Une ville aux richesses séculaires
Collo et son patrimoine

Par Hassina AMROUNI
Publié le 18 mai 2017
Ville qui a vu défiler les civilisations, Collo en a préservé des traces, ce qui a ajouté à sa superbe. Bien qu’elle ait connu des calamités (invasions, incendies, séismes), Collo a su renaître de ses cendres. Aujourd’hui, de ce qui reste de ce passé, certains sites méritent le détour de tout visiteur de passage dans la région, à commencer par les quatre villages : Bir El Kaïd, El Azouline, Bir Touil et la presqu’île El Djarda qui, au Moyen Age, représentaient l’essentiel de la ville de Collo.
Eglise saint André
Le mausolée de Sid Achour
Le mausolée de Sid Achour
La ville de Collo

Mosquée Djamaâ El Kebir

Donnant sur la mer, la mosquée Djamaâ El Kebir date de l’époque ottomane. C’est le bey de Constantine, en l’occurrence Ahmed Ben Ali qui en ordonne la construction en 1756 alors qu’il était encore janissaire dans la ville. Celui que l’on surnommait El Kolli estimait que son passage dans cette ville lui avait apporté la baraka et ouvert la voie au beylicat, d’où la construction de cette mosquée en signe de reconnaissance. Djamaâ El Kébir fait, aujourd’hui, partie des vestiges historiques-phares de la ville. La mosquée a été édifiée sur le site d’une ancienne nécropole, d’ailleurs, quelques pierres ayant servi à sa construction ont une origine romaine ou punique. Doté d’une salle de prière de 300 m2 pouvant accueillir jusqu’à 800 fidèles, Djamaâ El Kébir est orné de 30 colonnes antiques en marbre blanc et de jarres d’origine romaine, servant aux ablutions.

L’église Saint André

A quelques mètres de là, au centre-ville de Collo, se trouve un autre édifice cultuel : l’église Saint André. Bâtie en 1887, sous la colonisation française, pour accueillir les colons de confession chrétienne, cette église a été définitivement fermée au début des années 1980, suite au décès des derniers fidèles. Elle a, depuis, changé de vocation, faisant désormais, office de centre culturel, dans l’attente de son classement en tant que monument historique. 

Le phare de Bougaroun

Construit en 1869, sur un promontoire, le phare de Bougaroun ou le Cap aux cornes auquel on accède en empruntant une piste, est une tour de forme octogonale d’une hauteur de 15 mètres, culminant à 95 mètres du niveau de la mer. Sa lanterne jaune dotée d’un feu fixe, émettant deux flashes toutes les dix secondes est d’une portée de 26 miles marins soit environ 54 km.

Le mausolée de Sid Achour

Saint patron de la ville, vénéré par tous les Colliotes, surtout par la tribu des Achache, le mausolée de Sidi Achour domine la ville du haut de la crête où il a été érigé. Remontant à 1720 – ou 1750, selon d’autres sources –, cette bâtisse a, par le passé, été au cœur des pourparlers entre les deux tribus des Achache et des Beni Ishak, longtemps en conflit et qui se sont soldées par un traité de paix. Le saint patron Achour Ben Mohamed Tlemçani, qui repose dans ce mausolée, n’était pas originaire de la ville. Il serait venu de Tlemcen pour y donner des prêches aux fidèles de la région et leur enseigner le Saint Coran avant de s’installer définitivement à Collo, sans doute charmé par la beauté de la région et la bonté de ses habitants.

La zerda des Beni Achache

Jusqu’au début des années 1990, la tribu des Achache organisait chaque année une zerda afin d’implorer la bénédiction de Sidi Achour pour réunir tous les enfants de la tribu où qu’ils soient. Durant la décennie noire, cette tradition a été abandonnée et le mausolée vandalisé au grand dam des habitants qui, à travers les générations, ont toujours veillé à le protéger. Sa restauration et sa classification sur la liste du patrimoine historique national restent urgentes.
Collo, c’est aussi, le site naturel de Dombo, la baie des jeunes filles, le centre de torture Ettabana et d’autres lieux encore à voir et à valoriser pour préserver la mémoire séculaire et la transmettre intacte aux générations futures.

Hassina Amrouni

Sources :
http://colliotte.free.fr/
http://www.jameltourisme.com/

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