Le monde progressiste aux côtés des Algériens
Soutien des pays asiatiques et européens à la Révolution algérienne

Par Fateh Adli
Publié le 30 jui 2018
La Révolution algérienne n’aurait pas pu avoir l’aura mondiale, ni acquérir une place aussi importante dans le concert des nations si elle n’avait pas bénéficié du soutien des grandes nations, en dehors de la sphère maghrébine et arabe dont elle se réclame. Les nationalistes algériens ont tôt fait d’inscrire leur démarche dans le cadre du mouvement naissant des non-alignés, lequel mouvement assumait dès sa création son engagement en faveur de la lutte des pays du tiers-monde pour le recouvrement de leur souveraineté.
Maréchal Tito
Stevan Labudovic, photographe yougoslave (aujourd’hui serbe)  dans le maquis algérien
Stevan Labudovic avec Houari Boumediene

Il faut dire que l’ex-Yougoslavie figure, avec la Chine et la Russie, parmi les pays qui ont beaucoup aidé l’Algérie dans sa lutte contre le colonialisme. A ce titre, la Yougoslavie du maréchal Tito a été, le 12 juin 1959, le premier Etat européen à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), ce qui a, d’ailleurs, amené la France à rompre immédiatement ses relations diplomatiques avec Belgrade.
Cela n’a pas empêché le gouvernement socialiste yougoslave de continuer à apporter son aide multiforme à l’Algérie combattante, au GPRA et à tous les militants anticolonialistes qui partaient combattre, photographier ou soigner les Algériens, comme l’ont fait de nombreux médecins yougoslaves qui se sont mobilisés durant ces années de guerre pour secourir les nombreux Algériens blessés au cours des combats, et les hôpitaux yougoslaves recevaient régulièrement des blessés ou de grands malades algériens. De nombreux témoignages historiques algériens ont mis en relief ce soutien assumé et, à certains égards inégalé, de l’ex-Yougoslavie pour l’Algérie.
L’histoire de Stevan Labudovic, photographe yougoslave (aujourd’hui serbe) et caméraman des maquis de la Révolution algérienne, décédé il y a deux ans, illustre cette communion entre les deux pays. Avec sa caméra ou son appareil à photo comme arme, il a pu immortaliser des moments historiques dans une Algérie en pleine guerre. Faire connaitre le combat libérateur du peuple algérien était, à l’époque, l’une des actions les plus efficaces pour faire reculer l’occupant et le discréditer au sein de l’opinion internationale maintenue dans l’ignorance des événements pendant si longtemps.
En tant que membre de l’Organisation civile du FLN (OCFLN), Stevan Labudovic a été honoré par l’Etat algérien pour les glorieux services qu’il a rendus à la Révolution, en recevant notamment la médaille du Mérite national des mains du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion du 50e anniversaire du recouvrement par l’Algérie de sa souveraineté nationale.
Autre aspect du soutien yougoslave à la Révolution algérienne : Belgrade a reçu plusieurs missions de stagiaires algériens dans différentes disciplines, notamment paramédicales, mais aussi pour des formations en comptabilité et en sciences économiques.
L’ex-URSS fait partie également des puissances européennes qui ont aidé la Révolution algérienne de diverses façons. Grand parrain du Bloc socialiste et des pays arabes dits progressistes, représentés alors par l’Egypte et la Syrie, l’Union soviétique tendit la main aux révolutionnaires algériens, mais sans faire dans l’exhibitionnisme, pour éviter tout affrontement avec la France, son ancien alliée pendant la Seconde Guerre mondiale face à l’Allemagne nazie.
Aussi, l’ex-URSS fournira des aides matérielles conséquentes et régulières aux révolutionnaires algériens, et les assurera d’un soutien diplomatique subtil mais efficace, tout en respectant l’autonomie de décision des Algériens. Quand, en 1961, le GPRA décide de former des cadres de renseignements performants, il demanda l’aide de l’ambassadeur de l’URSS à Tunis. Moscou donna aussitôt son accord pour assurer un stage aux jeunes cadres algériens dans un de ses instituts de formation. C’est la fameuse promotion dite «Tapis rouge», qui permettra à l’Algérie indépendante de se doter d’un encadrement de qualité et d’assurer, ainsi, le fonctionnement des institutions.
D’autres pays de l’Est ont également soutenu la lutte algérienne contre le colonialisme, à l’image de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie qui ont, elles aussi, reçu leurs lots de stagiaires algériens pour suivre des formations dans divers domaines.
Dans le continent asiatique, la Chine populaire figure en tête des pays ayant soutenu la Révolution algérienne, et l’a fait de façon plus désintéressée et plus méthodique. Ainsi, dès les premières années de la guerre, des aides en tous genres (armement, médicaments, produits alimentaires de bases comme le riz…) affluaient en quantités abondantes vers les camps de réfugiés algériens, en Tunisie notamment où était aussi installée une partie importante des bases arrière de la Révolution.
Assumant publiquement cet engagement en faveur de la révolution algérienne, la direction du parti communiste chinois n’a pas hésité à inviter, vers 1960, une importante délégation du GPRA, composée de Krim Belkacem, Abdelhafidh Boussouf et Ahmed Francis. Un accueil grandiose leur a été réservée partout où ils sont passés. Les dirigeants chinois ont réitéré, à cette occasion, leur engagement à poursuivre leur soutien à la lutte du peuple algérien contre le colonialisme jusqu’à la victoire.
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