Cité au passé millénaire
Tamentfoust

Par Hassina AMROUNI
Publié le 30 jui 2018
Charmante ville côtière, Tamentfoust est située à l’extrémité d’un cap fermant la baie d’Alger, à quelque 25 km de la capitale.

Le passé de cette ville balnéaire est millénaire et nombre de vestiges témoignent aujourd’hui encore de cette riche histoire.
Terre berbère occupée par ses habitants originels (les Amazighs), la région voit d’abord l’arrivée des Phéniciens qui en font un comptoir commercial et lui donnent pour nom Rus-guniae ou Cap des buissons.
A l’instar de Tipasa ou d’Icosium, elle connaît une intense activité commerciale avant de voir arriver les Romains. Vers l’an 30 av. J.-C., sous le règne de l’empereur Auguste, Rus-guniae devient une colonie de droit romain, conçue pour les vétérans de la Legio VIII Gemella.
La présence romaine dans la région est encore visible aujourd’hui, à travers plusieurs vestiges, contrairement aux Vandales dont il ne subsiste aucune trace.
Les Byzantins, eux, font de Rusguniae le siège d’un évêché. Il ne subsistera plus de vestiges de cette période d’occupation, hormis sans doute cette superbe mosaïque exposée au Musée du Louvre à Paris et qui provient du pavement d’une église byzantine de la région. Par ailleurs, d’autres objets retrouvés lors de fouilles dans la région et identifiés comme appartenant à la civilisation byzantine sont conservés au Musée d’Alger.
Durant le VIIe siècle, c’est le début de la conquête arabe. La population numide rallie en masse l’islam et participe même à la diffusion de la religion de Mohamed QSSSL, dans d’autres contrées d’Afrique et même jusqu’en Espagne ou dans des pays d’Europe.
L’histoire de Tamentfoust est, dès lors, liée à celle d’El Djazaïr Beni Mezghena, les deux étant séparées par la baie. La région, occupée à cette époque par des tribus nomades, voit l’arrivée du prince berbère Bologhin. Ce dernier décide de bâtir au Xe siècle sur les ruines de l’ancienne cité romaine Icosium, la ville d’El Djazaïr Beni-Mezghena. Lorsqu’en 1154, le roi chrétien Roger II de Sicile commande la rédaction d’une géographie du monde à El Idrîssî, savant et prince musulman attaché à la cour, ce dernier ne manque pas de donner une description succincte mais précieuse de Tamentfoust : « D’El Djazair à Tâmadfûs, en allant vers l’est, dix-huit milles. C’est un beau port auprès d’une petite ville en ruines. La plus grande partie de son enceinte est détruite, la population y est peu nombreuse ; on y voit les restes d’une construction ancienne, de temples et d’idoles en pierre. On dit que c’était autrefois une très grande ville et que son territoire était des plus étendus ».
Tamentfoust coule des jours heureux, ses habitants, pour la plupart des marins, vivant en grande partie de la pêche. Cependant, au XVe siècle, les choses commencent à bouger avec l’arrivée des Ottomans. Mais ces derniers n’ont pas que des amis et Charles Quint fait partie des personnalités de l’époque prêt à défier avec sa flotte et ses hommes l’armée de Kheireddine Aroudj. Il débarque donc sur la plage d’El Hamma.
Conscients de la vulnérabilité de la ville, exposée aux attaques ennemies, Kheireddine puis, son successeur Hassan entreprennent de la fortifier pour en faire une citadelle imprenable.
Repoussé des côtes algéroises, Charles Quint décide de repartir à partir du port de Tamentfoust. Sa flotte est alors attaquée et les pertes sont considérables : près de 250 navires ont coulé et 20 000 hommes seraient morts aux combats.
Les Ottomans viennent ainsi de prouver à la face du monde leur force et leur hégémonie dans toute la région méditerranéenne et même au-delà.
Cependant, après l’affaire de l’éventail, les données changent et l’attaque imminente des Français amène les chefs militaires de l’armée ottomane (djeich inkichari) à se réunir au fort de Tamentfoust pour organiser la résistance contre les troupes françaises.
Mais l’expropriation est bien en marche et le nouveau colonisateur occupe en peu de temps toute la côte algéroise dont Tamentfoust.
Plus d’un demi-siècle après leur débarquement sur la plage de Sidi Ferruch (actuelle Sidi Fredj), les Français créent la Pérouse, du nom de l’explorateur et officier français Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse. Le petit village de pêcheur est composé de 25 lots urbains, comptant des habitations et une usine de salaison, réservée aux familles des pêcheurs européens.
Peu à peu, la Pérouse devient une station balnéaire avec hôtel-restaurent, magasins, une carrière reliée au port par un tunnel, un préventorium ainsi qu’une koubba de « Sidi El Hadj Messaoud El bahri », datant de 1925. Sur le revers ouest, se trouvait le fort turc et près de ce dernier, le fort d’Estrées et un phare d’une portée de 25 milles.


Hassina Amrouni

Source :
https://azititou.wordpress.com/2012/04/04/histoire-de-tamentfoust-ex-la-...

 

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