Boudouaou ou le 1er grand projet de colonisation

Par Hassina AMROUNI
Publié le 26 fév 2018
Située à un peu plus de 30 km à l’est d’Alger, Boudouaou fait partie de ces petites villes dont le riche passé historique mérite qu’on y fasse une halte.
Région de Boudouaou
Bien avant l’érection de ce qui deviendra la ville de Boudouaou, la région était occupée par des tribus kabyles. Cependant, au lendemain de la chute du dey d’Alger et de la fin de l’Empire ottoman, le 8 mai 1837, ces dernières, auxquelles se joindront, d’autres se soulèvent, sous la bannière de l’Emir Abdelkader. Quelques jours plus tard, le 30 juin, la signature du Traité de la Tafna met momentanément fin aux hostilités. C’est suite à cela que naît l’idée de la création d’un centre de décolonisation qui aura pour nom « Boudouaou ». Ainsi, deux tiers du territoire reviendront à l’Emir Abdelkader et le reste aux troupes coloniales françaises qui se déploieront jusqu’à l’oued Keddara et même au-delà. Au lendemain de la victoire des troupes françaises et anglaises sur les Russes, au bord du fleuve Alma en Crimée, survenue le 20 septembre 1854,et à laquelle les Zouaves avaient puissamment contribué, Boudouaou change de nom pour devenir l’Alma. Située à une dizaine de mètres d’altitude au pied du plateau de Ben Adjel (du nom de la plus ancienne tribu de la région), Boudouaou jouit d’un climat propice à l’agriculture. Des fermiers colons ne tardent pas à s’y installer par centaines, voire par milliers, surtout après la désignation de l’Alma, commune de plein exercice, à partir du 22 août 1861. Etablis sur les terres spoliées aux tibus Benadjel, Ouled Drahdar, Sidi Hallou et autres habitant autochtones, ces nouveaux envahisseurs cultivent vigne, tabac, cultures maraîchères et fruitières, céréales dont une grande partie est exportée vers la métropole. Les tribus locales, menées par quelques chouyoukh dont Mohammed El Hadj El Mokrani tenteront de se soulever à plusieurs reprises pour protester contre ce nouvel ordre établi mais elles seront vite étouffées. En raison de sa position géographique et stratégique, Boudouaou sera le premier grand projet de colonisation, au lendemain de la chute du dey d’Alger. Ainsi, 2 169 hectares sont spoliés, suscitant l’ire des propriétaires légaux. Le 9 novembre 1854, les services topographiques de la préfecture d'Alger établissent un plan des terrains de Boudouaou sur le territoire des Haouchs Benadjel, Ouled Drahdar et Sidi Hallou, évalué à 1 042 ha. Puis, le 21 mai 1856, la préfecture d'Alger émet le certificat de domanialité, après transaction de force avec les tribus locales de 1 127 ha. Après plusieurs projets entre 1850 et 1855, pour désigner l’emplacement exact de l’emplacement et du périmètre du village de Boudouaou, le projet de l’ingénieur Hardy est avalisé le 21 août 1855 et, le 25 juillet 1836, le village de l’Alma est créé par décret, puis, le 22 août 1861, un second décret l’érige commune de plein exercice. Elle couvre ainsi les villages de Reghaïa, Saint-Pierre et Saint-Paul (Ouled Moussa) et la ferme du Corso. Le village abrite au début 72 familles d’Européens qui seront très vite rejointes par une trentaine d’autres venues d’Alsace-Lorraine. Création du village de l’Alma MarineNon loin de Boudouaou, entre Reghaïa et Corso, le village de l’Alma Marine, voit le jour en 1917. Des petites maisons et autres cabanons sont érigés sur une falaise surplombant 15 km de sable fin et une mer azur. Une dizaine de familles de colons ne tardent pas à s’y installer à l’année, tandis que d’autres venaient y séjourner durant la saison estivale, profitant de la fraîcheur de l’air marin et des eaux limpides de la grande bleue. Les habitants espéraient que l’Alma Marine devienne une commune de plein exercice mais cela ne se fera pas, du moins, pas du temps de la colonisation française. Hassina Amrouni
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