Gravures rupestres de la région de Djelfa
Patrimoine

Par Hassina AMROUNI
Publié le 03 nov 2019
En 1914, des gravures rupestres remontant à l’ère préhistorique étaient découvertes, attestant de la présence de l’Homme dans cette région depuis ces temps immémoriaux.
Gravures rupestres de la région de Djelfa

Selon les chercheurs qui ont fait cette grande découverte, les gravures de la région de Djelfa remontent au néolithique.
Bien évidemment, cette découverte ne fut pas la première du genre dans cette partie du pays puisque la station d’El Idrissia était découverte plusieurs décennies auparavant, plus précisément, en 1850. L’intérêt pour ces gravures et peintures rupestres va s’accroître au fil du temps et on finira par recenser une quarantaine de stations recelant plus de 1162 gravures dans toute la région dont certaines seront plus célèbres que d’autres. C’est le cas notamment de la station de Daïet es Stel.
Outre les visites sur le terrain, les stations de la région de Djelfa, voire de tout le sud oranais susciteront également l’intérêt des archéologues qui publieront des études fort intéressantes qui permettent d’apporter des informations sur la vie à cette période mais aussi de les dater. Ainsi, dans son ouvrage Les Gravures rupestres du Sud-oranais, publié dans les années 1970 dans la série des Mémoires du Centre de recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques (CRAPE) dirigée par Mouloud Mammeri, Henri Lhote explique que ces gravures ne peuvent pas « être séparées archéologiquement de celles du Sud-oranais, car elles présentent à quelques variantes près le même style, les mêmes formules de technique, les mêmes patines, la même faune » (p. 194). Le même chercheur ajoute que ces gravures lui apparaissent comme « des œuvres émigrées, qui sont un démarquage, de qualité toujours inférieure, de celles du Sud-oranais » (p. 193), région constituant pour lui « le centre principal de l’art rupestre des régions présahariennes ».
Dans une autre publication (Les figurations rupestres de la région de Djelfa, Sud Algérois, Lybica (CRAPE, Alger, 1976), Lhote, P. Huard et L. Allard exprimeront leur regret quant à « la méconnaissance de l’importance des rupestres du sud algérois ». Les auteurs de cette contribution scientifique y recensent en les numérotant quarante-trois stations qui sont à quelques exceptions près situées à l’intérieur ou sur les bords d’un triangle formé au nord par la ville de Djelfa, au sud-ouest par le village de Sidi Makhlouf et au sud-est par la ville de Messaad.
Il faut savoir que la découverte de silex taillés et d’éclats « échelonnés à divers niveaux ou au pied de falaises de grès rougeâtre dont la patine peut atteindre le noir, qui longent des djebels ou bordent des oueds » laisse supposer que ces gravures rupestres ont été réalisées à proximité d’habitats. Selon P. Huard et L. Allard, outre le fait qu’elles soient « semblables à celles du Sud-Oranais par les sujets et les techniques », elles ont « en propre un riche contenu culturel que révèlent notamment des buffles antiques porteurs d’attributs céphaliques et le fait que presque tous les ovins sont dotés de sphéroïdes classiques ou des cornages fermés en anneau qui en sont une stylisation postérieure » (p. 67) et d’ajouter que « l’admission dans l’étage le plus ancien du Sud-Oranais des béliers à sphéroïde ne peut guère convenir dans le Sud-Algérois, où leurs figurations les plus achevées sont souvent associées à des hommes au vêtement évolué, tandis que d’autres, liés à des bœufs, sont d’époque clairement pastorale » (p.71).
Les murs des montagnes de la région de Djelfa gravées ou peintes de toutes sortes d’animaux constituant la faune sauvage de l’époque (buffles antiques ou bubales, éléphants, rhinocéros, lions, autruches, antilopes, sangliers) sont autant de représentations de la faune sauvage vivant dans cette région à l’ère préhistorique. Mais il y a également lieu de noter aussi ces figurations humaines retrouvées notamment à Oued el Hesbaïa, El Gour, Theniet bou Mediouna II, Aïn Naga, Daïet es Stel, Oued Remeilia, Safiet bou Khenan, Hadjra Mokhotma sud, Ben Hadid.
Lesdites figures – des chasseurs –, vêtus de peaux de bêtes, portent également des armes (des arcs, des armes longues et courbes, des massues, une hache et un bouclier). P. Huard et L. Allard expliquent encore que « tous les traits culturels des chasseurs sont attestés dans la région de Djelfa, sauf le lasso et la spirale, qui sont en revanche fortement représentés au Tassili dans le secteur d’Oued Djerat » (p. 93).
A noter qu’outre les gravures, trois sites de peintures rupestres ont été découverts du côté de Djebel Doum.
En 1980, deux autres sites ont été mis au jour, le premier au lieu-dit Regoubat Hariz et le second au lieu-dit Dir El Hadj Tayeb. Sur les parois étaient peints un animal cornu, une autruche, des bubales, des béliers et une antilope.
Il faut savoir que le site a été classé patrimoine national en 1979.

Hassina Amrouni

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