Les armes utilisées pendant la Révolution

Par Fateh Adli
Publié le 30 oct 2018
Les hommes du mouvement national ont, dès les préparatifs de l’insurrection armée qui remontent donc jusqu’à l’OS, accordé un intérêt particulier à la question d’armement. Celle-ci a été toujours été au centre des réunions secrètes des responsables, à tous les niveaux.
Des armes utilisées au début de la Révolution
Armes recupérées lors de la bataille d’Alger par l’armée française
Messaaoud Zeggar dit «Rachid Casa» dans son bureau
Mansour Boudaoud

Cela dit, loin de dissuader les hommes, le manque d’armes, au déclenchement de la lutte, n’a guère été un handicap ; ce qui ne sera pas le cas à partir de 1958-1959, où l’épuisement brusque des stocks d’armes et de munitions, conjugué aux pressions accentuées des offensives de l’armée coloniale, commençait à peser lourdement sur la marche de la guerre et, surtout, sur le moral des troupes.
Il faut dire que si les moudjahidine avaient mis le paquet pour s’approvisionner en armes, en munitions et en ravitaillement, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient, à cette époque-là, loin d’avoir une appréciation précise des besoins internes une fois l’insurrection déclenchée. Avec quelques centaines de fusils (Stati, Bren, Sten…), dont les plus modernes dataient de la Seconde Guerre mondiale, qui étaient achetées à l’étranger ou récupérées localement par les militants qui les stockaient dans des caches secrètes, les premiers maquisards avaient pu déclencher la guérilla et ébranler les états-majors de l’armée française dès la première nuit. Mais il fallait, dans le même temps, s’assurer de quantités suffisantes de munitions – ce qui se révéla être une tâche aussi complexe – et apprendre aux djounoud et fidayine engagés nouvellement dans la lutte le maniement des armes.
Une fois les premiers stocks ramenés principalement de Libye, transitant par la Tunisie et sud-est algérien, venaient à s’épuiser, il fallait penser à s’en procurer d’autres. Le manque de ressources financières, le durcissement de la surveillance des frontières Est et Ouest, avec la construction de barrages fortifiés par l’armée d’occupation et enfin les défaillances imputées aux membres de la direction installée à l’extérieur, ont rendu la tâche plus complexe. Ce qui explique que, pendant plusieurs mois, un vent de panique s’est emparé des maquis de l’intérieur, où, dans certaines régions comme en Wilayas III et IV, les premiers mouvements de dissidence commençaient à apparaitre dans les rangs de l’ALN. Ce qui a amené les principaux chefs de wilaya, réunis en décembre 1958 à Oued-Asker en Wilaya II, à lancer un véritable appel de détresse en direction du commandement politique installé à Tunis.
Donc, face à une situation somme toute prévisible, il fallait, comme solution de rechange, multiplier coûte que coûte les attaques contre les troupes et les positions coloniales dans le but de récupérer un maximum d’armes, de munitions et d’uniformes. Ainsi, des casernes de l’armée française ou de goumiers ont été la cible des combattants de l’ALN à travers tout le territoire national.
L’exemple de l’enlèvement de la caserne d’El-Horrane, près de Msila, dans la nuit du 4 février 1958, est illustratif de cette orientation stratégique de l’ALN en vue de pallier les déficits de plus en plus criants de l’armement. Les moudjahidine sont revenus avec un butin dépassant toutes les prévisions : des quantités importantes d’armes toutes aussi précieuses les unes que les autres, dont des mitrailleuses 12/07 et des mitrailleuses «30 Américaine», un mortier 80 et un mortier 60, ont été récupérées, et seront acheminées jusqu’à au PC de la Wilaya III, dans l’Akfadou, à dos de 35 mulets, d’après les récits.
Cette prise exceptionnelle redonna vie aux maquis de Kabylie, au moment où ils étaient au bord de l’asphyxie.
C’est ainsi que, peu à peu, les unités de l’ALN reprenaient les embuscades et les harcèlements contre les forces coloniales, durant lesquels elles pouvaient encore récupérer d’autres armes sur les soldats de l’armée français abandonnés sur les champs de bataille : des mitraillettes MAS 36, des fusils mitrailleurs de tous types, mais aussi des pistolets automatiques et des grenades, furent le butin quotidien des moudjahidine.
En plus des opérations d’acheminement par les frontières, qui étaient aussi couteuses que périlleuses et de la récupération d’armes dans les combats, les dirigeants de l’ALN essayaient également une troisième voie : celle de la fabrication locale. Cela coïncidait avec la création d’un ministère dédié à l’armement au sein du GPRA, le ministère de l’armement et du ravitaillement général (MARG), qui fusionnera ensuite avec le ministère des Liaisons générales et des Communications (MLGC), pour donner le MALG. Ainsi, sous l’impulsion du colonel Abdelhafidh Boussouf, une usine de fabrication d’armes a été implantée au Maroc. Confié à Mansour Baudaoud, cet atelier a réussi à produire des quantités importantes de mortiers, de fusils, de grenades et de munitions au profit des maquis de l’intérieur. Il y avait aussi l’expérience lancée par Messaaoud Zeggar dit «Rachid Casa», lui-même négociant d’armes, qui installa dans la région de Meknès, dans le plus grand secret, une usine d’armement qui fabriquait des grenades, des Bengalores, des fusils de guerre, des mitraillettes, des baïonnettes, des poignards, des Bazookas et même des mortiers 80, destinés aux maquis.

Adel Fathi

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