L’auteure de l’attentat du « coq hardi » torturée par le capitaine Graziani
Djamila Bouazza

Par Djamel BELBEY
Publié le 19 fév 2017

Le 25 avril 1957, Djamila Bouazza, l’agent de liaison et membre du « réseau bombes » de Yacef Saadi, avait été arrêtée. Transférée à El Biar, elle est interrogée par l'OPJ Fernand le 9 mai 1957 et torturée par le capitaine Graziani.
Djamila Bouazza, est née en 1938. Elle est employée au Centre des chèques postaux à Alger, quand elle recrutée par Djamila Bouhired par l’intermédiaire de Habib Réda (Mohamed Hattab) et de son frère Madjid. Djamila Bouazza était fiancée à Madjid, ils devaient se marier en aout 1957.  
Elle à 19 ans, quand Djamila Bouazza avait reçu pour tâche de poser le 26 janvier 1957 une bombe à la terrasse du « Coq Hardi » brasserie située rue Charles Peguy. La bombe réglée pour exploser à 17heures, a fait 4 morts et 60 blessés. Pour cette mission, Djamila Bouazza, cette jeune fille charmante, aux longs cheveux noirs, aux yeux marron clair, surnommée « Miss cha cha cha. »,  s’était fait teindre en blonde pour passer inaperçue.
Dans un récit publié par une revue historia magazine en 1972, Francis Attard, retrace les détails de cet attentat. « Il est 17 h 10 lorsque Djamila Bouazza fait volontairement tomber son mouchoir à la terrasse, vitrée en hiver, de la brasserie du Coq-Hardi, située rue Charles Péguy, près du plateau des Glières. En se baissant pour le ramasser, la jeune fille glisse rapidement son «  truc » sous le pied en fonte du guéridon sur lequel un garçon en veste blanche a déposé un coca-cola. (…) Après avoir ramassé sa monnaie, Djamila Bouazza se lève, sort et va se mêler aux passants de la rue Michelet ».
Les forces spéciales, rompues à l’art de la désinformation ont laissé croire, tantôt que, c’était Djamila Bouazza, qui avait dénoncé Bouhired  en avouant aux enquêteurs avoir déposé les bombes de la rue Michelet, le 9 novembre 1956, et du Coq Hardi, que Djamila Bouhired qu’elle lui avait remises, et tantôt qu’elle avait été dénoncée par Djamila Bouhired. Pour donner du crédit à cette thèse, l’on fait appel au sinistrement célèbre tortionnaire le capitaine Graziani, celui là même qui avait été accusé par Djamila Bouhired de tortures. Dans un entretien recueillis par Jean Larteguy , dans l’écho d’Alger, du 11/04/1958,  le capitaine Graziani, n’a pas trouvé mieux pour se défendre, que de narrer ses « exploits » à l’encontre d’une faible dame, en affirmant avoir interrogé Djamila Bouhired le 17 avril 1957, « deux gifles étaient à même de lui arracher l’aveu. Elle aurait dévoile alors trois caches où se trouvent 13 bombes et dénoncé Djamila Bouazza ».
Elle est incarcérée à la prison de maison-carré (El Harrach) où elle retrouve Djemila Bouhired, Jacqueline Guerroudj et Zora Drif.  Au cours de sa détention, « les avocats demandent un examen psychiatrique de Djamila Bouazza, qui donne des signes d'aliénation mentale. Ils estiment invraisemblable qu'un agent de liaison ait été chargé de poser des bombes. Ils démentent que Djamila Bouhired ait signé des aveux. Le président Roinard refuse examen psychiatrique et graphologique ».
Maitre Vergès qui prend sa défense, a beau clamer que « cette militante a accompli, sous l’ordre de ses chefs, une action de guerre», Djamila Bouazza est condamnée le 15 juillet 1957 à la peine de mort par le Tribunal Permanent des Forces Armées d'Alger, présidé par M. Roinard. Le procès s’est terminé tard dans la nuit. Mais, devant la campagne menée par jacques verges, et Georges Arnaud qui signent un manifeste, publié aux Editions de Minuit, suivi de l’ouvrage d’Henri Alleg, qui ont alerté l’opinion internationale, sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité. Elle est graciée le 8 mars1962.



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