Personnalités Colliotes

Par Hassina AMROUNI
Publié le 18 mai 2017
Cette liste est ouverte à toutes suggestions. Voici des colliotes de naissance ou de coeur à qui j’ai tenu à rendre hommage... D’autres suivront, au fur et à mesure de vos propositions. Mourad Chetti. 2004.
Abderrezak Bouhara
Mouloud BELAOUANE
Djamel eddine Khène
Djamel eddine Khène
Nabil Farès
Abderahmane dit Lamine Khene
Boulsane Mohamed
Abdelhak Kouicem

Ahmed Bey El Kolli (1756 - 1771)

Originaire de Roumélie, donc slave d’origine, il servit durant une grande partie de sa carrière militaire à El Koll, où il devint agha nouba en fin de carrière (ce fut pour cette raison qu’on le surnomma El Kolli).
Lorsqu’il était encore un jeune gradé et qu’il faisait souvent la liaison entre Qacentina et El Koll, il marquait toujours une halte à Redjas, près de Mila pour faire reposer son escorte, se restaurer et donner quelques soins à ses montures.
On raconte que lors d’une sortie en mer, le vent se leva brusquement et renversa sa barque. Nageant difficilement dans la tempête, il fit le serment à Dieu de construire une mosquée s’il sortait indemne de ce périple. Arrivé sur le rivage, épuisé et presque mort, il fut sauvé par des Colliotes qui le ramenèrent jusqu’à la garnison turque où il reçut des soins. Nommé Bey de Constantine, il tint sa promesse et entreprit la construction de l’actuelle mosquée Djemâa el Kebir, sur l’emplacement et avec les pierres d’un temple Romain en ruine, dédié à Neptune.

Abderrezak Bouhara

Né en 1934 à Collo. Il fait des études au collège moderne et interrompt sa classe de terminale section-Math/ élém du lycée d’Aumale à Constantine pour rejoindre l’Armée de libération nationale. De 1955 à 1977, il fait sa carrière dans l’armée comme officier de l’ALN puis à l’indépendance au sein de l’ANP où il poursuit sa formation à l’Ecole militaire de Homs en Syrie, il en sortira Major de promotion. Il obtient une licence en sciences militaires de l’Académie de guerre du Caire et sera désigné comme premier officier de l’ANP en stage à l’Ecole d’état-major de Paris.
Successivement il est     aide de camp du président Ben Bella en 1962,  chef d’état-major de la 3e Région militaire à Béchar en 1964, attaché militaire aux ambassades de Paris (65) et de Moscou (68) entrecoupant cette période par le commandement de la brigade algérienne en mission sur le Canal de Suez lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Il occupe ensuite le poste d’ambassadeur à Hanoi pendant les bombardements américains sur cette ville et devient wali d’Alger en 1975. En 1977, il met fin à sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-colonel. Il sera ministre de la Santé en 1979 et occupera divers postes de dirigeant au sein du Parti du FLN jusqu’au 7e congrès.
Sénateur et membre du Conseil de la nation depuis janvier 2004, il est l’auteur d’un livre autobiographique Les viviers de la Libération paru aux éditions Casbah en 2001. Il décède le 13 février 2013 à Alger.

Le Docteur Mouloud BELAOUANE

Le docteur Mouloud Belaouane est né le 26 juillet 1928 à Collo (Algérie) et décédé le 1er avril 2009 à l’âge de 80 ans. Il a été inhumé à Tolga (Algérie) le 5 avril 2009 selon ses propres vœux. Connu pour sa piété, sa sagesse et sa culture multidimensionnelle, il aime son pays par dessus tout. Il est issu des rangs de l’ALN mais sa conscience politique est née dès 1945 avec  les émeutes de Sétif alors qu’il n’a que 17 ans.
Etudiant en médecine en France en 1952, membre fondateur puis Président de l’Ugema, il déclenche la grève des étudiants algériens en mai 1956 avant de rejoindre le maquis au Maroc au sein de l’état-major de l’ALN en 1957. Député et vice-président de la première Assemblée constituante en 1962, il devient ministre de l’Information de 1963 à 1965, puis Président de la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN)  de 1965 à 1967. Elu Président du Croissant-Rouge algérien en 1967 (également Président du Club de football le Mouloudia d’Alger à cette même époque), il devient membre de la Ligue internationale de la Croix et du Croissant-Rouge, et exerce ses hautes fonctions caritatives jusqu’en 1994, date à laquelle il part à la retraite.
Figure de la guerre d’indépendance de l’Algérie et de l’édification institutionnelle et politique de son pays, il fut un acteur de premier plan pendant cette période historique unique, contribuant activement à la libération de son peuple. Sa vie fut également tournée vers la spiritualité, il fut profondément attaché à la prestigieuse zaouïa de Tolga près de Biskra où il repose désormais en paix.  

Anna GREKI

De son vrai nom, Colette Anna Grégoire, épouse Melki. Née le 14 mars 1931 à Batna, elle passe une partie de son enfance à Collo, où ses parents sont instituteurs à l’école d’indigène. Plus tard, elle se solidarise avec la lutte de libération nationale et devient militante du FLN. Arrêtée en 1957 par les paras de Massu elle est enfermée à Barberousse, prison civile d’Alger, puis expulsée d’Algérie.
Son recueil le plus connu fut publié en 1963 sous le titre « Algérie capitale Alger ». Un autre recueil fut publié à titre posthume. Il s’agit de Temps forts, sorti chez Présence Africaine en 1966. Elle a également publié d’autres textes poétiques dans Révolution Africaine (hebdomadaire créé à Alger en 1963 par le FLN) en 1966 et dans d’autres revues. Ayant repris parallèlement ses études, elle occupe un poste de professeur de littérature française au lycée Emir Abdelkader après avoir achevé sa licence en 1965.
Anna Greki est l’une des premières femmes et, surtout, l’une des premières poétesses algériennes à avoir pris la parole. En même temps que son engagement militant et volontariste, l’histoire de la poétesse est tracée dans une chronique morcelée de son enfance et de sa vie dans le massif aurésien. L’attachement profond à la terre natale est plusieurs fois chanté, notamment dans un poème intitulé Manâa. Elle décède le 6 janvier 1966 à la suite d’une hémorragie.

Djamel eddine Khène

Né en 1944 à Collo. Président-directeur général de la Sonatrach de mai 2003 à juillet 2003. Titulaire d’un Bachelor en engineering et d’un diplôme post-universitaire en control systems, obtenu à l’université de Sheffield en Angleterre, il est entré à la SonatracH en 1971 et y a occupé plusieurs postes avant que sa carrière ne soit interrompue par son décès, survenu le 7 juillet 2003. Avant d’être nommé aux commandes de la Sonatrach, Il a été rétrospectivement vice-président en charge de l’activité exploration/production en janvier 2001, vice-président d’une filiale en 2000, P-DG du holding Sonatrch Engeneering et Construction en 1997.
En 1996, il a été nommé conseiller auprès du DG de la Sonatrch, et entre 1990 et 1995 il a été directeur de Mariconsult, une filiale Sonatrach/ENI à Milan, chargée de l’exploitation du gazoduc sous-marin reliant l’Algérie à l’Italie.

HIOUN Mohamed Salah

Né en 1936 à Collo, s’intéresse dès son jeune âge à l’art. Séduit par la technique de la gravure, il fréquente, entre 1952 et 1955, l’ancienne Ecole  des beaux-arts d’Alger, où il découvre, parmi d’autres artistes, Mohamed Issiakhem.
En 1955, contraint par les événements de la guerre de Libération, il part en France. Il s’installe à Limoges et, plus tard, il rejoint Paris où il travaille dans une agence de publicité et de décoration.
Après l’Indépendance, il s’inscrit à l’Ecole des beaux-arts d’Alger et travaille en même temps au laboratoire de photo et de gravure de la Banque centrale d’Algérie. Sa première exposition a eu lieu en 1964.
A partir de 1965, il se consacre entièrement à la peinture et, comme de nombreux peintres de sa génération, il est attiré tantôt par le figuratif, tantôt par le non-figuratif.
En 1988, il dirige l’atelier de gravure créé par l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG).
En tant que peintre expressionniste, sa passion a souvent porté sur le visage et tout particulièrement sur le regard, qui exprime les tourments de l’homme.
Comme les peintres qui lui ont servi de modèle, Issiakhem ou Mesli, Hioun considère la peinture comme l’expression d’une extase. Les couleurs sont marbrées, lézardées, comme la flamme qui tait son rougeoiement.
Lien vers la galerie de l’artiste : http://www.rivarts.com/galerie/salah00.htm

Nabil Farès

Fils de Abderrahmane Farès, Président de l’exécutif provisoire algérien, il est né en 1940 à Collo où son père exerçait comme premier notaire autochtone en Algérie.
Il participe aux grèves lycéennes de 1956, rejoint le FLN puis l’ALN. Nabil Farès vit à Paris depuis 1964 où il obtient une maîtrise de philosophie en 1967. Il est docteur 3° cycle en ethnologie. En 1981, il enseigne à Aix-en-Provence et active au sein du CIMADE au service des immigrés. Professeur à Alger puis, en 1984 maître de conférences à l’Université de Grenoble 3. Prix Kateb Yacine de la Fondation Noureddine Aba, en 1994. Journaliste, écrivain et psychanalyste, il mène des expériences théâtrales à Aix-en-Provence, Marseille, Paris et collabore à diverses revues littéraires. Il a signé plusieurs romans, essais et recueils de poésies dont L’exil au féminin (L’Harmattan, 1992), L’état perdu, précédé du Discours pratique de l’immigré (ActesSud, 1982). Ses derniers ouvrages parus sont le miroir de Courdoue (L’Harmattan, 1992), L’ogresse dans la littérature orale berbère (Karthala, 1995), le voyage des exils (La Salamandre, 1996).

Abderahmane dit Lamine Khene

Né en 1931 à Collo. Après des études primaires dans cette ville, il adhère au MTLD dès l’âge de 16 ans et devient à partir de 1947 l’un des animateurs nationalistes les plus actifs. Etudiant à la Faculté de médecine d’Alger, il figure parmi les co–fondateurs de l’Ugema en 1955.
Partisan de la grève des étudiants de 1956, il abandonne ses études de médecine en 4e année pour rejoindre le maquis dans la Wilaya II auprès de Zighoud Youcef comme médecin de la résistance où il sera l’un des organisateurs de la santé de l’ALN.
Membre du CNRA en 1957, secrétaire d’Etat à l’intérieur du GPRA dès sa formation en 1958. De 1962 à 1965 il est président du Conseil d’administration de l’organisme franco-algérien de mise en valeur des richesses du sous-sol algérien. Il devient ministre des Travaux publics en 1966. Fin novembre 1972, il est élu secrétaire général de l’OPEP à compter du 1er janvier 1973 pour une durée de deux ans.
En 1975, Abderrahmane Khene est désigné directeur exécutif de l’Onudi auprès des Nations unies, poste qu’il occupera jusqu’à sa mise en retraite, en 1986.

Boulsane Mohamed

Né en 1908 à Collo. De profession agriculteur, industriel et forestier il fait des études jusqu’au baccalauréat.
Délégué à l’Assemblée algérienne en 1949 et conseiller général de Collo depuis 1955. Il est député de Constantine, proclamé élu le 3 décembre 1958 puis exerce les fonctions de Secrétaire de l’Assemblée nationale du 4 octobre 1960 au 4 juillet 1961. Mohamed Boulsane s’apparente au groupe de l’Entente démocratique en 1959 et finit son mandat le 3 juillet 1962.
Pendant ses mandats, il est successivement membre de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan ; de la Commission des affaires étrangères; de la Commission de la défense nationale et des forces ;  et de la Commission supérieure de classement des recettes. Il est récompensé de la distinction de Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques.
Boulsane Mohamed est décédé le 16 mars1966 à Constantine.

Bourhandine Gati  

Né le 8 janvier 1907 à Collo. Après des études primaires dans cette ville, il poursuivra ses études secondaires à Skikda puis les études supérieures à la Médersa de Constantine. Une fois diplômé, il est nommé professeur d’arabe au lycée Dominique-Luciani et au collège Maupas de Philippeville (actuellement Skikda). Il participe aux campagnes du Maroc (28/30) et (39/45) dans le cadre du service militaire. Il est conseiller général et Vice-président de 1945 à 1948. De 1959 à l’indépendance de l’Algérie, il est maire adjoint de Philippeville et membre de la commission des élus algériens à Paris jusqu’au mois de mars 1962.
Le 30 juin 1952 il est décoré chevalier d’académie et en juillet 1958 il est officier d’académie. Il est nommé au grade de Chevalier de la légion d’honneur par décret en juillet 1961.

Said Khene

Adhère au PPA en 1938, juste après ses études au cours complémentaire de Sidi Djliss à Constantine et participe activement au développement du mouvement des scouts musulmans algériens. Il est successivement commissaire de district pour la région de Skikda, puis commissaire régional pour le Constantinois. Ses activités de militant de l’Organisation Secrète le mettent en relation régulière avec Aït Ahmed, Ben Bella, Bentobbal et Boussouf. Il organise des réseaux paramilitaires et dirige au niveau local les manifestations du 8 mai 1945. Arrêté en 1947 pour détention d’explosifs, il réussit à réduire sa condamnation en faisant croire que les bâtons de dynamite qu’il transportait étaient destinés à la pêche prohibée.

Abdelhak Kouicem

Né à Collo vers la fin des années 1930. Très jeune il adhère au sein du mouvement des Scouts musulmans algériens. Un peu plus tard, alors qu’il est au lycée de Skikda, il milite au sein du MTLD. Il participe aux manifestations populaires de 1952 à Skikda. A Constantine, il participe à la création du journal l’Essor Estudiantin, aux côtés de Hihi el Mekki et de Lakhdari. Il rejoindra le maquis à la guerre de libération et tombera au champ d’honneur, trois jours avant la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962. La rue nationale de Collo ville porte aujourd’hui le nom du chahid. Une plaque lui est consacrée sur la façade du domicile familial dans cette même rue.

Hassina Amrouni
http://colliotte.free.fr/

DOSSIER

Tunis, capitale de l’Algérie combattante

L’aide de la Tunisie à la Révolution algérienne

FIGURES HISTORIQUES

L’homme qui livra des armes au FLN

Le Capitaine Vassil Valtchanov

GRANDES DATES
GUERRE DE LIBERATION
MOUVEMENT NATIONAL

PROCÈS-VERBAL DE LA REUNION ET EXTRAITS DE LA PLATE-FORME

Documents du Congrès de la SOUMMAM du 20 AOÛT 1956