La légende de Zenina

Par Hassina AMROUNI
Publié le 03 nov 2019
Commune de la wilaya de Djelfa, El-Idrissia était jadis connue sous le nom de Zenina. Un nom entouré d’une vieille et belle légende.
Le père François Devillaret
Djebel el Kahla-Zenina à Djelfa

Située à une centaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya, Zenina a été érigée il y a plus de 15 siècles.
Dans son ouvrage Siècles de steppe : jalons pour l’histoire de Djelfa, le père François Devillaret revient sur la légende entourant la naissance de ce hameau, attribuant son nom originel à une femme issue d’une riche et grande famille. Privée de son époux, elle ne peut se résoudre à un remariage ; aussi, se consacre-t-elle, à son unique enfant, fruit de son union avec son amour perdu.
Devenu un valeureux guerrier, son fils était souvent engagé dans les différentes batailles qui se déroulaient dans la région. Comme toute mère adorant son enfant, Zenina avait peur pour lui. Peur qu’il lui revienne blessé ou, pire, mort. Ses craintes étaient justifiées puisqu’un jour, il est grièvement blessé au cours d’un combat, tandis que ses compagnons de lutte sont pour la plupart décimés. C’est alors que la maman se jette au milieu de l’arène pour supplier les vainqueurs de ne pas achever son fils et de lui laisser la vie sauve. Les larmes de cette maman éplorée trouveront bon écho auprès des adversaires qui accèderont à la requête peu commune de cette mère-courage.
Son fils inanimé sur les épaules, Zenina va se lancer dans un long périple à travers le désert, en quête d’une terre clémente où se poser pour panser les blessures de son fils. Après une marche qui lui semble interminable, elle aperçoit enfin une belle source où elle décide de s’installer. C’est sur une butte rocheuse qu’elle choisit de construire un petit abri pour soigner son fils agonisant qui, malheureusement succombera à ses blessures. Mais Zenina ne demeurera pas longtemps seule puisque d’autres rescapés de la sanglante bataille ainsi que de pauvres autochtones, fuyant une mort certaines, viennent se réfugier dans cet endroit qui semble clément. Peu à peu, un modeste hameau va se créer et, les habitants, pour se prémunir contre les attaques ennemies vont ériger un rempart tout autour de ce qui deviendra le village de la reine Zenina.
Peu après, les Romains arrivent dans la région. C’est alors que l’un des officiers, un dénommé Serdoun, demande la reine Zenina pour épouse qui accepte. Son nom est resté et désigne aujourd’hui la montagne voisine : Djebel Serdoun.
Depuis l’indépendance, la ville de Zenina porte désormais le nom d’El-Idrissia, en hommage au chahid Omar Driss.

Hassina Amrouni

Sources :
https://www.liberte-algerie.com/editorial/si-zenina-metait-contee-1152/p...
http://www.djelfa.org/histoire/zenina_djelfa.htm

 

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