L’un des premiers responsables de l'action directe à Alger
Mokhtar Bouchafa dit « Si Mokhtar »…« L’indiscipliné »

Par La Rédaction
Publié le 19 fév 2017
Colonel Ouamrane à droite

Il est, de juin 1955, jusqu'à son arrestation en août 1956, le chef des commandos armés de la branche militaire de la Zone autonome d’Alger, sous les ordres d’Amar Ouamrane. Il venait de succéder à son compagnon de lutte Mustapha Fettal, qui avait été arrêté en mai 1956. Il dirige en 1956 l’intégration des groupes armés des combattants de la liberté au sein du FLN.
Né le 16 avril 1927 à Rekkada (Texenna, wilaya de Jijel), il habitait le quartier de Belcourt. Mokhtar Bouchafa, mécanicien de son état, avait même envisagé avec Fettal de se lancer dans l'action directe dès septembre 1954, c'est-à-dire près de deux mois avant le déclenchement de la lutte à l'échelle nationale.
Son impatience à passer à l’action à être utile à la révolution lui valut une prévention de la part de Abane, qui, contrairement à lui, avancent certaines historiens, aurait cherché à faire de la capitale une base arrière, ou comme sanctuaire pour fortifier les maquis.
Le malentendu est né de sa vivacité patriotique qui l’aurait conduit à malmener au café de Tanger d’Alger Amara Rachid qui était à l’époque le logeur et l’intermédiaire d’Abane Ramdane. Bouchafa avait été alors convoqué dans les maquis d’Ouamrane à Palestro sur ordre d’Abane Ramdane, pour y être entendu. Sa rencontre avec Ouamrane, qu’il connaissait auparavant, l’aurait ainsi sauvé d’une liquidation qu’il croyait certaine.
Cette méfiance d’Abane à l’égard de Bouchafa et de Yacef Saâdi, au point de demander au premier de liquider physiquement le deuxième, qu’Ouamrane accusait de trahison, a marqué les deux hommes.
Abane lui aurait reproché, en fait, d’avoir failli à deux reprises à sa mission, qui consistait à descendre l'inspecteur Abane. « Une fois, la cartouche était mouillée, la seconde, M. Bouchafa aurait hésité », témoigne-t-on.  
Mais l’échec de ses actions, certains historiens l’expliquent par l’absence de stratégie adaptée à la guérilla urbaine, auprès de la direction.
Pour ses compagnons de lutte, ce militant hors-pair jouissait du total respect de ses chefs, et de leur respect sans faille malgré une certaine « indiscipline » dont il faisait preuve dans certaines missions. Pis encore, face à l’ennemi, il était fier et intransigeant. Ainsi, face aux gendarmes, qui l’encadraient au Palais de justice, au lendemain du détournement d’avion des cinq dirigeants du FLN, effectué par l’armée coloniale qui lui disaient : « C’est fini pour vous, Ben Bella a été arrêté », selon un de ses compagnons, qui relate l’événement, il lancera :
« Il y a des milliers d´autres Ben Bella au maquis. »
Notre héros est arrêté au mois d’août, 1956, trois mois environ après sa prise de responsabilité, et emprisonné à Serkadji (Alger) avant de s’évader le 29 janvier 1961 de l´hôpital Mustapha-Bacha d´Alger où il était hospitalisé. Il rejoint aussitôt le maquis pour ne le quitter qu’à la fin de la Révolution.  
Djamel Belbey

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