Le chantre de la Révolution de Novembre
Jean Sénac

Par Hassina AMROUNI
Publié le 15 Jan 2018
Poète algérien dont les écrits se sont confondus avec son engagement révolutionnaire, Jean Sénac a vu le jour en 1926 à Ghar El Baroud, quartier situé dans la périphérie de Beni Saf.
Mohamed Dib avec Jean Senac
Jean Senac
L’union des écrivains algériens en 1965 :  Assis de g. à dr. : Kaddour M’hamsadji, Mourad Bourboune,  Mouloud Mammeri (Président) et Jean Senac (Secretaire)

Le petit Jean qui n’a pas connu son père, porte d’abord le nom de sa mère, Jeanne Comma avant d’être reconnu, à l’âge de 5 ans, par Edmond Sénac, son beau-père.
C’est à Saint-Eugène, quartier populaire d’Oran qu’il passe son enfance et son adolescence. En 1942, il échoue à son brevet et en 1943, il passe également à côté de l’épreuve orale d’entrée à l’Ecole normale. Cela ne l’empêche pas de manier les vers avec dextérité et finesse. Il écrit ainsi son premier poème en 1941, tandis que sa première publication date de novembre 1942.
L’année d’après, il crée avec quelques amis, tout aussi épris des mots que lui, l’association des Poètes obscurs, un nom étrange qui révèlera pourtant bien des talents et mettra à nu bien des sensibilités. La même année, il accepte un poste d’enseignant au sein de l’institution Jeanne D’Arc de Mascara, tout en continuant, en parallèle, à publier des poèmes dans la revue marocaine Le Pique-Bœuf.
Signant en septembre 1944 un acte d'engagement pour la durée de la guerre et affecté à Beni Mered, il est démobilisé en mars 1946. Installé à Bab-El Oued, chez des cousins, il fonde la même année le Cercle artistique et littéraire Lélian. Il y invite plusieurs personnalités intellectuelles dont Emmanuel Roblès, André Greck ou Jean de Maisonseul et se lie d’amitié avec Albert Camus, Mohammed Dib, Jules Roy et Jean Cayrol.
En 1948, Jean Sénac publie un recueil de poésie intitulé Mesure d’hommes, dans lequel il rassemble des écrits datant de 1946 et 1947. C’est à la même époque qu’il commence à fréquenter les milieux nationalistes algérois (Parti communiste, PPA, UDMA).
Parti en France après l’obtention d’une bourse, il revient à Alger en 1952 pour reprendre son activité de metteur en ondes à la radio. Dans son comité de rédaction, on retrouve Dib, Galliéro, de Maisonseul, Mammeri, Memmi, Nallard.
En 1953, il reprend contact avec les milieux nationalistes du PPA et MTLD, il sera en contact avec Larbi Ben M’hidi, Amar Ouzeguène, Mohamed Lebdjaoui, Mustapha Kateb…
En août 1954, il démissionne de son poste à la Radio, après une émission sur Mouloud Mammeri, dans laquelle il emploie l’expression « patrie algérienne ».
Au lendemain du déclenchement de la guerre de libération nationale, et alors qu’il se trouve à Paris, il n’hésite pas à rallier la Fédération de France du FLN. Jean Sénac, Yahia El Ouahrani de son nom de guerre, participe également à l'installation de l'imprimerie clandestine d'El Moudjahid chez Subervie et, en janvier 1955, il écrit son premier poème ouvertement anticolonialiste et publie plusieurs textes
« engagés » dans des revues comme Esprit. En août 1956, il rencontre Jacques Miel qui deviendra son fils adoptif. Il se lie également d’amitié avec Khadda et Benanteur qui illustreront ses recueils.
Rentré en Algérie, après l’indépendance, il s’installe dans un appartement à la Pointe-Pescade, il est nommé conseiller du ministre de l'Éducation nationale, fait partie du comité chargé de la reconstitution de la bibliothèque de l'Université d'Alger brûlée par l’OAS et prend part en 1963 à la fondation de l'Union des écrivains algériens dont il sera le secrétaire général jusqu'en 1967.  
Revenu à la radio, il y anime les émissions Le poète dans la cité (1964-1965) et Poésie sur tous les fronts (1967-1971). So recueil Avant-Corps est publié en 1968 chez Gallimard. L’année d’après, il s’installe dans une cave, formée de deux pièces exiguës au 2, rue Élisée-Reclus.
Intellectuellement, il est au summum de la création puisqu’il multiplie les conférences, organise des récitals et publie plusieurs anthologies...
Dans la nuit du 29 au 30 août 1973, Jean Sénac est tué chez lui, un meurtre jamais élucidé. Il sera enterré le 12 septembre au cimetière d’Aïn-Benian.
Conformément à son testament, les archives de son œuvre seront remises à la Bibliothèque nationale d’Alger et aux Archives de la Ville de Marseille.

Hassina Amrouni

DOSSIER

Le monde progressiste aux côtés des Algériens

Soutien des pays asiatiques et européens à la Révolution algérienne

GUERRE DE LIBERATION

L’engagement et le sacrifice intégral pour la patrie

Mourad BOUKECHOURA - Membre de L’Organisation Spéciale O.S

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LA PLUME ET LE FUSIL AU MAQUIS

Mohamed LEMKAMI alias Si ABBAS

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