Aflou se souvient d’El Khoteifa et Chouabir
Guerre d’Algérie

Par Hassina AMROUNI
Publié le 20 mai 2018
Durant la révolution, les moudjahidine se sont à moult reprises distingués par leur courage et leurs exploits tactico-militaires, lors d’opérations d’envergure contre l’ennemi colonial.
Moulay Brahim Abdelwahab dit Tergui
Moulay Brahim Abdelwahab dit Tergui
Groupe de Moudjahidine de la région d’Aflou

A Aflou, à l’instar d’autres régions du pays, les habitants avant la période de la guerre d’Algérie se souviennent plus particulièrement de l’embuscade d’El Khoteifa et qui se solda par de nombreuses pertes humaines côté français. Retour sur un fait héroïque.
C’était le 2 octobre 1956. Après l’étau imposé par les forces coloniales autour de la région d’Aflou, plus particulièrement autour de la prison où étaient détenus quelque 400 prisonniers politiques algériens, un plan de sauvetage est envisagé afin de libérer les prisonniers. Pour cela, trois katibate (sections) vont entrer en action, placées sous les commandements de Lahcène Boucherit, Abdelwaheb Moulay et Mohamed Lamari. C’est ce dernier qui, avec ses hommes, est chargé de sécuriser discrètement la route reliant El Bayadh à Aflou.
Témoin vivant et acteur de cet épisode glorieux de notre vaillante ALN, le moudjahid Bachir Nouri, ancien déserteur de l’armée française, ayant rejoint l’ALN à Bayadh en 1955, raconte qu’ « une katiba d’une soixantaine de combattants, conduite par Si Mohamed Lamari qui effectuait une halte aux premières heures du matin du 2 octobre 1956 pour s’assurer de leurs armes et prendre un peu de repos avant de continuer sa route vers son objectif qui consistait en la sécurisation de la route menant vers Aflou, a soudainement repéré un convoi des forces coloniales, composé de 135 camions, de passage non loin du positionnement de la katiba ».
Les militaires français effectuaient sur leur passage un ratissage musclé auprès des populations autochtones, brutalisant femmes et enfants et embarquant des jeunes. Les hommes de la katiba qui étaient embusqués, observaient de loin ce qui se passait en contre-bas avant de se décider à changer de tactique et à lancer une attaque contre le convoi militaire.
Poursuivant son récit, le moudjahid Si Bachir Nouri expliquera que le groupe s’est d’abord scindé en deux. « La katiba guidée par le moudjahid Lamari a décidé, après avoir tracé une tactique intelligente, de lancer son assaut. Une partie du convoi, devancée par la Jeep du capitaine, a quitté les lieux, et le reste resté stationné a été pris sous les feux nourris des moudjahidine, gonflés à bloc par ce qu’ils ont vu comme scènes d’exaction et d’humiliation et d’intimidation pratiquées par ces forces coloniales contre des populations sans défense ».
Cet accrochage s’est soldé par la mort de 39 soldats français et l’arrestation de 5 autres, ainsi que d’importants dégâts matériels, dont quatre camions blindés incendiés, et la récupération d’un important lot d’armes et de munitions, dont 35 pièces d’armements et trois appareils de transmission. Du côté de l’ALN, un homme tombera ce jour, les armes à la main, en l’occurrence le chahid Cherif Megherbi. Quant à Mohamed Guendouzi, de la région de Taouiala, il sera libéré des mains des forces coloniales, tandis que le moudjahid Ahmed Malki sera blessé lors des affrontements.
Le lendemain, les forces coloniales reviennent sur les lieux de leur cuisante défaite, résolus à laver leur affront de la veille. Mal leur en prit car selon des documents historiques, une grande bataille, connue sous le nom de la bataille de Chouabir se déroula le 3 octobre 1956 sur le flanc Nord-ouest des monts d’El-Gâada, sur l’axe reliant Aflou à El Ghicha, au cours de
laquelle 1.300 soldats français seront tués, près de 500 autres seront blessés, et d’importants dégâts matériels seront occasionnés aux forces ennemies. Du côté algérien, 25 chouhada, dont 11 civils tomberont ce jour sur l’autel de la liberté.


Hassina Amrouni


Sources :
www.aps.dz
*Articles de presse

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