La moudjahida
Portrait de l’artiste plasticienne Aïcha Haddad

Par Hassina AMROUNI
Publié le 25 nov 2019
On la surnomme « la moudjahida » et ce titre n’est pas usurpé car l’artiste-plasticienne, grande ambassadrice de la peinture algérienne, a effectivement pris part à la guerre de libération nationale dans sa région natale, Bordj Bou-Arreridj.
Aicha Haddad

Native donc de cette région située entre la Kabylie et les Hauts Plateaux, Aïcha Haddad y voit le jour en 1937.
Alors qu’elle est étudiante infirmière, la guerre d’Algérie qui éclate en novembre 1954 va l’amener à interrompre ses études pour répondre à l’appel de la patrie. La digne fille de la tribu des Hachem de Medjana va dès lors monter au maquis pour apporter son soutien à la cause nationale.
Très active dans les maquis de l’ALN, Aïcha Haddad est d’un apport considérable aux moudjahidine dont elle soigne les nombreux blessés au front. Elle participe en août 1956, au Congrès de la Soummam. Deux ans plus tard, elle est finalement arrêtée par les troupes de l’armée coloniale. Pendant quatre ans, elle connaîtra les affres de l’emprisonnement et les humiliations infligées aux prisonniers algériens, détenus dans les geôles coloniales.
Libérée en 1962, elle s’installe à Alger et décide de changer de trajectoire, en se lançant dans des études de peinture. Inscrite à la Société des Beaux-arts dans la classe du peintre Camille Leroy, elle enseigne les arts plastiques au lycée Omar-Racim d’Alger puis devient inspectrice de l’Education nationale.
En parallèle, elle se lance à corps perdu dans une fascinante carrière artistique, explorant avec talent et génie les arcanes de la peinture. Du cubisme, au symbolisme en passant par le nouveau réalisme, Aïcha Haddad dévoilera à chaque fois un pan de sa personnalité artistique. 
En 1972, elle reçoit sa première distinction pour une œuvre plastique présentée lors d’une exposition collective présentée à l’ex-galerie des Quatre-Colonnes à Alger qui sera suivie par de nombreuses autres. 
Exposant en Algérie et à l’étranger, Aïcha Haddad présentera tout au long de son parcours, une œuvre foisonnante et chamarrée dans laquelle on retrouve ses inspirations du moment qui sont autant de phases déterminantes de son art. 
Parallèlement à sa vie d’artiste, Aicha Haddad est également très engagée sur le front artistique, intégrant à partir de 1973 l’Union nationale des arts plastiques (UNAP) et, en 1975, l’Union générale des peintres arabes (UGPA). A cette époque, également, elle va nouer une belle et longue amitié avec une autre icône de la peinture algérienne, la regrettée Baya Mahieddine.
Emportée par la maladie le 24 février 2005, Aïcha Haddad laisse derrière elle un héritage plastique de grande valeur et une jeune relève qui aspire à atteindre un jour son talent et sa générosité artistique.

Hassina Amrouni

DOSSIER

Les prémices d’une rupture

Aux origines du CRUA

GUERRE DE LIBERATION

Les frères martyrs

Abdelkader Menouar et Mohamed Badaoui

MOUVEMENT NATIONAL
FIGURES HISTORIQUES
GRANDES DATES
UNE VILLE, UNE HISTOIRE

Ath Yenni, Le Mont des orfèvres

Histoire de la ville

CONTRIBUTION

Un parcours patriotique exceptionnel

Moudjahida Kheira Louahla