L’écrivaine qui venait d’Aflou
Leila Sebbar

Par Hassina AMROUNI
Publié le 20 mai 2018
Grande romancière franco-algérienne, connue pour ses romans et essais consacrés à ses racines algériennes, Leila Sebbar a vu le jour à Aflou le 19 novembre 1941, d’un père algérien et d’une mère française, tous deux instituteurs.
Leila Sebbar
Leila Sebbar

Après s’être rencontrés à Bordeaux, lors d’un voyage d’études effectué par son père, alors jeune normalien, les deux jeunes instituteurs se retrouvent à Aflou. C’est là que la petite Leila naît en 1941. En 1957, son père est arrêté par l’armée française et incarcéré pendant plusieurs mois à la prison d’Orléansville (aujourd’hui Chlef). Leila est mise en pension à Blida, avant que ses parents s’installent, à partir de 1960 à Clos-Salembier.
Après une année en classe préparatoire (hypokhâgne) au lycée Bugeaud d’Alger entre 1959 et 1960, Leila part en 1961 en France. Inscrite à l’université d’Aix-en-Provence, pour des études supérieure de lettres, elle poursuit ensuite son troisième cycle à la Sorbonne où elle soutient une thèse autour du thème du « Mythe du bon nègre dans la littérature française coloniale du XVIIIe siècle ».
Professeur de lettres à Paris, Leila Sebbar se consacre en parallèle à l’écriture. Essais, carnets de voyage, romans, nouvelles, critiques littéraires, elle produit inlassablement des textes de haute facture intellectuelle et littéraire qui la placent au diapason des grands auteurs du XXe siècle.
Dans une œuvre centrée sur l’exil, Leila Sebbar tente de renouer avec ses racines algériennes. Une enfance algérienne, Une enfance Outremer, Les Algériens au café, Femmes d’Afrique du nord…, sont autant de titres où l’auteure explore son pays d’origine ou le pays de ses origines. Dans Je ne parle pas la langue de mon père, elle part en quête de cette figure paternelle qu’elle désigne comme « l’étranger bien-aimé » et dit, en substance : « Mon père, l’Algérien, le maître d’école, ne m’a pas appris la langue de son peuple. Il ne m’a pas parlé la langue de sa terre, de sa mère. Il s’est tenu loin dans le silence. De son roman familial algérien, je n’ai rien su. Mon père est mort. Après toutes ces années d’exil, d’histoires racontées, écrites pour découvrir, comprendre ce qui n’a pas été dit, c’est par les femmes et les hommes de son peuple, qui parlaient sa langue, que je tente d’approcher mon père, l’étranger bien-aimé. Un travail de mémoire qui s’est imposé à moi, vital ».
Leila Sebbar qui vit toujours à Paris, continue ses pérégrinations littéraires. Ses derniers titres, parus en 2017, ont pour titres L’homme qui pleure, l’Orient est rouge, La petite fille à la mer, Celle qui voulait ressembler à Boucle d’or, Sur une pierre du Vieux Ténès, La broche d’Aflou. Souvenir…

Hassina Amrouni

Sources :
http://clicnet.swarthmore.edu/leila_sebbar/biographie.html

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