De Sig à la scène parisienne
Rachid Taha

Par Hassina AMROUNI
Publié le 28 juin 2017
Véritable trublion de la scène musicale française, Rachid Taha est un artiste anticonformiste qui, à travers la chanson, dénonce toutes les exclusions sociales. Sa musique métissée s’abreuve aux sources de plusieurs racines, y compris, algériennes, son pays d’origine.

Rachid Taha a vu le jour le 18 septembre 1958 à Sig d’un père originaire de Sidi-Aïch et d’une mère, native de Mascara. A l’âge de 10 ans, ses parents décident d’émigrer en France, la famille s’installe d’abord en Alsace, à Sainte-Marie-aux-Mines, avant de déménager à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges. Le petit Rachid, qui est un élève turbulent, est alors envoyé dans un établissement scolaire géré par les sœurs blanches, dans l’espoir de le voir réussir.
L’enfant qui a déjà un penchant pour la musique, écoute différents artistes, notamment Oum Keltoum. C’est à cette époque qu’il apprend à lire et à écrire l’arabe.
Diplômé en comptabilité, il exerce plusieurs petits boulots  avant de poser ses malles à Lyon C’est là qu’il rencontre les frères Amini, Mohamed et Mokhtar, avec lesquels il forme en 1981, le groupe Carte de séjour, auquel viendra se joindre, un an plus tard Jérôme Savy, joignant ainsi le geste à la parole, à propos des discours d’intégration et de tolérance prôné dans leurs chansons. Très engagé sur le front du combat pour les libertés, le groupe Carte de séjour, à sa tête Rachid Taha, ne se contente pas de chanter le malaise social, il est un véritable acteur social qui participe aux marches et rassemblements, comme ce fut le cas pour la Marche pour l’égalité et contre le racisme de Paris à Marseille. Dans la foulée, il sort un premier album en 1984 intitulé Rhorhomanie. Continuant à déranger et à défrayer la chronique, Rachid Taha et son groupe reprennent, en 1986, la chanson de Charles Trenet Douce France, qu’ils distribuent aux députés de l’Assemblée nationale. Le groupe se dissout en 1989 et Rachid Taha se lance dans une carrière solo avec la sortie de son premier album Barbès en 1991, suivi de Diwân en 1998 dans lequel il compile plusieurs titres phares du répertoire musical algérien et arabe, chanté par de grands noms, à l’image de Dahmane El Harrachi (Ya Rayah), Hadj El Anka, Akli Yahiatène mais aussi Ness El Ghiwane et Farid El Atrache.
Sigois dans l’âme et donc très imprégné de la musique oranaise, Rachid Taha se revendique de l’héritage de Cheikha Rimitti, dont il reprend divers rythmes et mélodies. En cette même année 1998, où il est à son apogée, il sort un album live 1, 2, 3 Soleils avec Khaled et Faudel et les tubes Ya Rayah et Abdel Kader, remis au goût du jour, envahissent les ondes et sont repris par des milliers de fans. En 2004, sort l’album Tékitoi, un opus salué par la presse spécialisé tant en France qu’aux Etats-Unis, qui le considère comme l’un des « plus créatifs et complexes de Rachid Taha ». Sa reprise du tube Rock the Casbah du groupe The Clash dans une adaptation Rock el Casbah est acclamée par le non moins célèbre Mick Jones.
Toujours au faîte de sa gloire, Rachid Taha, interprète en 2008, le rôle principal de Là où je pense, collabore avec Rodolphe Burger pour le titre Arabécédaire et publie son autobiographie, Rock la Casbah, aux éditions Flammarion. Son dernier album date de 2013. Intitulé Zoom, il se fait plaisir, en dévoilant deux de ses artistes préférés : Elvis Presley et Oum Keltoum dont il reprend quelques titres.

Hassina Amrouni

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