Le courage des Moudjahidine pour seule arme
La bataille de Chenachnia

Par La Rédaction
Publié le 28 mai 2018
Durant la guerre de libération, le mont Bougaoudan, aujourd’hui dépendant de la commune de Dechmaya dans la circonscription de Sour El Ghozlane, a été le théâtre de plusieurs rudes batailles et accrochages durant lesquels les combattants de la liberté se sont héroïquement comportés. Entre autres batailles, celle du douar Chenachnia, du mois d’octobre 1961, a vu un groupe de maquisards donner une leçon de bravoure et de courage aux soldats français appuyés en la circonstance par l’artillerie lourde et les redoutables avions bombardiers.
A gauche : Mansouri Mogafi dit Si Kouider
Moudjahidine du secteur 2, de la zone 5, de la wilaya 4
Moudjahidine du secteur 2, de la zone 4, de la wilaya 4
Moudjahidine du secteur 2, de la zone 4, de la wilaya 4
Le mont Bougaouden

Ce djebel, fief de l’ALN, est considéré à juste titre d’ailleurs comme un véritable coupe-gorge pour les forces coloniales qui ne s’y aventurent que quand la situation l’exige. Il est également l’un des PC du secteur 2, de la zone 5 de la Wilaya IV historique où se réfugiaient les moudjahidine et où se tenaient les réunions entre les chefs de l’ALN. L’emplacement stratégique de ce douar, limité au nord-ouest par le djebel Bougaouden, à l’est par le djebel Dira et enfin par le djebel Naoufel au sud, a permis à l’ALN de s’y implanter durablement tout en harcelant les forces ennemies avant de se replier dans l’une des maisons qui lui servaient de refuge et où les moudjahidine ont installé des machines à écrire et toute la logistique qui leur est utile. Cette demeure où ont été construites deux portes de sortie, utiles pour tromper l’ennemi, voire faire diversion et le cas échéant battre en retraite, allait être le théâtre d’un rude accrochage, quand au mois d’octobre 1961, et suite à une délation, les maquisards, Kouider Mansouri, chef du secteur 2 de la zone 4, Hadj Larbi Boumediene, Aissa Bouguerra et Ali Haroun, allaient livrer bataille à un contingent de soldats français, appuyés comme d’habitude, par l’artillerie lourde et les tanks. Le combat était inégal quand on sait que pour toutes armes, les moudjahidine disposaient de quelques fusils Garands, des Statti, des Mat et une petite quantité de grenades. Des caches et des casemates ont également été construites dans la maison en question par un militant de la cause régulièrement en contact avec les moudjahidine. Ce même militant, arrêté par les forces coloniales et soumis à la torture et aux pires sévices, a fini par lâcher le morceau. La maison est alors encerclée par un impressionnant dispositif de soldats dépêchés sur les lieux. A bout de force, le militant arrêté a eu quand même le courage de taire l’emplacement des caches et des casemates. Il a résisté à toutes les formes de torture autant que le propriétaire de la maison et sa femme, tous deux soumis à leur tour aux atrocités des supplices et à toutes les formes de torture. Pendant ce temps, les combattants de l’ALN se terraient dans leur cache tout en ayant l’oreille tendue sur tout ce qui se déroulait dehors. Lassés par la ténacité des suppliciés, les soldats français ont alors commencé à creuser dans la cour de la maison et dans ses alentours dans l’espoir de découvrir la casemate où se tapissaient les maquisards. « A 16 heures, un soldat ennemi a fini par trouver la porte de la cache et a bien évidemment donné l’alerte. C’est alors que les djounoud ont utilisé la deuxième porte, une issue salutaire non sans avoir au préalable fait diversion en jetant des grenades sur l’ennemi, surpris pat tant d’audace et de courage devant la mort », raconte un moudjahid acteur de cette bataille. Si Larbi Boumediene était le premier à sortir de la cache pour couvrir ses compagnons et ainsi leur permettre de quitter la cache. Kouider Mansouri, Aissa Bouguerra, Ali Haroun et le reste des moudjahidine ouvrirent le feu à leur tour et emboîtèrent le pas à si Larbi, le rejoignant dans une maison avoisinante. S’ensuit alors un véritable combat où des soldats français sont tués et plusieurs autres blessés. « L’ennemi voulait capturer les djounoud pour leur soutirer des renseignements. Un harki a vainement appelé ces combattants à déposer les armes et à se rendre et comme toute réponse, l’ennemi essuyait des tirs nourris, synonymes de leur volonté de mourir pour l’indépendance de l’Algérie », enchaîne cet acteur. Le combat a duré presque toute la journée et de peur d’être à cours de munitions, ces éléments de l’ALN, à l’expérience du terrain avérée, prennent la décision de quitter subrepticement les lieux. « Il fallait procéder par la ruse. En quelque sorte faire diversion pour tromper l’ennemi. Un djoundi a pris son courage entre les mains pour tirer sur tout ce qui bouge. Ce qui nous a permis de prendre le chemin qui mène au djebel Bougaouden », relate encore le moudjahid en question qui arbore une grande fierté lorsqu’il se remémore cette bataille durant laquelle si Aissa a été blessé. Un autre moudjahid a été lui aussi grièvement blessé alors que dans le camp adverse plusieurs soldats sont tués et des dizaines d’autres blessés. Cette bataille qui compte parmi tant d’autres dans la région de Sour El Ghozlane a montré tout le courage des moudjahidine qui, face à la redoutable machine de guerre ennemie, opposaient un tout aussi redoutable courage.

La Rédaction

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