Qui est Ammar Guerram ?

Par La Rédaction
Publié le 18 mai 2017
Natif d’Oum El Bouaghi en janvier 1925, Ammar Guerram est issu d’une famille propriétaire terrienne. Fils de Sebti Ben Ammar et Hadji Noua, il grandit dans une fratrie de huit enfants dont l’ainé Belgacem militait au sein de l’association des Oulémas avec laquelle il entretenait des rapports très étroits dans un environnement imprégné par une inimitié sans limite à l’occupant. Dès son jeune âge, Ammar a fréquenté l’école coranique et bien évidemment était à l’écoute du militantisme de son frère aîné. Il fréquenta alors le scoutisme puis adhéra à l’UDMA de Ferhat Abbès
Ammar Guerram en compagnie de notre reporter à Oum El Bouaghi
Le Chahid Smail Guerram, frère de Ammar

Le jeune militant n’avait alors qu’une vingtaine d’années mais il activait dans cette formation politique sous les ordres du chef local, Chadli Mekki. A la fin des années 1940, toute la demeure des Guerram était un lieu incontournable où se relayaient les leaders politique de passage à Oum El Bouaghi, anciennement appelée Canrobert. Ainsi, Cheikh El-Ibrahimi et Ferhat Abbès y ont transité avec leurs délégations respectives. Les activités du dynamique Ammar ne se résumaient pas uniquement à la politique puisque le football était également son hobby. L’opulence dans laquelle vivait sa famille l’a grandement aidé à présider les destinées de l’US Canrobert, actuellement l’US Chaouia, club créé en 1936 et qu’il continua à présider pendant et après la guerre. Signe du destin, Abderrezak Bouhara, alors lycéen à Constantine, évoluait dans ce club aux côtés de Abdelaziz Zerdani, Rabah Abdelmadjid et Nouar Boubakeur. «Je me déplaçais souvent dans cette ville pour les ramener durant le week-end puis je les raccompagnais une fois le match terminé», raconte le fils d’Oum El Bouaghi avec fierté. Cette fin des années 1940 verra également la création de Ennadi par une poignée de militants tels que : Guerram Belgacem, Hassani Med Tahar, Merzoug Loucif, Rebbah Redjem, Chibani Mahmoud, Sohbi Med Seghir, Mechri Zaïd et Adlène Abdelkader. Une sorte d’association où se pratiquaient toutes les activités mais qui, en fait, servait de tremplin à la lutte politique. Plus tard, Bouhara rejoint le maquis avec plusieurs autres joueurs de l’USC, tous acquis à la cause nationale. Cela dit, les activités du frère aîné Belgacem ne sont passées inaperçues d’autant qu’à un moment donné, il avait l’intention d’abattre le premier responsable militaire de la ville de Canrobert. L’intervention in extrémis d’El-Ibrahimi l’a finalement dissuadé « pour éviter un bain de sang, El-Ibrahimi a appelé mon frère et l’a prié de ne pas commettre cet attentat ». Ma famille est alors prise pour cible par les autorités françaises dont les harcèlements et les menaces se multipliaient jusqu’à l’été 1954. A partir de cette date, la vie de la famille va basculer. Chaâbane Laghrour, frère du chef des Aurès Abbas Laghrour, et son groupe de combattants affectés dans cette région pour étendre la révolution sont entrés en contact avec Belgacem. Ce chef se déplaçait à Djefa, Tamlouka, Chebka et bien d’autres contrées pour sensibiliser les citoyens et éventuellement opérer des recrutements pour élargir les rangs de l’ALN. Durant toute sa mission, Chaâbane Laghrourn passait ses nuits dans la ferme des Guerram. « Nos silos étaient utilisées pour cacher les premiers moudjahidine Nememchas dirigés alors par ce même Chaâbane ».  Les choses s’accélèrent et peu à peu et, sans se rendre compte,  Ammar rentrait de plain-pied. La guerre venait d’éclater, le 1er novembre 1954 et dans les Aurès, où plusieurs actions armées ont été commises par les combattants agissant sous les ordres de Mostefa Benboulaïd, Abbas Laghrour, Adjal Adjoul et Chihani Bachir. Ammar et ses frères étaient aux aguets.
« Deux ou trois jours après le déclenchement de l’insurrection armée, Lakhdar Medkour, chauffeur d’El Hakem, m’a demandé d’être présent devant la caserne. Un fois sur les lieux, j’ai pu voir les soldats français blessés lors des actions armées menées par Abbas Laghrour à Khenchela. » Quelques mois plus tard, Athmani Tidjani, un autre chef des Aurès, lui aussi exécuté en Tunisie par ses frères d’armes, m’a enjoint l’ordre de dénicher des infirmiers pour prodiguer des soins à des moudjahidine. « J’ai emmené le docteur Belmouffok, un Constantinois qui a porté les premiers soins au malade qui répondait du nom de Noureddine Khelladi ». Une autre histoire allait commencer pour Ammar, investi d’une autre mission, encore plus périlleuse que ses devancières. La voiture qu’il possédait, une Citroën, allait lui être d’un grand secours puisqu’il devait se rendre en Tunisie pour rencontrer, Abdelhaï et un certain Abdelkrim. Une fois le contact établi à Sebkha, à Tunis, les trois moudjahidine auront l’insigne honneur d’ouvrir le premier bureau du FLN dans la capitale tunisienne. Ammar faisait la navette entre Tunis et Oum El Bouaghi jusqu’au jour où ses activités ont été découvertes par l’ennemi. Bien évidemment, et pour éviter d’être arrêté, il rejoint le maquis à Sedrata, dans la zone 5 de la Wilaya I où sévissaient Salah Soufi, Mohamed Belhouchet, Laâbidi El Hamel et autres combattants de la première heure. Puis, il partira en Tunisie avant de rejoindre la Libye pour effectuer des opérations d’acheminement d’armes en direction du maquis. Il rejoint par la suite, le ministère de l’Armement dirigé alors par Krim Belkacem auquel il servait de chauffeur. L’affaire dite « le complot des colonels », dans laquelle il a joué les premiers rôles, a fait couler beaucoup d’encre. Ammar Guerram a tenu à libérer sa conscience et à rétablir la vérité, du moins sa vérité.

Zoubir Khélaifia

FIGURES HISTORIQUES

Le génie d’un dirigeant de la Révolution

Si Salah Boubenider Alias Sawt Al Arab, le dernier colonel ALN de la Wilaya II

GRANDES DATES

La modestie des grands

Mohamed Benaïssa dit Mohamed Ben Mohamed

GUERRE DE LIBERATION

Une stèle érigée à la mémoire des 17 martyrs d’Aït Oumaouche

À l’occasion de la célébration de la fête de la victoire

MEMOIRE

Le redoutable fidaï d’Aïn Beïda

Le chahid Boudjemaâ Ilihem

MOUVEMENT NATIONAL

Un guerrier hors pair

Le chahid Ahmed Maouche dit Ahmed N’Abdallah

UNE VILLE, UNE HISTOIRE