Le nerf de la guerre
Les armes utilisées pendant la Révolution

Par Fateh Adli
Publié le 30 oct 2018
L’acquisition des armes durant la guerre de Libération nationale a connu trois étapes : la première étape s’étend du 1er novembre 1954 au 20 août 1956, date du congrès de la Soummam. La délégation de l’extérieur était chargée d’acquérir des armes à l’étranger, soit par l’achat auprès des différents marchands d’armes, soit par l’obtention de dons venant de pays amis ou frères, qui seront acheminées par les frontières Est ou Ouest.
Printemps 1955 : arrivée d’Egypte au Maroc, de Houari Boumediene, chef des convoyeurs  algériens à bord du bateau « Dina », le premier chargement d’armes à destination de l’Oranie
La carabine Mauser de calibre 7.92 mm et de type K98 était l’arme la plus utilisée par  les combattants de l’ALN
Armes et munitions achetées par les agents du FLN dans les pays de l’ex-bloc socialiste

Ces acquisitions se faisaient essentiellement dans le cadre d’opérations bien planifiées, dont la plus célèbre est celle effectuée à bord du navire «Dina», chargé, en mars 1955, d’importants lots d’armes à partir d’Alexandrie jusqu’à Nador, au Maroc, via la Libye. Il y a lieu de signaler que la première cargaison d’armes parvenue à la côte marocaine était beaucoup plus destinée à l’instruction, avant d’être acheminée aux maquis de Tlemcen et de Sidi Bel-Abbès notamment. Il s’agit généralement d’armes légères, des fusils, des pistolets automatiques, des grenades et des fusils mitrailleurs de type 24/29 de type français.
La deuxième phase s’étend du 20 août 1956 au 19 septembre 1958, date de la proclamation du GPRA au Caire. Le commandement de la Révolution était, désormais, tenu d’acquérir des armes et de les acheminer directement aux maquis de l’intérieur. Le CCE a donné instruction aux militants qui activaient à l’étranger d’intensifier les démarches pour se procurer un maximum d’armes. C’est ainsi que Lamine Debaghine a pu obtenir du gouvernement de Gamal Abdennacer, dans une première étape, l’envoi d’un lot d’armes comprenant des fusils mitrailleurs de type Bren, ainsi que 303 fusils anglais. Les maquisards ont également reçu une cargaison de Yougoslavie, composé de 25 mille pièces d’armes, dont un millier de fusils mitrailleurs (MG34 et MG42) remis à l’ALN par la frontière tunisienne.
Parallèlement à ces opérations, les dirigeants de la Révolution avaient souvent recours aux marchands d’armes pour satisfaire leurs besoins en armes. En 1957, un marché a été signé avec le capitaine de l’armée américaine de la station nucléaire de Maalaa pour obtenir 142 fusils de type Thompson pour 50 dollars la pièce, alors que les trafiquants d’armes les revendaient au prix double.
Les dirigeants de la Révolution ont su également exploiter les conflits entre les différents bailleurs de fonds de l’OTAN pour arracher des marchés. Le grand problème qui était posé aux négociants algériens était celui du transport. En plus d’être excessivement coûteuses, ces opérations étaient parfois déjouées par les services de renseignements français. Ce fut le cas d’une cargaison de Bazookas transportés dans trois avions de Stockholm à destination de Rabat, et qui a coûté la modique somme de 60 000 dollars. L’aviation française a réussi à l’intercepter et à la détourner vers l’aéroport d’Es-Senia, à Oran.
Les demandes d’armes du FLN s’étaient même élevées une fois à un milliard et demi de francs. La demande comprenait deux millions de cartouches 7,22 mm,
2 000 pistolets mitrailleurs avec 3 millions de cartouches, 20 000 pistolets automatiques avec 2 millions de cartouches 9 mm, et enfin 200 tonnes d’explosifs (TNT). La facture pour une telle demande était supérieure à un milliard et demi de dollars et le bénéfice net perçu par un armurier d’une telle opération était d’environ 500 millions. Il est établi que la carabine Mauser de calibre 7.92 mm et de type K98 était l’arme la plus utilisée par les combattants de l’ALN, notamment durant les années 1957-1958, et aussi par les révolutionnaires du monde entier, parce qu’elle est à la fois puissante, facile à manier et d’une grande précision. Aussi, ses munitions étaient largement disponibles dans les marchés mondiaux, et notamment dans les pays de l’Est où les marchands algériens mandatés par le commandement de la Révolution agissaient sans trop de contraintes.
Voici un tableau détaillé qui donne une idée précise sur les types d’armes et de munitions achetées par les agents du FLN dans les pays de l’ex-bloc socialiste, et leurs prix...

Adel Fathi

GUERRE DE LIBERATION

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