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Par Fateh Adli, nov 2019.

Les prémices d’une rupture

Aux origines du CRUA

Dès le début de la crise du PPA/MTLD, qui remonte à 1947, et alors que la fracture avec les militants dits radicaux de l’OS était consommée, un groupe de membres du comité central du parti ne tarda pas à afficher son désaccord avec l’autoritarisme et le paternalisme inhibiteurs de Messali Hadj, tout en gardant la même distance avec les « activistes » (Boudiaf, Aït Ahmed, Ben Bella, Ben M’hidi…) qui tentaient vaille que vaille d’imposer l’option de la lutte armée à la direction politique du parti. Ce sont les « centralistes ».

Au congrès d’avril 1953, alors que Benyoucef Benkhedda, figure emblématique de ce courant, était élu secrétaire général, la confrontation avec les membres de l’OS devenait inévitable. Devant le risque d’implosion du parti qui risquait d’être fatale au mouvement national dans sa globalité, les militants « activistes » décidèrent de transcender tous les clivages et prirent l’initiative de créer le Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA), qui donnera naissance, quelques mois plus tard, au Front de libération nationale.
La crise de confiance au sein du parti nationaliste avait pris une telle ampleur qu’aucune réconciliation n’était possible. Mais ce qui viendra l’accélérer ce sont les premières actions armées directes qui commençaient en Tunisie et au Maroc. Ces soulèvements maghrébins secouèrent les Algériens et les rendaient plus impatients et plus critiques vis-à-vis des dirigeants nationalistes.
Cela s’est passé le 23 mars 1954. Le Front de libération nationale, lui, sera proclamé officiellement le 10 octobre de la même année. Mais il fallait attendre le 24 octobre, pour que les «six» chefs historiques décident de mettre au point, lors d’une ultime réunion, leur plan et de passer en revue les derniers préparatifs de l’insurrection dont les premières attaques étaient programmées dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre.
Mais que s’est-il passé entre mars et octobre 1954 ? Les réunions des « six » chefs historiques s’élargissaient jusqu’à recueillir 22 membres. Lors d’une réunion décisive tenue le 25 juillet, à Clos-Salembier (actuellement Madania) sur les hauteurs d’Alger, les «22 » votent une motion historique condamnant nettement la scission du parti et ses auteurs, et proclamant la volonté de sauver le mouvement révolutionnaire de la débâcle. Elle décidait le déclenchement de l’insurrection armée, seul moyen pour dépasser les luttes intestines et libérer le pays.
Les « 22 » chargent le responsable national qui sortira du vote de mettre sur pied une direction qui aura pour tache d’appliquer les décisions de la motion. Pour désigner un responsable national, un vote secret est organisé. Le président de séance, Mostefa Ben Boulaid qui jouit de la confiance de tous, est chargé du dépouillement et de la proclamation des résultats. Le premier tour ne donne pas de majorité. Après le second tour, le chef des Aurès fait une déclaration énigmatique : « Le résultat est acquis », sans annoncer aucun nom. Sur ce, la réunion des « 22 » prend fin après un échange de rendez-vous et de points de rencontre entre les participants qui devaient coordonner sur le terrain.
Ben Boulaid préférera communiquer le résultat du vote exclusivement à l’heureux élu, à savoir Mohamed Boudiaf. Dès le lendemain, ce dernier fait appel à Ben Boulaid, Didouche, Ben M’hidi, et Bitat, qui ont participé à tout le travail préparatoire pour constituer le comité chargé de mettre en application la résolution des 22, appelé « Comité des Cinq ».
En août de la même année, le groupe est rejoint par Krim Belkacem et Amar Ouamrane venus s’informer de ce qui a été décidé à Clos-Salembier.
Il ne reste plus qu’à fixer la date du déclenchement de la lutte armée. Dans un premier temps, les chefs retiennent la date du 15 octobre. La délégation extérieure en est avertie. Mais, il y eut fuite. Des centralistes comme M’hammed Yazid et Hocine Lahouel découvrent le pot aux roses et entament un travail de sape, accusant les radicaux de mener une aventure suicidaire. Ce travail a comme effet de faire reculer certains militants initialement engagés pour l’action armée.
Les centralistes obligent les radicaux dits aussi « les neutralistes » à composer avec eux pour entamer des discussions avec la délégation extérieure installée au Caire, en vue de trouver un consensus sur la démarche à suivre. Mais le déplacement en Egypte de deux lieutenants de Messali Hadj, Ahmed Mezeghena et Filali Abdallah, amène vite le comité des « Six » à reporter la date au 1er novembre, sans en informer aucune partie. Cette fois-ci le secret fut bien gardé, et les premières actions furent exécutées comme prévu et à la date fixée à travers plusieurs points du territoire national.
Adel Fathi

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Classé tantôt « centraliste », tantôt « messaliste », Krim Belkacem finit par rompre définitivement avec la direction du parti, incarnée par Messali Hadj, dès août 1954, mais n’osait pas encore faire le pas pour rejo

Hocine Lahoual

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Le 5 juillet 1954, Le Patriote publie une édition spéciale, commémorant le triste anniversaire de la prise d’Alger par l’occupant français.

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