Khemis Miliana ou Colonia Augusta la Romaine

Par Hassina AMROUNI
Publié le 16 fév 2017
On confond souvent Khemis Miliana et Miliana. Bien que dépendant toutes deux du même chef-lieu de wilaya – Aïn Defla, en l’occurrence –, elles restent deux villes bien distinctes dont chacune est marquée par son riche parcours historique.
Plaines de Khemis Miliana
Période phénicienne
Période musulmane
Période turque
Mosquée Sidi Ahmed Benyoucef
Affreville, Khemis miliana dans les années 1950
Ancienne photo de la poste

Nous avions déjà consacré un large dossier à Miliana, la belle du Zaccar, aujourd’hui, nous allons tourner quelques nouvelles pages d’histoire afin de mieux connaître Khemis Miliana désignée par le passé sous le nom d’Affreville ou ville des Cinquante feux.

 

Présence romaine

Située à un peu plus de 100 km à l’ouest d’Alger, Khemis Miliana a d’abord été conquise par les Romains qui lui donnent pour nom Colonia Augusta avant de la baptiser Malliana. Mais de cette période de l’Histoire, il ne reste plus aucune trace, les Français ayant choisi de construire leur ville sur les ruines de la cité romaine.
Même si les manuels d’histoire n’évoquent guère le passé de cette région du temps des Romains ou même avant, il nous est impossible de croire qu’aucune âme vivante ne se soit établie dans cette région plus tôt. Quoi qu’il en soit, la ville s’est forgée au fil des époques et a puisé sa force et sa richesse dans les différentes civilisations étrangères qui s’y sont succédé.
Selon l’historien Pline, Malliana ou Colonia Augusta était désignée par les populations locales (indigènes) sous le nom d’Azaliakar, ce qui, en langue amazighe, signifie le mont le plus élevé de la région. Selon les localités ou les tribus Azaliakar devient Azaliakeur ou Azakeur,…
Marquée ou pas, la présence arabe dans la région sera absente dans les manuels d’histoire, idem pour la période d’occupation ottomane. Pourtant, ce sont les Turcs qui utiliseront les pierres de Colonia Augusta pour ériger les murs de Madinat Sidi Ahmed Benyoucef, en l’occurrence la toute voisine, Miliana.
Lorsque les troupes françaises arrivent dans la région, elles sont fascinées par les terres qui s’offraient à elles, à perte de vue. Des terres qu’elles espéraient fructifier, en y semant toutes sortes de graines dont les fruits des récoltes seraient exportés vers l’hexagone, voire dans d’autres pays d’Europe. Alors tout commence par cinquante feux, représentant les cinquante premières familles françaises venues s’installer dans la région, constituant le premier noyau colonial. Originaires de Paris, elles sont expédiées là par la France en 1848, dans le cadre des fameuses colonies agricoles.
Une fois installés, les premiers colons se lancent dans la culture du mûrier, palmiers nains et jujubier, ils élèvent des vers à soie et fondent une magnanerie, entre le hameau de cinquante feux et Miliana, qui n’était alors, qu’un modeste douar arabe où l’armée française avait installé une petite garnison. La même année, plus exactement, le 14 novembre, le général Lamoricière décide de baptiser ce bourg Affreville, du nom de Monseigneur Denis Auguste Affre, archevêque de Paris, mort sur les barricades. Devenant ainsi une commune de plein exercice, Affreville est dotée d’un grand marché qui devient un carrefour commercial pour toute la région. La ville érigée au pied du Zaccar accueille après la révolte de 1848, un camp de détenus, déportés politiques.

Affreville, capitale régionale du blé

Au fil des années, les colons finissent par s’habituer à leur nouvelle vie et au climat de la région. Ils décident alors de se lancer dans la culture du blé, afin de nourrir des millions de bouches outre-mer. D’ailleurs, quelques décennies plus tard, Affreville deviendra l’une des plus grandes gares du blé, contrôlant toute la plaine dotée de docks silos. Les trains, notamment le train Alger-Oran, passent par la gare d’Affreville et y font un arrêt. Cela fait sortir la ville de l’enclavement, voire de l’anonymat et lui donne un statut particulier, faisant d’elle le centre d’une région de culture de céréales.
Peu à peu, la ville prend toutes les allures d’une belle ville coloniale, avec toutes les commodités (église, école,…) et loisirs (piscine, stade, cinéma, salle des fêtes…), nécessaires à une vie confortable pour les dizaines de familles de colons venues notamment d’Alsace et de Lorraine pour grossir le noyau d’habitants initial.
Un siècle plus tard, en 1948, à la faveur d’un premier recensement effectué, la population d’Affreville est de 12061 habitants dont 2082 Européens. Dix ans plus tard, ils seront 11 453 habitants dont 2 426 européens et 11 727 autochtones.
Ce n’est qu’après l’indépendance, qu’Affreville devient Khemis Miliana.

Hassina Amrouni
Sources :
www.algermiliana.com/
standardstation.blogspot.com


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