Maghni, Belgaïd et Bellache, les martyrs de l’été 1959
Guerre de libération nationale

Par Hassina AMROUNI
Publié le 09 juin 2019
Durant l’été 1959, le petit village d’Ihnouchène, dans la commune d’Azeffoun, a été le théâtre d’affrontements sanglants entre les membres de l’ALN et des troupes de l’armée coloniale.
Mohamed-Salah Maghni et Amirouche
Mohamed-Salah Maghni et Amirouche
Mohamed-Salah Maghni et Amirouche

C’est en ce jour du 22 août que sont tombés au champ d’honneur Mohamed-Salah Maghni dit Si Abdellah et ses compagnons Hocine Belgaïd et Mohamed Bellache.

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Dans la soirée du 21 août 1959, le village d’Ihnouchène et ses environs sont ratissés par les troupes de l’armée coloniale. Avant de regagner leur caserne, ils laissent un petit groupe embusqué, en contrebas des habitations, afin de guetter l’arrivée des moudjahidine, habitués à venir s’y retrouver. « Vers 4 heures du matin alors que les maquisards tentaient de rejoindre la forêt d’Agouni Uzidhudh, ils ont été surpris par un feu nourri. Les deux premiers cités (Mohamed-Salah Maghni dit Si Abdellah et Hocine Belgaïd, ndlr) ont été tués sur le coup tandis que le secrétaire avait réussi à prendre la fuite avant de succomber à ses blessures trois jours plus tard », raconte Rehouni Hand, un habitant du village.
Aux premières lueurs de l’aube, les deux cadavres sont fouillés, dénudés puis ramenés jusqu’à la place du village « pour identification par les habitants qui avaient tous feint ne pas reconnaître le valeureux officier avant de les embarquer à bord d’un hélicoptère vers la destination d’Azazga », ajoute un autre témoin de la scène. Là-bas, Mohamed-Salah Maghni, une fois reconnu par les prisonniers, sera enterré dans la ville d’Azazga où il reposera jusqu’en 1984, année durant laquelle ses parents entreprennent de transférer ses restes au cimetière de chouhada de M’douha, dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Il faut savoir qu’après sa mort en martyr, sa famille qui a longtemps été obligée de changer de domicile car persécutée par les soldats français lancés à la recherche de leur fils, connaîtra une certaine stabilité résidentielle. La femme du martyr a, elle aussi, connu la persécution puisqu’elle a été incarcérée à la prison de Aït Boumehni, en raison des activités de son époux mais elle restera stoïque et digne face aux menaces et aux humiliations de ses tortionnaires. Mohamed-Salah Maghni ne sera, par ailleurs, pas le seul fils de cette valeureuse famille à tomber en martyr. Son autre frère, Si Sadek, sera lui aussi sacrifié sur l’autel de la liberté, les armes à la main, à Mekla, en 1960 où il était chef de région. Quant au troisième fils, également enrôlé dans les rangs de l’ALN, il sera envoyé par le GPRA au Caire pour y suivre une formation en aviation de guerre, en compagnie de l’ex-président, Liamine Zeroual. Il mènera après l’indépendance une carrière militaire pour sortir en retraite avec le grade de colonel.

Hassina Amrouni

Sources :
https://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/08/25/article.php?sid=27231...
http://azeffoun.over-blog.net/

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