Un riche patrimoine à valoriser
Aflou

Par Hassina AMROUNI
Publié le 21 mai 2018
Outre ses célèbres stations de gravures rupestres, Aflou est également connue pour son tapis et son burnous, symboles d’un riche savoir-faire.
 Tapis d’Aflou (Djebel Amour)

A l’instar de ses voisines El Bayadh, Laghouat, Ain Sefra ou Tiaret, Aflou possède, elle aussi, des sites de gravures rupestres remontant au néolithique.
En effet, située au long de l’Atlas saharien, ces stations font suite, à l’ouest, à celles des régions de Figuig, d’Ain Sefra et d’El Bayadh et précèdent, à l’est, celle de la région de Tiaret.
Dès 1863, ces gravures ont suscité l’intérêt de chercheurs français parmi lesquels Pome, Gsell, L. Joleaud, R. Vaufrey, L. Frobenius…
Multipliant les séjours dans la région, ils ont consigné leurs observations dans des ouvrages dont on peut citer : Les gravures rupestres du Sud-oranais dans la série des Mémoires du Centre de recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques (CRAPE) dirigée à Alger par Mouloud Mammeri (Arts et Métiers graphiques, Paris, 210 pages et reproductions photographiques).
Des travaux complétés par Malika Hachid qui, depuis 1979, se consacre inlassablement à des observations et études sur le terrain.
Parmi les stations rupestres les plus connues dans la région d’Aflou, figurent El Hamra, Fedjet El Kheil, El Kharrouba, Djebel Taggout, Kef Raaïlle, Aïn Sefsafa, El Harhara, Kef Mektouba ou encore El Ghicha. 

 

Musée à ciel ouvert

 

Découverte en 1897, El Khotara renferme plusieurs gravures (deux petits rhinocéros, trois mammifères indéterminés et une autruche), quant El Hamra, découverte la même année, elle est connue pour ses figures représentant une ânesse et ses ânons ou un combat de buffles. On y retrouve également des gravures représentant deux grands éléphants, un rhinocéros, un bœuf et des canidés mais de qualité moindre.
Situé à une dizaine de kilomètres d’El Ghicha, Aïn Sefsafa est, sans doute, l’un des sites les plus importants de la région. La géologue et spécialiste de préhistoire africaine, Ginette Aumassip, qualifiera la gravure découverte en 1898 par le capitaine Maumene de « chef-d’œuvre de l’art naturaliste monumental ». Représentant un éléphant protégeant son éléphanteau guetté par une panthère, cette gravure, connue de par le monde, a été choisie en 1986 par l’Unicef comme symbole mondial de la protection de l’enfance.

Tapis d’Aflou (Djebel Amour)

Symbole d’une longue et riche tradition artisanale et d’un savoir-faire séculaire, le tapis d’Aflou ou Djebel Amour fait aussi partie du patrimoine dont s’enorgueillissent les habitants de la région d’Aflou.
Il se distingue de ceux des autres régions d’abord par ses couleurs – rouge et noir –, obtenues à partir de teintes naturelles, ensuite par ses motifs ou formes géométriques connus sous les noms de regmet el kheznadji, el khentachia, el louchi…
Selon les chercheurs, certains motifs d’influence ottomane seraient attribués à une femme turque qui aurait œuvré à la promotion du tapis de cette région d’Algérie.
Il faut savoir que ce dernier a acquis depuis les années 1970, une notoriété internationale qui lui ont valu de nombreuses distinctions à Paris, Berlin, Moscou ou Washington, distinctions récompensant un savoir-faire et une dextérité séculaires.
Cependant, malgré cette reconnaissance, le tapis d’Aflou ou de Djebel Amour ainsi que ceux d’autres régions d’Algérie comme celui d’Ath Hichem, de Babar ou des Nememcha pour ne citer que ceux-là, ont toujours préservé leur côté artisanal, ne cédant pas au vent de modernité.

Hassina Amrouni

Sources :
*Plusieurs articles de la presse nationale quotidienne

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