort le 11 novembre de la même année, sur le champ de bataille du côté de l’oued El Malah. Sa tête sera exposée à Miliana et à Alger par les troupes coloniales. Mohammed Ben Allel est enterré à Koléa, dans le mausolée familial.

Hassina Amrouni

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