Impact internationl et régional sur la question du Sahara Occidental
Commisision nationale de solidairité avec le peuple sahraaoui

Par La Rédaction
Publié le 02 oct 2018
Chères Sœurs et Chers Frères Je voudrais remercier les organisateurs de cette université des cadres sahraouis de l’invitation qui m’a été adressée. Cette 9e édition qui se tient sous le slogan « Le 45e anniversaire de la création du Parti du Polisario et du déclenchement de la lutte armée » est l’expression d’un peuple décidé depuis le 29 avril 1973 à en finir avec le conflit qui l’oppose au Maroc. Dans un monde qui connait des bouleversements nés de la fin de la guerre froide, il est difficile de cerner à travers cette communication une analyse en termes de géopolitique qui concerne notre région maghrébine. Au cœur de cette approche, la question du Sahara occidentale pose des questionnements dans le retard voulu ou accepté dans la décolonisation de ce territoire qui ne dérange en rien si ce n’est les convoitises sur ces ressources. Alors aux yeux des grandes puissances on laisse faire un pays qui non seulement spolie une terre qui ne lui est pas léguée ni par ses ancêtres ni par le droit divin. Le Sahara occidental n’arrive pas malgré la charte des Nations unies à retrouver dans la sérénité du droit international la voie du salut. Est-ce la loi du plus fort ou celui du plus nanti qui prime lorsque des milliers d’enfants vivent dans des camps de réfugiés sahraouis loin de toutes commodités si ce n’est les aides humanitaires. La conscience internationale est donc interpellée pour le règlement juste et équitable sous les auspices des Nations unies. Point d’entêtement sans la volonté des hommes à mettre fin à ce conflit qui traîne depuis 45 ans, la coopération intermaghrébine ne pourrait créer les conditions d’une prospérité partagée. Le Front Polisario dont le premier leader El Ouali Moustapha Sayed est le successeur du Mouvement de Libération du Sahara occidental qui existait dans les années 1960 sous l’impulsion de Mohamed Bassiri. Le combat que mène le peuple Sahraoui contre l’occupant marocain depuis 45 ans a permis à une première mission de l’ONU à reconnaître la légitimité du Polisario dès Mai 1975 et que la Cour internationale de justice à la Haye arbitra en faveur de l’Autodétermination du Peuple Sahraoui.
A gauche, Monsieur Ahmed Lamine Salama « Diplomate »
A gauche : Dr Mezzab, président de séance
2e à dr. : Dr. Ayachi Said, président de la commission nationale de  solidarité avec le peuple Sahraoui
Résolutions du Conseil de sécurité et autodéterminationLa résolution 34/37 adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 21 novembre 1979 désignait le Polisario comme le « représentant du peuple du Sahara occidental ». Le Front Polisario continue toujours de revendiquer son territoire malgré la construction d’un mur défensif marocain qui comprend des champs de mines. Le Polisario contrôle toute la partie est de cette ligne de défense et le sud-ouest de Tindouf à quelques kilomètres de la frontière du Sahara occidental où se trouvent les camps de réfugiés sahraouis.Décolonisation et droit des peuplesPour revenir à l’historique après la Conférence de Berlin consacrée au « partage de l’Afrique », les Espagnols se sont implantés sur la côte du Sahara occidental en instituant un protectorat en 1884. Alors que le départ des Espagnols, puissance administrative, s’est fait, après avoir informé le SG de l’ONU de renoncer à ses responsabilités sur ce territoire, le Maroc saisit l’occasion pour réclamer la souveraineté d’un territoire qui ne lui revenait pas.Le Front Polisario constitué en 1973 par les Sahraouis revendique ce territoire qu’ils habitent et cette population a le droit d’exercer son droit à l’auto-détermination en réclamant l’indépendance du Sahara occidental dont la proclamation de la RASD en février 1976 est la parfaite illustration. Il faut dire que les premières résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies de 1965 et 1966 appelaient à une décolonisation de ce territoire et à l’auto-détermination de ses habitants au moyen d’un référendum. Le Roi Hassan II annonça dès 1981 son acceptation d’un référendum au Sahara occidental après trois ans de pourparlers avec le Polisario. Les deux parties ont accepté les propositions du SG de l’ONU présentées en 1990 en vue d’un règlement pacifique débouchant sur un cessez-le-feu puis sur l’organisation d’un référendum par lequel les populations du Sahara occidental auraient à choisir entre l’intégration au Maroc ou l’indépendance. La mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) a été créée par la résolution 690 du Conseil de sécurité du 27 Juin 1990 et a reçu pour mandat de surveiller les préparatifs et le déroulement du référendum de l’auto-détermination des populations du Sahara occidental.Le jeu et les enjeux de l’identificationFace à cet enjeu d’identification et à la difficulté d’y parvenir, en mars 1997, Kofi Annan a nommé James Baker, Secrétaire d’Etat américain, envoyé spécial pour examiner les approches possibles en vue d’un règlement pacifique. En septembre de la même année, les négociations ont repris et les représentants des deux parties se sont rencontrées et ont signé les Accords de Houston. En août 1998, la Minurso a achevé l’identification des électeurs dans toutes les tribus « non contestées », mais il restait trois « tribus contestées ». L’accord-cadre du 8 mai 2001 qu’avait présenté James Baker sur le statut du Sahara occidental n’a pas été avalisé par le Front Polisario qui voyait une négation totale du référendum d’autodétermination. Il sera donc rejeté. Toutes les options présentées du temps de Kofi Annan n’ont pas convaincu les parties concernées. En conclusion, il ressort que par sa résolution 1084 du 27 novembre 1996, le Conseil de sécurité a réaffirmé la nécessité d’un « référendum, libre, régulier et impartial en vue de l’auto-détermination du peuple du Sahara occidental » conformément au plan de règlement.La proposition de M. Baker ignorait les principes fondamentaux qui forment la base des actions menées dans le domaine de la décolonisation en général et du droit du peuple sahraoui à l’auto-détermination. Il est clair qu’il faut trouver une solution qui réponde aux besoins des deux parties en conflit, mais pas au dépens du peuple sahraoui ni conduire à la déstabilisation de la région. L’impact négatif est profondément ressenti si ce conflit persiste, par l’Union du Maghreb arabe qui revêt une importance capitale dans le développement économique et social de la région et le développement du libre échange entre les pays du Maghreb et l’Union européenne par exemple. L’Union du Maghreb Arabe (UMA) inaugurée en grande pompe en février 1989 est en hibernation à cause de ce conflit.La jeunesse sahraouie alerte la communauté internationaleLe statu quo est inacceptable et la jeunesse sahraoui est consciente du devenir du peuple sahraoui et que l’idée du sacrifice est préférable à la capitulation critiquant des puissances dont les compagnies pétrolières et minières étrangères étaient autorisées à signer des contrats avec les autorités marocaines en violation du droit international.Le conflit en question génère d’autres conséquences suite à des prétentions du Royaume chérifien que défend la France dont la responsabilité et celle de l’Espagne et des Etats-Unis étaient engagées à ce jour et qu’une solution pourrait venir de leur part si on respectait le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à leur auto-détermination et à leur indépendance. Pour comprendre toutes les nuances et les raisons de ce conflit, il faut le placer dans son contexte géopolitique. Du point de vue du droit international, ces puissances y compris les Nations unies n’ont pas pu l’imposer car reconnaissant le droit à l’indépendance par un référendum libre et régulier. La Minurso force de paix et de surveillanceDe plus en plus, ce conflit se complique et la jeunesse sahraouie continue d’alerter la communauté internationale sur la question des droits de l’Homme qui a conduit l’envoyé spécial du SG de l’ONU à l’époque Christopher Ross à demander, lors d’une séance à huis clos du Conseil de sécurité, d’inclure la surveillance du respect des droits de l’Homme dans les prérogatives de la Minurso – seule force de paix des Nations unies qui ne disposait pas de ces compétences, requête à laquelle la France s’était opposée en avril 2009.Le Maroc s’est toujours opposé à l’intégration de l’option de l’indépendance et à tout processus référendaire basé sur l’auto-détermination. Ainsi l’adoption le 30 avril 2007 de la résolution 1754 soutenue par la France et les Etats-Unis vient compliquer toute démarche visant l’autodétermination du peuple sahraoui. Cette option très favorable au Maroc non seulement consolidera sa colonisation sur le terrain mais exploite les ressources halieutiques et phosphatiques de ce pays spolié.Dans ces enjeux géopolitiques, la résolution du conflit du Sahara occidental non seulement incombe à l’ONU, mais la clé de sa résolution dépend en grande partie de la France et des Etats-Unis qui continuent de conforter la position marocaine même s’ils ne reconnaissent pas la souveraineté du Maroc sur le territoire. La France avec plus de 70% d’IDE au Maroc est le premier partenaire commercial et investisseur dans le Royaume chérifien. Pour les Etats-Unis, ils considèrent que le Maroc est un pays fiable dans le monde arabe. La France et les Etats-Unis pour un règlement justeLes USA ne s’opposent pas à l’exercice du droit à l’autodétermination des peuples sauf pour le cas du Sahara occidental où des considérations géopolitiques dictent l’attitude américaine. L’administration Bush a soutenu la proposition marocaine d’autonomie alors qu’avec Barack Obama il y eut une inflexion envers cette attitude insistant beaucoup sur la légalité internationale.Depuis, les Etats-Unis sont plus fermes avec leur allié marocain où la position américaine considère qu’il faille régler ce conflit au plus vite en raison de la lutte antiterroriste au Maghreb/Sahel qui nécessite la coopération des Etats de la région. Tout récemment lors de la visite du représentant personnel du SG/ONU pour le Sahara Occidental, l’ancien Président Allemand M.Horst Kohler dans la région, le Front Polisario est disposé à négocier conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité.Ceci a permis à l’émissaire onusien de briefer le 7 août 2018 le Conseil de sécurité sur sa récente tournée régionale visant à relancer les négociations entre le Polisario et le Maroc qui sont à l’arrêt depuis 2012. Le Président de la RASD, Brahim Ghali, plaide pour l’application immédiate de la décision du Conseil de Sécurité °n2414 concernant la poursuite des négociations directes entre les deux parties sans conditions préalables et de bonne foi pour mettre fin au conflit au Sahara occidental conformément aux principes et de la Charte de l’ONU et de l’Union africaine. Aujourd’hui le Maghreb connait une mutation systémique qu’il faut analyser dans tous ses contours à la fois historiques, sociologiques, économiques et sociaux.Les conflits que nous vivons sont la résultante des politiques coloniales qui ont fait des configurations compliquées à revoir sous peine de créer une déstabilisation globale. Le conflit du Sahara occidental en est l’exemple. La décolonisation suit un tracé pour lequel les populations sont les seules témoins historiques qui valident toute démographie et personne ne peut accaparer la souveraineté du territoire sans passer par un référendum juste et régulier loin des peuplements venus d’autres contrées.Comment peut-on accepter des statistiques qui rehaussent le nombre d’habitants lorsque ces dernières au vue de la réalité dépassent les véritables personnes autochtones ? Toutes les négociations entre le Polisario et le Makhzen tiennent à celui qui proportionnellement a le plus de personnes identifiées en vue de l’organisation du référendum. Quarante-cinq ans après le début du déclenchement armé du Polisario, les Nations unies n’ont pu arriver à convaincre les deux parties en conflit à savoir le Maroc et le Front Polisario.En conclusion, la question du Sahara occidental demeure à ce jour la clé de tout règlement pacifique dans la région du Maghreb. C’est le dernier pays dont la décolonisation n’a pas abouti en tant que dérivé de la guerre froide. Est-ce un conflit de souveraineté au-delà des raisons historiques et politiques avancées par chacune des parties ? Ce conflit continue d’embarrasser et de conditionner les relations intermaghrébines. Pour sa part, l’Algérie à travers Son Excellence le Président Abdelaziz Bouteflika n’a cessé d’œuvrer dans le sens d’une solution juste dans le cadre des résolutions des Nations unies et de l’Union africaine. Même si le problème du Sahara occidental concerne essentiellement la population du Sahara occidental et ses représentants, à savoir le Polisario et le Royaume du Maroc, l’Algérie reste également concernée par le conflit, car abstraction faite de l’assistance qu’elle continue à fournir au Polisario et à sa population dans les camps de réfugiés de Tindouf durant ces quarante-cinq ans, la stabilité de la région demeure une des conditions essentielles de la région dans son ensemble.L’Algérie reste attachée à la mise en œuvre du plan de paix initial et à la tenue d’un référendum promis ni aux dépens du peuple sahraoui ni à conduire à la déstabilisation du Maroc. C’est le droit des peuples à l’autodétermination qui a toujours constitué une position de principe depuis la Révolution du 1er Novembre 1954. Alors que le Polisario veut restreindre le corps électoral aux personnes recensées par l’Espagne en 1974 et à leurs descendants, le Maroc quant à lui veut intégrer les membres de tribus sahraouies résidant au Sud du Maroc et les colons du centre du pays qui n’ont rien à voir avec les habitants authentiques du Sahara occidental.Le Polisario refuse toute consultation ne prenant pas en compte l’option de l’indépendance nationale. Faute de pouvoir obtenir l’assentiment des parties en conflit, il peut y avoir un risque et une infiltration terroristes du Sahel accentuant ainsi une possible déstabilisation de la région. Pour terminer je ne peux qu’emprunter cette phrase de Ferhat Abbas pour dire que : « La route est longue, la tâche est lourde mais la victoire est certaine ».Dr Boudjemâa HAICHOUR Chercheur Universitaire, Ancien MinistreNOTES:1-Antoni Segura I Mas: « La Question du Sahara dans la dynamique géopolitique du Maghreb »pages 119/131 Revue Confluences Méditerranée N° 31 Automne 1999.2-Yahia H.Zoubir : « Le conflit du Sahara occidental : Enjeux régionaux et internationaux » ceri-sciences po-org Février 2010.3-Propositions du Front Polisario « Pour une solution politique mutuellement acceptable assurant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental » transmise au SG/ONU le 10 Avril 2007.4- Rapport de la Présidente de la délégation ad hoc Sahara occidental-Mme Catherine Lalumière-vice-présidente du Parlement européen.5- La revue géopolitique : « La RASD » Diploweb.com.6- 35 ans après l’annexion par le Maroc :Les Sahraouis rêvent-ils toujours d’indépendance ? http//www rfi émission 2010.7- Brahim Ghali succéde au défunt Mohamed Abdelaziz el watan 10 Juillet 2016. 8- « La Rasd dans la force africaine d’alerte » Copie archivée sur Internet le 24 Février 2009.9-Akram Belkaid : « Sahara occidental grandes manœuvres en vue de l’Union africaine monde diplomatique publié le 8 Février 2017.10- wikipedia-République arabe sahraouie démocratique.
GUERRE DE LIBERATION

Repère et Symbole

Le 1er novembre 1954

FIGURES HISTORIQUES
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MEMOIRE
UNE VILLE, UNE HISTOIRE
CONTRIBUTION

Syphax et la rencontre de Siga

Ain Temouchent (206) AV J.C