Le mont des prodiges
Ath Yenni

Par Hassina AMROUNI
Publié le 25 nov 2019
Certains y sont nés, d’autres y puisent leurs racines familiales, Ath Yenni avec ses nombreux villages a donné à l’Algérie quelques-uns de ses plus brillants et de ses plus vaillants enfants.
Mouloud Mameri
Mohamed Arkoun
Boukhalfa Bita
Arezki Metref
Peinture de Mammeri
Ali Silem
Le chanteur Idir de son vrai nom Hamid Cheriet
Le chanteur Brahim Izri
Tassadit Mandi
Amar Ezzahi
Hakim Medane
Mahieddine Khalef
Ahmed Boumendjel
Ali Boumendjel
colonel Amirouche
Si Mouloud Mammeri demeure une figure de proue des hommes de lettres nés ou originaires d’Ath Yenni (il est né à Taourirt Mimoun en 1917), d’autres grands noms font la fierté de la région, à commencer par Mohand Lounes Mammeri, l’oncle du grand amusnaw Mouloud Mammeri qui fut instituteur, précepteur et chef de protocole du roi Mohamed V du Maroc. A côtés de ces deux grands noms, il faut également citer Mohamed Ghebbi, lui aussi instituteur, il se fera connaître en tant que philosophe, écrivain, militant de l’UDMA et rédacteur dans la revue du Jeune Musulman publiée par l’Association des oulémas musulmans algériens. Natif d’Ath Lahcène en 1909, il est décédé en 1997. Ancien instituteur, directeur de l’ITE de Tizi-Ouzou, né à Taourirt Mimoun en 1920, Boukhalfa Bitam est l’auteur de plusieurs romans dont « Thadart oufella », « Meriem », « Fadhma n’Soumer »…etcIssu du même village que Mammeri et Bitam, Mohammed Arkoun est l’une des grandes fiertés d’Ath Yenni. L’écrivain, philosophe et islamologue qui y a vu le jour en 1928, était connu pour être un fervent défenseur du dialogue inter-religieux. Ses idées et ses positions ont fait de lui une personnalité forte et l’un intellectuels les plus marquants du XXe siècle. Il est décédé en 2010 en France où il vivait et travaillait depuis de nombreuses années. Ath Yenni compte également de grands noms comme Belkacem Achite, né à Taourirt Mimoun, auteur de l’excellent « Mont des orfèvres », paru chez Casbah éditions, Boussad Ibazizene, écrivain et instituteur, natif d’Ath Larbaa, Arezki Metref, originaire d’Ath Yenni et auteur très connu et très apprécié (La traversée du somnambule, Quartiers consignés, Roman de Kabylie ou Le livre des ancêtres...) et d’autres encore. Les artistes ne sont pas en reste puisqu’ils sont également nombreux à avoir accédé à la notoriété mondiale, en partant un jour de leur petit village haut perché de Kabylie. Né à Taourirt Mimoun, en 1890, Azouaou Mammeri a d’abord fréquenté l’Ecole normale de Bouzareah d’où il est sorti avec un diplôme d’instituteur en 1909. Après avoir enseigné à Toudja (Bejaïa) puis à Gouraya (entre Tipaza et Cherchell), il est remarqué un jour par le grand artiste peintre français Léon Carré qui, décelant en lui, un véritable potentiel artistique, accepte de le prendre sous son aile et de partager avec lui son savoir pictural. Lui aussi se rend au Maroc auprès de son cousin Lounes Mammeri, précepteur du roi Mohamed V où il enseigne notamment le dessin d’ornement au collège musulman de Rabat. Il revient dans son village, repart pour l’Espagne puis le Maroc où il mène une brillante carrière. Il meurt à Ath Yenni le 17 septembre 1954, quelques semaines avant le déclenchement de la guerre de libération nationale. Originaire de Taourirt El Hadjadj, né à Sfisef en Oranie en 1948, Ali Silem fait également partie des artistes peintres qui ont inscrit leur nom en lettres d’or sur les tablettes de la peinture algérienne. Il vit et travaille en France depuis 1994. Vivant lui aussi depuis de très nombreuses années de l’autre côté de la Méditerranée, Idir -Hamid Cheriet de son vrai nom- a vu le jour à Ath Lahcene en 1949. Après des études de géologie et alors qu’il se destine à une carrière dans l’industrie pétrolière, il bifurque vers la musique par hasard, en remplaçant la chanteuse Nouara qui devait interpréter sur les ondes de Radio Alger une berceuse qu’il lui avait composée. C’est le début d’une longue et riche carrière musicale qui se poursuit aujourd’hui encore. Lui aussi artiste connu et reconnu, Brahim Izri n’a, malheureusement, pas connu la longévité artistique de son aîné car arraché à la vie à l’âge de 51 ans. Lui aussi natif d’Ath Lahcene, Brahim Izri a été bercé dès le jeune âge par les chants religieux au sein de la zaouia de son aïeul, Cheikh El Hadj Belkacem ce qui le décidera très tôt à devenir artiste. Après la création d’un groupe de musique au sein de son lycée, il sera dans les années 1970 guitariste pour Idir, avant de prendre son envol, écrivant, composant et interprétant ses propres titres. Ses chansons à thèmes faisaient beaucoup de bien au cœur et à l’âme. Il décède e 2005 des suites d’une longue maladie. Native du village de Taourirt Mimoun, en 1950, Tassadit Mandi a d’abord été enseignante avant d’opter pour une carrière de comédienne à succès, après son départ en France, à la suite du décès de sa mère. En souvenir de sa grand-mère, elle joue dans la troupe de Mohya des pièces universelles de Molière ou de Brecht, adaptées en kabyle, avant d’être repérée par des réalisateurs de cinéma qui lui proposeront des rôles sur mesure. Elle a à son actif plus d’une quarantaine d’interprétations au cinéma et à la télévision (Asphalte de Samuel Benchetrit, Paris la blanche de Lidia Terki, Coexister de Fabrice Eboué, Le cordier juge et flic, Permis d’aimer de Rachida Krim, Engrenages,…)D’autres artistes de renom sont natifs de la région, à l’image du grand poète Lounis Aït Menguellat et du maître du chaâbi Amar Ezzahi, tous deux nés à Ighil Bouamas, le premier en 1950, le second en 1941. Le premier continue à mener une carrière musicale très riche, tandis que le second, nous a quittés en 2016 à l’âge de 75 ans.Dans le monde du sport, certains grands noms du milieu footballistique national sont issus d’Ath Yenni, à l’image des deux Khalef, Abdelkader, ancien président de la JSKabylie et Mahieddine, ancien sélectionneur national. L’ancien joueur et manager de l’EN, Hakim Meddane est lui aussi originaire d’Ath Yenni, tout comme Brahim Zaffour et Hocine Metref, anciens joueurs.Figures politiques et révolutionnairesLa période d’occupation coloniale a vu se rallier des femmes et des hommes des quatre coins du pays autour de la cause nationale. La Kabylie, à l’instar des autres régions d’Algérie a été pourfendeuse de grands martyrs et révolutionnaires. A Ath Yenni, ils étaient nombreux à monter aux maquis et certains parmi eux ont joué les premiers rôles, à l’image d’Ahmed Boumendjel, avocat et homme politique, négociateur lors des Accords d’Evian, Lamara Hamel, ancien moudjahid, secrétaire général de la Wilaya III historique, Ali Boumendjel, avocat, militant politique et chahid de la révolution, torturé par Aussaresses et assassiné par le même sinistre personnage le 23 mars 1957. Celui que l’on surnommait « Le loup de l’Akfadou » est également natif de la région. Il a vu le jour en 1926 à Tassaft Ouguemoun, commune d’Iboudraren, daïra d’Ath Yenni. Amirouche Aït Hamouda, « Colonel Amirouche », chef de la Wilaya III historique, mènera un combat redoutable contre les forces d’occupation française jusqu’à sa mort en héros le 28 mars 1959 au sud de Bou Saâda. Driss Mammeri, médecin, moudjahid et écrivain, Mohammed Nedir, grand médecin, militant politique mort en chahid pour l’Algérie, Mustapha Laliam, médecin et grand révolutionnaire, Belkacem Benyahia, moudjahid, journaliste, directeur du journal El Moudjahid à partir de 1962 puis ambassadeur, Tahar Benyahia, ancien membre de l’Organisation Secrète (OS), responsable de la Fédération de France du FLN, Kasdi Merbah, ancien premier ministre sont eux aussi natifs de la région.Hassina Amrouni 
DOSSIER

Les prémices d’une rupture

Aux origines du CRUA

GUERRE DE LIBERATION

Les frères martyrs

Abdelkader Menouar et Mohamed Badaoui

MOUVEMENT NATIONAL
FIGURES HISTORIQUES
GRANDES DATES
MEMOIRE

La moudjahida

Portrait de l’artiste plasticienne Aïcha Haddad

CONTRIBUTION

Un parcours patriotique exceptionnel

Moudjahida Kheira Louahla