L’épopée des Combattants de la libération

Par Fateh Adli
Publié le 04 nov 2019
Dès 1955, le PCA opte définitivement pour sa participation à la lutte armée d’indépendance. Il décide ainsi de mettre à contribution sa propre organisation militaire, les « Combattants de la libération (CDL) », tout en gardant son autonomie politique et organique.
Jacques Salort au milieu de ses frères de combat à Alger Républicain
Nour Eddine Rebah
Georges Acampora
Maurice  Laban
Le 7 juin 1956, les dépouilles de l’anticolonialiste et déserteur Henri Maillot et des personnes appartenant à son groupe dont l’instituteur anticolonialiste français Laban, sont placés dans  une camionnette, sous le regard de plusieurs personnes

Une structure a été mise en place dès le 20 juin de la même année, avec comme objectif l’organisation d’opérations militaires. A sa tête se trouvaient déjà Bachir Hadj Ali, Sadek Hadjerès et Jacques Salort. Le groupe qui sera commandé par Abdelkader Guerroudj, était composé aussi d’Abdelhamid Benzine, Fernand Iveton, Georges Acampora, Yahia Briki, Jean Farrugia, André Castel, Nour Eddine Rebah et plus d’une centaine de militants de la seule ville d’Alger.
A Constantine, une structure similaire a été créée par Sadek Hadjerès. Celle-ci sera conduite par Abdelkader Babou, avec comme adjoint Odet Voirin. Puis, d’autres cellules verront le jour successivement à Blida, Oran et Cherchell. Le premier maquis sera constitué au début de 1956 dans l’Ouarsenis.
A partir de cette date, tous les dirigeants du PCA étaient entrés en clandestinité. Recherché, Hadjerès sera condamné par contumace, en mars 1957, par le tribunal militaire d’Alger, à vingt ans de travaux forcés pour « association de malfaiteurs et atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat ».
Avant le début des discussions avec les dirigeants du FLN, Sadek Hadjerès et Bachir Hadj Ali prirent l’initiative, le 4 avril 1956, de mener une opération de détournement d’armes de l’armée française au profit de l’ALN et des CDL. Préparée depuis le mois de janvier, l’opération reposait sur la participation d’Henri Maillot, membre du PCA à Alger, alors rappelé à l’armée et affecté à une compagnie du train, qui, avec le GMC rempli d’armes qu’il était chargé de convoyer, a rejoint l’endroit où l’équipe de militants du PCA/CDL devait l’intercepter. Bachir Hadj Ali et Sadek Hadjerès avaient repéré le lieu indiqué dans la forêt de Baïnem. Hadjerès avait notamment procuré à Maillot le chloroforme destiné à endormir le militaire qui se trouvait avec lui à l’avant du camion.
En plus du commando armé chargé de l’embuscade et du transport des armes, composé de Jean Farrugia, Joseph Grau, Clément Oculi et trois autres hommes, une trentaine de militants étaient mobilisés pour dissimuler les cargaisons d’armes et de munitions (132 mitraillettes, 140 revolvers, 57 fusils, un lot de grenades) dans différents lieux, dont la villa louée par Georges Hadjadj. Le 8 avril, un communiqué du PCA/CDL, a annoncé la réussite de l’opération et qu’Henri Maillot avait rejoint la résistance armée.
Le lendemain matin, le journal colonialiste L’Echo d’Alger, titrait en Une : « Un important chargement d’armes disparait dans la forêt de Baïnem ». Dans les jours qui suivent, le tandem du PCA rencontre une délégation du FLN conduite par Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda, pour organiser la participation des communistes algériens à la lutte armée du FLN/ALN. C’était la première rencontre « officielle » entre les directions des deux entités politiques. Lors de cette rencontre, il a été convenu qu’une partie des armes saisies sera remise au FLN. Le reste est réparti entre les CDL, un lot important étant acheminé vers l’Ouarsenis. Cette opération sensible fut confiée à des militants et militantes aguerris tels que Marie-Lise Benhaïm et Tayeb Boura.
Dès mars 1956, en effet, avait commencé à se constituer le maquis des CDL dans la vallée du Chlef, dans l’Ouarsenis. Les habitants appelaient les membres de ce groupe révolutionnaire « les communistes FLN ». Le 22 mai, Henri Maillot, condamné à mort par contumace, a rejoint le maquis des CDL dans l’Ouarsenis, tout comme Maurice Laban.
Le 4 juin, les maquisards communistes entreprennent leur première action armée. Il s’agit de l’exécution de quatre collaborateurs de l’armée française. Mais, le 5 juin, plusieurs membres des CLD tombent, dans une embuscade, les armes à la main. Ainsi, les premiers martyrs communistes s’appelaient Maurice Laban, Belkacem Hannoun et Djillali Moussaoui, ils sont tombés les armes à la main ; Henri Maillot et Abdelkader Zelmat sont faits prisonniers puis froidement assassinés. Plusieurs dizaines de survivants de ce maquis des CDL de l’Ouarsenis, dont Mohamed (Abdelhamid) Gherab, parviendront à échapper à l’armée française et rejoindront l’ALN.
Les CDL étendent ensuite leur action à Alger, où ils réalisent plusieurs coups d’éclat. Cependant, toutes ces prouesses ne suffisent pas pour approfondir la communion avec le FLN. Celui-ci exigeait la dissolution du PCA, ce que les communistes refusaient avec pugnacité. Mais vite une solution est trouvée. Le CDL d’Alger, dirigé par Abdelkader Guerroudj, est placé dans l’organigramme de la Zone autonome d’Alger sous la responsabilité de Yacef Saadi, et n’a de ce fait plus aucun lien organique avec le PCA.
C’est ainsi que plusieurs actions sont exécutées par des groupes du CDL d’Alger, parmi lesquelles on peut citer notamment l’incendie spectaculaire en 1956 des Bouchonneries internationales de liège à Hussein-Dey ainsi que le sabotage de wagons sur le port d’Alger. Il y a eu aussi un attentat, en juillet, contre le général Massu. L’opération a échoué car l’arme, provenant du stock de l’opération Maillot, s’était enrayée. Le chef du groupe, Briki, sera arrêté en décembre et condamné à mort. Aussi, le 14 novembre 1956, un groupe CDL d’Alger, conduit par le militant du PCA Fernand Iveton, dépose une bombe dans l’usine de gaz du Hamma où il travaille, réglée pour exploser à une heure où elle ne pourrait pas faire de victimes. Mais la bombe sera désamorcée. Iveton est arrêté et torturé. Jugé devant le tribunal militaire d’Alger, il est condamné à mort le 24 novembre et guillotiné le 11 février 1957 dans la prison de Barberousse.
Adel Fathi

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