Le chahid sans tombe
Benallal Missoum dit « Si El Missoum »

Par Hassina AMROUNI
Publié le 15 Jan 2018
Le nom de Si El Missoum est intimement lié à la guerre de libération nationale, lui, le martyr qui a choisi de donner sa vie pour l’Algérie.

Natif de la commune Emir-Abdelkader, Benallal Missoum est présumé né en 1920. Après une solide formation en langue arabe et en sciences islamiques, acquise auprès de l’imam Ahmed Ben Bakhit, Benallal Missoum devient vers la fin des années 1940 et début des années 1950 l’un des membres actifs du mouvement réformiste religieux, créé par Abdelhamid Ibn Badis, en Algérie et dont le slogan est l’affirmation de l’identité algérienne avec ses trois constantes : l’Islam est notre religion, la langue arabe est notre langue, l’Algérie est notre patrie.
Convaincu que l’ancrage identitaire et religieux de la société algérienne passe aussi par les lieux de culte, Benallal Missoum se voit chargé de la construction de plusieurs mosquées à travers les villes et même les zones rurales. L’une de ces mosquées sera érigée dans le quartier de son grand-père qui était le lieutenant de l’Emir Abdelkader.
Mais bien qu’impliqué dans la vie religieuse et socio-éducative de sa communauté, il n’en oublie pas pour autant ses engagements militants. Aussi, dès le déclenchement de la guerre de libération nationale, il n’hésite pas à prendre les armes, multipliant avec son ami et beau-frère, Belharizi Belabes, les opérations d’éclat, visant des intérêts français.
Toujours en contact avec Si Kadour et son frère Si Tahar, ses compagnons d’armes, Si El Missoum met en place des plans d’actions, toujours dans la discrétion pour ne pas éveiller les soupçons. Il parvient même à faire construire des casemates, dans la discrétion la plus totale. Certaines de ces caches seront détruites lors de la bataille des M’Kadids, durant l’été 1956.
Contraint de déménager à Beni-Saf, chez son père, pour échapper aux éventuelles accusations qui pouvaient peser sur lui à la suite des opérations d’incendies de plusieurs fermes coloniales, Benallal ne se sent pas plus en sécurité. Il déménage donc à Oran et s’installe quelques jours chez son oncle M’Jahed avant de trouver une location.
Après une première perquisition du domicile familial qui s’est avérée infructueuse, les éléments de l’armée française finiront par arrêter Si El Missoum lors d’une visite impromptue à sa famille.
Conduit dans une caserne située dans le quartier Plan 2, il sera torturé pendant plusieurs jours avant d’être transféré vers la prison de la caserne de Remich. Là, il subira encore toutes sortes de tortures et de sévices avant de disparaître. Depuis, ses proches n’auront plus aucune nouvelle de lui.
 
Hassina Amrouni
Sources :
http://toutsurtlemcen.info/devoir-de-memoire-nul-noublie-grand-martyr-be...

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