Semaoune, le village Martyr

Par La Rédaction
Publié le 16 Jan 2018

Situation géographique

Semaoune est un village de la commune et daïra de Chemini, il se situe sur la rive gauche de la vallée de la Soummam, limite au nord par Mahaga et Akfadou, à l’est par les villages de Chemini à savoir Djenane Imaliwen, à l’ouest par Ait Soula Sidi Yahya.
Semaoune est situé par 36°600 de latitude Nord et 4°5833 longitude ouest, à une altitude de 1131 m, Ce village compte environs 769 habitants à grande majorité portant le nom : Djerroud, origine des Ait kaci de Tamda Lblan (Leblad), ajouté à cela quelques familles portant un nom différent à savoir les Abid, Sahnoune, Kaceri.
Ce lieu est plus qu’un village car il porte en son nom Semaoune le Flambeau de l’histoire de Ait Waghlis et aussi l’histoire de la région de la Soummam durant la colonisation français, à savoir le nombre de martyrs qui sont tombés au champ d’honneur qui dépasse quarante portant en majorité le nom Djerroud aussi Abid, Kasri, Sahnoun et Houari, et tous du même village Semaoune.
Semaoune est bel et bien un village de la région de Chemini et non pas un regroupement des villages, comme le laissent entendre certaines catégories de gens.
Ce nom est dit, attribué et déclaré administrativement durant la période de l’honorable cheikh Mohamed ben Kaci dit Adjaoud El Ouaghlissi, demeurant au village Semaoun comme cité et ceci en 1868 dans le document officiel.

Semaoune a laissé ses empreintes dans l’histoire de l’Algérie

Dans la vallée de la Soummam (Wilaya III), notre village Semaoune a laissé ses empreintes dans l’histoire de l’Algérie. Initialement, le village a adhéré à la guerre de libération avec des meetings secrets qui ont été organisés entre novembre et décembre 1954 dans la mosquée avec le groupe de Si Omar qui venait au village afin de l’informer et de le sensibiliser. Les villageois commençaient alors à s’organiser en désignant Hadj Abbalache comme chef de tendance, Saâdi ben Akli et Khelifa ben Tahar comme chefs des cotisations, Hocine ben Tahar chef de garde, Khelifa ben Hadj Tahar comme chef des nombreux moussebelines. En décembre 1955, l’armée française est arrivée à notre villag. Les trois premiers volontaires : Bachir ben Hadj Saïd, Saâdi ben Hadj Akli et Mokrane ben Mouloud prirent les armes et rejoignirent la montagne.
Le 25 mars 1956 : un ratissage général a été organisé par les colons en utilisant les parachutistes du corps de l’armée visant les zones suivantes : Ighil-n’takka, Adheghaghe n’tarekth, Agueni Boulmoun, Lemrabia, et un deuxième effectif de l’armée française venait du sud-ouest au lieu-dit Qerwi où deux de nos moudjahidines assuraient la garde. A l’arrivée de l’ennemi, il y eut un accrochage. L’un d’eux, ayant épuisé toutes ses munitions, fut capturé et ramené au village et tué en suite, pendant que l’autre est revenu en courant pour alerter les villageois.
Le 25 juin 1956, les Français installent leur premier poste militaire à Semaoune afin d’empêcher les activités des villageois au profit de la guerre de libération. Tous les volontaires ont ainsi rejoint les trois premiers. Ce poste militaire n’a résisté que 365 jours à la détermination des villageois. Le 4 août 1957, l’occupant prend la décision d’évacuer tous les villageois. Le 5 août, il est bombardé et brulé totalement mais les villageois ne voulaient pas abandonner leurs maisons et frères en montagne. Durant la période du 5 au 17 août 1957, les Français firent évacuer les villageois la journée et la nuit, les maquisards les faisaient revenir. Ayant été informée de la situation, l’artillerie française bombarde et mitraille notre village à partir d’Ighzer-Amokrane le 15 septembre 1957 et opère de grandes manœuvres visant toute la Kabylie. C’est
« l’Opération Jumelle ». En septembre 1958, le village est rasé. Les villageois sont évacués définitivement et se réfugient dans les villages voisins comme Ait Soula, Ayaten, Tiliouacadi, Takrietz et Ighezer Amokrane. Semaoune est déclarée zone interdite jusqu’en juillet 1962. Parmi tous les moudjahidines, trois personnes ont survécu : Bachir Hadj Said, Lounes ben Boudjemâa et Larbi ben Amara et les autres sont tombées au champ d’honneur : l’honorable cheikh Mohamed ait Kaci dit Adjaoud El Ouaghlissi, pendant l’occupation française de 1830, est tombé au champ d’honneur avec la cavalerie d’el Mokrani en 1870 à Melala Béjaia, ses arrière-petits-fils et les fils de ses frères surnommé eux aussi Djerroud vers les années 1878 sont tombés au champ d’honneur pendant la guerre de libération de 1954.

L’histoire des 34 frères chahids Djerroud

Il s’agit de la famille qui a donné le plus grand nombre de ses fils (38) dont 34 officiellement pour une Algérie libre
Ils sont tous de la même  famille Djerroud et du même village Semaoune Chemini, wilaya de Bejaia, a environ 20 km de Sidi Aich, 10 km d’Akfadou et 8 km d’Ifri Ouzellagen où s’est déroulé le congrès de la Soummam le 20 août 1956.
Ils sont tous tombé au champ d’honneur à la fleur de l’âge en laissant derrière eux des veuves jeunes avec enfants en bas âge et des parents âgés sans ressource ni toit vu que notre village (Semaoune) a été bombardé en 1957 par l’aviation de l’armée française qui considérait à l’époque le village comme zone interdite.

Chabane Djerroud Fils du chahid
Tayeb dit Md said

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