Les deux martyrs de Sig
Miloud Belahouel et Cheriet Ali Chérif

Par Hassina AMROUNI
Publié le 28 juin 2017
Au lendemain du déclenchement de la guerre de libération nationale, Sig, à l’instar d’autres régions du pays, s’engage pleinement dans la lutte, donnant en sacrifice pour l’idéal de la liberté, ses plus vaillants et prodiges enfants.
Cheriet Ali Chérif

Les chouhada Miloud Belahouel et Cheriet Ali Chérif font partie des martyrs dont s’enorgueillissent les Sigois, en particulier et les Algériens en général.
Natif de la localité de Sidi Ali Cherif, dans la commune de Sig, en 1920, Miloud Belahouel rejoint les rangs de l’ALN, au lendemain du déclenchement de la lutte armée.
Très engagé sur le terrain des combats, il prend part à des actions militaires spectaculaires, occasionnant des pertes tant humaines que matérielles aux forces coloniales.
Activement recherché par les forces coloniales, plus particulièrement par le commandant Bernard dit « le Païen », il est arrêté le 25 juin 1958, au cours de combats sanglants qui auront pour théâtre le djebel Sidi Ali Cherif, à une vingtaine de kilomètres de Sig. En effet, ce jour-là, une information parvenant au Païen, l’informera du lieu de repli de Miloud Belahouel et d’autres djounoud. Il ne tarde pas à faire déployer plus de 3000 hommes, lourdement armés. Essaimant les maquis boisés et broussailleux, ces derniers en raison d’une totale méconnaissance des lieux, se retrouvent pris entre les feux nourris des moudjahidine. Plusieurs pertes sont déplorées côté français mais leur supériorité numérique leur permet de rebondir très rapidement. Belahouel et les quatre-vingt autres djoundi se retrouvent encerclés. Blessé à la jambe, Si Miloud est capturé, une trentaine de compagnons, rescapés de cette attaque, parviennent à se replier, regagnant les hauteurs. De là, ils continuent à tirer sur les soldats français, totalement impuissants, face au courage de cette poignée d’hommes.
Le commandant Bernard ordonne alors à Miloud Belahouel qu’il vient de faire prisonnier de dire à ses compagnons de poser les armes et de se rendre. Il lui dit : « Ta vie dépend de la résistance de tes hommes, tu vas leur demander de se rendre si tu veux rester en vie. Je te se donne 5 minutes pour les convaincre. » Escorté de huit soldats, Si Miloud Belahouel parvient pourtant à crier à ses frères de continuer la lutte jusqu’au dernier souffle :« Moi, de toute manière, je mourrai », s’écrira-t-il. A cet instant, il savait qu’il ne reverrait plus sa femme, ses enfants, ses proches mais il voulait offrir cet ultime sacrifice pour l’Algérie. Sous les cris d’« Allahou Akbar », les moudjahidine se mettent à tirer sans relâche, les pertes seront énormes, dans les deux camps. Avec beaucoup de sadisme, le païen se retourne vers Miloud Belahouel et lui dit : « Toi, je vais m’occuper de toi personnellement, on va d’abord te soigner. » Un mois plus tard, il revient le chercher, le fait monter à bord d’un hélicoptère, avant de s’écrier : « Tu vois cette montagne, c’est là que tu m’as fait perdre plus de 500 soldats. Et si je ne t’ai pas tué tout de suite, c’est parce que je voulais voir ton corps déchiqueté et tes os brisés. » Si Belahouel sera éjecté de l’appareil en plein vol. Ses derniers mots, avant de s’écraser au sol, seront pour cette Algérie. Il avait 38 ans.
Quelques mois plus tôt, c’est un autre valeureux combattant de l’ALN qui tombe au champ d’honneur à Sig. Ali Chérif Cheriet rejoint le front le 1er novembre 1954, très actif, il est arrêté le 11 novembre, à peine quelques jours après le début des combats. Après quatre années d’emprisonnement, il est guillotiné le 28 janvier 1958.
Sig et Mascara garderont en mémoire le sacrifice de cet homme courageux et pétri de valeurs nationalistes. Uns stèle commémorative sera érigée à sa mémoire au centre-ville de Sig.


Hassina Amrouni

Sources :
www.reflexiondz.net (1er Novembre 2015)
www.lequotidien-oran.com (07 février 2012)

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