PARCOURS SENSATIONNEL D’UN MOUDJAHID DE DELLYS
Si Hamoud Chaid dit Abderahmane raconte les péripéties de la Révolution du 1er Novembre 1954

Par La Rédaction
Publié le 11 déc 2017
Ce n’est pas un hasard que j’ai voulu rendre un hommage appuyé à cet homme en ce 63è Anniversaire de la Révolution. Voilà une personnalité d’une humilité qui sied à un Moudjahid de conviction, d’honneur et de secret. C’est en janvier 2001 que nous avons eu l’occasion de nous connaître dans le renouvellement du tiers présidentiel où nous fûmes choisis par Son Excellence Abdellaziz Bouteflika comme membres du conseil de la nation (Sénat). Lorsque j’ai abordé la discussion avec si Abderahmanne chez lui , il m’apparait malgré son âge, un homme très lucide à tel point qu’il n’ait oubliéle moindre détail, quelques heures ont suffit pour retracer quelques étapes de sa vie militante et maquisarde.
Si Abderahmane avec Dr Haichour
1- Capitaine Djaber, chef de la zone I, W5,  2- Ali Rebir . 3- Abderahemane Chaid. 1957
1- Capitaine Abderahmane Chaid. 2-Ghazi. 3- Commandant Mgateli. Le 5 janvier 1958
Photo prise le 20 mars 1962
Youcef Bouchakour né le 17-06-1937 - Mouloud Zikara dit Rachid né le 11-05-1938
1- Si Mokhtar. 2- Dr Bakir Gueddi. 3- Si Baghdadi. 4- Si Zeghloul. 5- Si Touhami. (Combattants de la Wilaya 5)
1- Melah Ali. 2- M’hamed Bougara. 3- Salah Zamoum. 4- Amar Ouamrane. 5- Slimane Déhiles. 6-Omar Oussedik
Photo prise le 19 mars 1962
Le 5 janvier 1958, près des frontières Ouest. De g. à dr. Abderahmane Megatli, Abdelaziz Bouteflika, le capitaine Chaid Hamoud dit Abderahmane, Berri Mustapha dit Boumediene

NARRER L’HISTOIRE TELLE QUE VÉCUE SANS PASSION NI HAINE            

Evidemment l’histoire peut être narrée dans l’esprit des réalités et des faits. Les communiquer  sans la moindre forfaiture, rendre compte aux générations en parlant de vérités relèvent d’un sens élevé de responsabilité qui sont des pierres angulaires  de son écriture. Si je suis de cette  génération post indépendance  qui a eu à connaître nombreux  dirigeants de la Révolution, mon devoir est de contribuer aussi modestement à leur rendre l’honneur et le respect de la Nation, à leur militantisme et leur combat multiforme contre le colonialisme.

INTERROGER LES VIVANTS SANS TRAHIR LES MARTYRS

En effet le concept de Révolution est différent de ce que les historiens coloniaux appellent guerre d’Algérie. En vérité c’est une révolution pour la paix et  l’indépendance d’un peuple qui fut spolié  depuis 132 ans de sa terre afin de la récupérer.  Une sale guerre horrible et cruelle causant plus d’un million et demi de martyrs du côté algérien,  soit un dixième de la population sans compter les traumas de tous genres, des mutilations, des tortures.
Pour l’historien il faut énormément de recoupements des faits surtout en interrogeant les survivants de cette guerre. En raison du goût des algériens pour le secret du fait de la clandestinité, il n’est pas aisé à ce jour de recueillir les faits même s’ils sont têtus.

SI HAMOUD UNE MATURITÉ POLITIQUE PRÉCOCE

Il est difficile d’en vérifier aussi leur véracité. Lorsque je lisais les mémoires de Si Hamoud CHAID « Sans Haine ni Passion » dans un style où le passé composé illustre bien la narration de ces pages d’histoire de l’Algérie combattante. De son enfance à la maturité d’un âge précoce pour vivre déjà à l’époque les bombardements  de l’aviation allemande et italienne sur Alger et ses environs. La jeunesse était consciente des répercussions de la 2ème guerre mondiale sur notre pays en tant qu’arrière base des alliés.
Si Abderahmane Chaid est né le 18 Septembre 1930 à Dellys dont le père démobilisé  en 1920 de la 1ère guerre mondiale,  marié en 1928 d’une fille de  la famille Drir.
De ce foyer naquit Hamoud dit Abderahmane. Avec l’arrivée des alliés la population a respiré des affres de cette guerre où la misère et le rationnement touchaient davantage les algériens qui étaient dans un état de sous alimentation et de misère indescriptibles. Les épidémies du typhus et de la gale sans compter la tuberculose faisaient rage. La mortalité touchait la  presque-totalité de ce qui est appelée la population indigène.
Ecolier puis fréquentant l’école coranique, le jeune Hamoud a pu apprendre un métier à la rue du Caftan  actuellement rue Ahmed Ouchrif à Alger où les parents ont pu déménager pour survivre  dans la casbah à l’image de toutes les familles musulmanes. Il ira une fois son carnet d’apprentissage en poche travailler dans un local appartenant à une famille commerçante juive à la rue Sâadaoui Med Séghir ex. rue Borély la Sapie à Bab El Oued.

MAI 1945 SI HAMOUD L’ENFANT DE DELLYS ADHÉRE AU PPA

Dès l’année 1945 Hamoud parvint grâce à un parent cordonnier Med Zerrouni à trouver une place chez un patron algérien Medjebri Benaïssa installé à la rue Taleb Abderahmane ex. rue Guillemin dans un sous sol. C’est de ce milieu nationaliste comme il le décrit où du scoutisme SMA groupe El Kotb situé sous les voûtes de la Rampe de la Pêcherie, qu’il s’inscrira au PPA  grâce à   un dénommé Boulanouar qui avalisa son adhésion  parrainée par un certain Amrani Laïd vers la fin se l »année 1946/début 1947.
La famille de Si Abderahmane habite désormais à Belcourt alors qu’il travaillait à Bab El Oued. Il passe le reste de son temps à la casbah. Il fréquentera l’école Errachad dirigée par Bencheïkh El Hocine Ahmadou et plus tard Mohamed Eddahaoui  qui revenait du Liban ramenant de nouvelles connaissances universitaires à cette école du MTLD.

UNE JEUNESSE OUVERTE AUX IDÉES RÉVOLUTIONNAIRES

Nous allions également au siège de l’association des Oulémas dira Si Abderahmane pour  suivre les conférences religieuses à la rue Pompée données durant les veillées du mois de Ramadhan par Cheïkh Bachir El Ibrahimi, Cheïkh Larbi Tébessi, Tawfik El Madani, Cheïkh Kheïreddine et Cheïkh Sahnoun. Il y avait aussi le Cercle du Progrès (Nadi Ettaraki) animé par Cheïkh Tayeb El Okbi. Le café restaurant « Le Caire » à la rue Amara (ex.rue Randon) près du marché de la Lyre lieu privilégié où se rencontrent les militants.
En plus de la presse locale, nous parvenaient des périodiques tels « La Daoua » organe des frères musulmans d’Egypte, « Al Moustamaâ  el Arabi » édité par une équipe de speakers de la BBC de Londres où on lisait des articles de Taha Husseïn et d’Abbas al Acquad. C’est cette période qui a vu le film égyptien, hindou introduit dans nos cinémas surtout au cinéma « Le Splendid » Dounyazad aujourd’hui. Il se rappelle de mémoire de jeunesse les visites de Messali Hadj après les événements marquant le génocide du huit mai 1945 et la répression qui s’en est suivie.
SI HAMOUD EVOQUE LA PERSONNALITE DE MESSALI HADJ
Il eut l’occasion avec son ami Laïd Amrani d’être reçus par Messali dans une des pièces de sa villa située sur les hauteurs de Bouzéréah. Si Hamoud évoquait la personnalité fascinante de ce leader, sa prestance et ses habits traditionnels gandoura, burnous et chéchia stambouli. L’année 1946 verra l’éclatement des AML et les partis de la coalition se replièrent sur eux-mêmes. Militant du PPA Si Hamoud alias Si Abderahmane  ne pensait pas avoir la chance d’assister au déclenchement de la révolution  encore moins à l’indépendance.
Le PPA entra dans la clandestinité depuis son interdiction en 1939, mais il arriva à se donner un nouveau sigle de MTLD à partir de Novembre 1946. Il mettra dès Février 1947  son aile para militaire l’OS qui aura pour mission  de préparer les meilleures conditions du soulèvement armée.
Après sa sortie de Sanatorium de Rivet en 1951 qui révéla une caverne para-cardiaque, il devait être soumis à un examen et un traitement par un  pneumothorax. Si Abderahmane reprit son travail dans un atelier de chaussures. A l’école Errachad on lui avait laissé entendre qu’avec son niveau, il pouvait s’inscrire à l’université de la Zeïtouna. Résolu il tenta alors de se rendre en Tunisie vers la fin de l’été 1951.

Si HAMOUD  ERRACHAD- ZEITOUNA-RADIOELECTRICIEN

Si Abderahmane une fois en Tunisie rencontrera d’énormes problèmes et décida de rentrer au pays. C’est ainsi qu’il a pu grâce au concours de l’assistance sociale suivre un stage de six mois comme radioélectricien à la SFRA (Société Française de Radio Afrique) à Belcourt. Devenu ouvrier spécialisé dans un atelier près de son domicile qui lui faisait économiser le coût du transport et pouvoir contribuer aussi à aider bénévolement les malades en y adhérant à la (FNMIP) Fédération nationale des malades infirmes et paralysés.
Si Abderahmane envoya en 1953 une lettre à l’organisation des Frères Musulmans qui faisaient beaucoup parler d’eux en Egypte et dans certains pays arabes. Ce qui milita à la création d’une section à Alger avec un noyau à Tlemcen, Jijel et Constantine. Avec l’adhésion de Cheïkh Sahnoun, Arbaoui, Fettal et d’autres, ils créeront un comité qui se réunissait à la Mosquée de Saint Eugène (Bologhine).

SI ABDERAHMANE RACONTE LA SCISSION AU SEIN DU MTLD

Si Abderahmane raconte la scission opérée au sein du MTLD durant l’été 1954 entre Messalistes et Centralistes. Heureusement l’OS a su relever le défi au moment opportun dans un élan de réconciliation tout en précipitant le déclenchement de la Révolution. Ce sont les Vingt deux éléments de l’OS qui avaient fait partie
CRUA (Avril 1954) qui se sont réunis et qui décidèrent de l’opportunité du déclenchement de la Révolution.
Mohamed Boudiaf fut élu Coordinateur national. Autour de lui dans cette direction collégiale il y avait : Larbi Ben M’hidi, Mourad Didouche, Mostefa Benboulaïd et Rabah Bitat qui formaient ce Comité des cinq auquel se joint en Septembre 1954 Krim Belkacem déjà au maquis en Kabylie depuis 1947 devenant ainsi celui des six. Ce Comité sera composé de neuf avec l’adhésion de la délégation extérieure Ahmed Benbella, Aït Ahmed et Mohamed Khider. L’Algérie fut découpée en cinq zones confiées respectivement  Zone I à Mostefa Benboulaïd dans les Aurès, Zone II à Didouche Mourad  dans le (Nord Constantinois), Zone III à Krim Belkacem pour la Kabylie, la Zone IV à Rabah Bitat (L’Algérois) et la Zone V à Larbi BenM’hidi (L’Oranie). Mohamed Boudiaf assurait dans cette répartition la coordination entre les zones et la liaison avec la délégation extérieure.                     

APRES LE FIDA URBAIN C’EST LE CHEMIN DU MAQUIS

Pour revenir à Si Hamoud qui prit le prénom de Si Abderahmane afin d’échapper aux mailles de la police, il réalisa que dès la fin de 1956 Alger est sous le contrôle du FLN.C’est à cette période dira Si Abderahmane  qu’il prendra contact avec Chergui Brahim alias Si Hamida à qui il devait rendre compte de ses activités militantes. Ce fut ensuite Redha avec qui il collaborait jusqu’à son arrestation vers la mi-octobre. En fait c’était Gadira une jeune fille chargée de liaison qui l’a informé de l’arrestation de Redha et M’hamed Sahnoun responsables de Belcourt. Au mois de Décembre 1956 en prévision de son départ au maquis qui a eu lieu vers janvier 1957, il devait passer les consignes sur instruction de Si Hamida à Smaïn, jeune étudiant de son vrai nom Mahmoud Messaoudi.
Avant de partir au maquis il a mis sur pied une cellule spécialisée de renseignement avec Yazid Benaïssa, Abderahmane Baâzizi et Hadj Smaïn. Il fit connaissance de Ramel de son vrai nom Othmane débordant d’ardeur qui eut à déposer une bombe au QG de Bigeard mais qui toucha d’autres parachutistes. Ramel qui tomba au champ d’honneur le 26 Août 1957 encerclé dans une maison de la Casbah, avait intégré avec ses hommes la zone autonome  et fit partie de son Etat-major comme chef militaire.
C’était une période où toute Alger et la casbah  étaient quadrillées par les paras, fouille, passage à tabac et vérification d’identité. Combien de fois il avait la sueur froide qui l’envahissait de peur d’être arrêté. Il allait recueillir un pistolet  chez Ali Bouzourène à la rue Bab Azzoun. Il passera la dernière nuit dans le refuge de Bab el Oued chez la tante d’Ali Bouzourène dont le mari et le frère étaient détenus.
Au début de Janvier 1957 au moment où il quittait Alger, l’activité révolutionnaire est à son summum. Le FLN se préparait pour la grève des huit jours qui aura lieu le 28 Janvier 1957 pour appuyer le débat sur la question algérienne  à l’ONU prévu pour la mi-février. Sur le plan militaire et sous la direction de Yacef Saâdi, il eut eu recrudescence d’activités de « fida » sans précédent.
Les français engagèrent l’épreuve de force sous la dénomination de « La Bataille d’Alger ». Yacef saadi sera arrêté le 24 septembre 1957 suivie de la mort d’Ali la Pointe, Mahmoud Bouhamidi, Hassiba Benbouali et le petit Omar le 8 octobre 1957 dont les corps ont été déchiquetés après la déflagration  de la bombe qui leur est destinée dans leur cache secrète dans la casbah. Le départ au maquis eut lieu comme prévu. Si Abderahmane et les deux lycéens Youcef et Rachid étaient au rendez-vous où les attendait  au bastion 15 l’agent de liaison un certain Ahmed à la station des autobus pour se rendre à Boudouaou. La peur au ventre à chaque barrage de soldats. Ils étaient déjà en plein maquis où ils rencontrèrent un certain Mohamed Touileb  alias Mohamed l’Alma, chef politico militaire, une vieille connaissance de Si Abderahmane. Des chemins escarpés de la wilaya IV à l’entrée à la Wilaya VI, les paysages changèrent après quatre jours de marche nuits et jours  laissant à chaque fois derrière eux des avions de l’ennemi et des opérations de leurs troupes héliportées.

SI ABDERAHMANE ET LE PARCOURS DU COMBATTANT

Arrivés enfin dans la wilaya VI où ils furent affectés, ils se dirigèrent directement chez le Colonel Si Chérif(Ali Mellah) où ils furent reçus avec une « gassaâ de couscous » garnie de viande de mouton, dans le refuge de « Tletet edouaouir » à quelques km de Ksar El Boukhari. Il faut dire qu’ils n’ont  rien manger depuis leur départ d’Alger.
Ils furent départagés l’un à Sour el Ghozlan, l’autre à Ksar el Boukhari tandis que Si Abderahmane, accédant au grade d’aspirant puis à celui de lieutenant, rejoint le PC de la Wilaya IV situé à Ouled Ayad. La wilaya IV est  si différente de la wilaya VI au point de vue relief, panorama et cadastre. L’immensité du terrain faisait qu’on se déplaçait par chevaux, mulets et chameaux pour chasser des groupes MNA (messalistes) jusqu’à la limite Had Essahari à quelques km au Nord de Djelfa…

LES GRANDS ACCROCHAGES ALN/FORCES COLONIALES A PARTIR DE 1957

Des grands accrochages eurent lieu contre les troupes françaises aux environs de 1957. Le bataillon ALN s’en est tiré avec 84 moudjahidines tombés au champ d’honneur alors que les pertes de l’ennemi étaient plus élevées. Le Colonel Si Chérif de la Wilaya VI confia le commandement de la zone 1 de Sour el Ghozlane au Commandant Abderahmane Djouadi chargé de mettre sur pied la zone 1 et désigna le Capitaine Rouget à la tête de la zone 2, celle de Ksar el Boukhari où Si Abderahmane Chaid devenait son adjoint.

TRAHISON DE BENSAIDI  ET ÉLIMINATION DES MEMBRES EMG WILAYA VI

Un lot d’armements devait quitter le Maroc par la Wilaya V où trois compagnies furent désignées par Si Chérif pour récupérer le butin. Il chargea le lieutenant Mustapha Benamar de la première, le Capitaine Abdellaziz de la seconde et le lieutenant Chérif Ben Saïdi de la troisième qui rejoignirent la frontière de la wilaya V vers le mois de Mars. La région du djebel Nador allait être un obstacle dangereux. Il eut quelques pertes dont la mort du Capitaine Abdellaziz tombé au champ d’honneur.
BenSaïdi désobéit aux ordres et entre dans la dissidence avec ses troupes passant à l’élimination physique de tous les membres de l’Etat-major de la Wilaya VI. Au maquis l’organisation était de type militaire au sommet et civile à la base. Les Katibas comptaient 103 éléments et parfois 136 si on porte le nombre de sections de 3 à 4. Les commandos sont les éléments les plus brillants relevant directement de l’autorité zonale. Leur âge ne devant dépasser 24ans.Le Faylak ou bataillon est un ensemble de trois katibas.
L’attitude de désobéissance de Ben Saïdi et de sa dissidence allait être fâcheuse qui au crépuscule du 31 mars 1957 le Colonel Si Chérif  avec ses deux compagnons  Moussa et Ali Mellal seront les premières victimes de cette conspiration. En zone 1 BenSaïdi continua en liquidant le Commandant Djouadi Abderahmane et fit exécuter près de trois cent djounouds et se proclama Colonel de la Wilaya VI. Tel est le récit narré par Si Abderahmane Chaid qui fut informé par Abderazak Boukhari du désastre causé par ce sinistre Ben Saïdi. Un véritable complot se dessinait à l’horizon amplifié par la rumeur et l’intox. Si Abderahmane n’avait qu’un pistolet (Baretta 9mm court et cinq balles) le seul le mieux armé du groupe.

FACE A LA DISSIDENCE EN WILAYA VI, SI M’HAMED BOUGARA INTERVIENT

En Mai 1957 il aurait fallu au Colonel de la wilaya IV   Si M’hamed Bougara  assisté du Commandant Lakhdar et du Capitaine Azzedine d’intervenir pour acculer Ben Saïdi d’accepter la confrontation de ce qui se passait dans la wilaya VI zone 1. Ce dernier ayant été rassuré rejoint l’armée française qui le confirme dans son grade usurpé de Colonel et placé à la tête des harkis  comme Géneral. Ce dernier a survécu après  l’indépendance .
Le Colonel Si Chérif de son vrai nom Ali Mellah dont le père était imam du douar Taka à M’kira commune de Drâa el Mizane  en grande Kabylie est né en 1924. Il reçut une éducation coranique.
A 21 ans il adhéra au PPA. Il se heurta durant les élections à l’administration française alors qu’il militait au MTLD. Recherché par la police française, le Parti le nomma à Tigzirt sur mer, Aïn Bessam et plus tard responsable de la région de Dellys, Sidi Daoud et Baghlia.

LE COLONEL DE LA wilaya VI ALI MELLAH alias SI CHERIF TOMBE AU CHAMP D’HONNEUR

Quand il prit part au déclenchement du 1er Novembre 1954, il est déjà à la tête de Tigzirt et Azzazga. Blessé puis rétabli à Aîn Hammam et il reprit le commandement de la wilaya VI par Sour el Ghozlane et Ksar el Boukhari. Il sera représenté par Ouamrane au Congrès de la Soummam car retenu par une urgence. Il sera nommé Colonel de la Wilaya VI et membre suppléant du CNRA. Il rendra visite à sa famille avant de rejoindre la wilaya VI pour embrasser son fils qui avait huit et qu’il n’a pas vu. Le Colonel Ali Mellah tombera sept mois plus tard au champ d’honneur.
Quant au dissident BenSaïdi est d’origine des Ouled Soltane commune des Souagui à mi-chemin entre Ksar El Boukhari et Sour el Ghouzlane. Engagé dans l’armée française en 1948, il participa à la guerre d’Indochine. Il rejoint l’ALN dans à la tête d’un groupe de moussebilines. Il gravira les échelons et sera promu au grade de lieutenant dirigeant une compagnie.  Il portera un coup fatal à la Révolution dans une des trahisons la plus abjecte. Une fois cette affaire réglée, le Colonel Bougara procéda à la restructuration de la wilaya VI. Il plaça à sa tête un intérim au nom de Tayeb El Djeghlali qui fut Capitaine en zone 2 dans la wilaya IV  ancien du PPA/MTLD un homme du 1er Novembre 1954.

SI ABDERAHMANE A LA TÊTE DE LA ZONE 2 DE LA WILAYA VI

 Si Abderahmane accède alors dans cette wilaya VI à la tête de la zone 2  avec comme adjoints Si Hacène lieutenant politique et Si Rabah   lieutenant des  renseignements et liaisons. Il faut dire que la Wilaya VI  est née avec le Congrès de la Soummam. Elle est la plus vaste de toutes les autres. Sa configuration géographique faisait d’elle une wilaya difficile à gérer. C’est à partir de 1960 que la zone de Sour el Ghouzlane et de Ksar el Boukhari sera rattachée à la wilaya IV. L’extrême Sud sera pris en charge par l’EMG en Front Sud ou Front  mali.
Il faut dire que la Wilaya VI ne contrôlait que la partie Nord. Les Hauts Plateaux sont sous le contrôle du MNA suite à la scission du MTLD où des militants restèrent fidèles à Messali Hadj. Leur Chef militaire est un certain Général Bellounis. Il faut dire que c’est grâce à la complaisance de l’armée française que le MNA a pu s’implanter dans les hauts plateaux afin de créer une aile concurrente au FLN pour imposer le moment venu lors des pourparlers d’exercer le chantage.

TENTATIVE DE SEDITION DES ZIANISTES EN WILAYA VI

Si Abderahmane évoquait également une autre sédition en la personne de Ziane Achour qui prit pourtant le maquis en 1954. Il sera arrêté par les forces coloniales puis relaxé et rejoint ses hommes en 1955. N’ayant pris part au Congrès de la Soummam, Ziane contesta les décisions prises, il sortira des rangs et créera le courant des « zianistes » contestant la nomination de Si Chérif à la tête de la Wilaya VI.
Or quelque soit la décision prise par la majorité, surtout qu’elle émane de la direction politique  s’opposer voire la contrecarrer serait pécher par orgueil, surtout en période de lutte armée où l’unité nationale est des plus vitales.

LES PRÉSENTS ET LES ABSENTS AU CONGRES DE LA SOUMMAM

Ziane ne fut pas le seul à n’avoir pas assisté au Congrès de la Soummam. Si Abderahmane précisait que ces assises de la Révolution n’ont pu réunir en fait que quinze responsables. Il s’agit de :
Six  du Nord Constantinois (wilaya II) sous la conduite de Zighout Youcef, quatre de la Kabylie (wilaya III) sous la conduite de Krim Belkacem, trois de l’Algérois (wilaya IV) sous la conduite Amar Ouamrane, un de l’Oranie(wilaya V) en la personne de Larbi Benm’hidi et un de la capitale(Alger) Abane Ramdane. La wilaya VI pour le Sud c’est Ali Mellah (Si Chérif) qui pris par un impondérable, s’est fait présenté par Ouamrane. Etaient absents au Congrès de la Soummam les responsables de la délégation extérieure et les responsables des Aurès (w-I). Pendant la Révolution il serait même fâcheux sinon condamnable d’exhiber sa région.
Voyez comment Didouche Mourad venant d’Alger commandant le Nord Constantinois, Benm’hidi, Boussouf et Boumediene de l’Est du pays ayant commandé l’Oranie, la Wilaya IV a été bien dirigée par Ouamrane et ensuite Déhiles Slimane dit Si Saddek, tous deux d’ailleurs originaires de Kabylie. Il n’y a pas une parcelle de notre terre qui n’ait été arrosée du sang de martyrs et  moudjahidines  venant de tous les coins du pays.      

REGLEMENT DÉFINITIF DU DIFFERENT AVEC LES ZIANISTES

Après le Congrès de la Soummam le Colonel Si Chérif établit le contact avec Achour Ziane par l’intermédiaire de notables de Ksar el Boukhari et de Laghouat  et la correspondance entre les deux hommes continua même après la mort de Ziane mort le 7 Novembre 1956, avec son successeur Amor Driss, même si une opposition des zianistes restât proche des messalistes aux abords de l’atlas saharien où le MNA élit domicile à Dar Echouyoukh. Le 31 Mars 1957 tomba au champ d’honneur le Colonel Si Chérif lors de son déplacement à la limite de la zone 8 wilaya V.
Amor Driss qui rencontra le capitaine Lotfi se rendirent ensemble à Oujda pour conférer ensemble avec le Colonel Boussouf, Chef de la wilaya V avant de la quitter pour assumer d’autres responsabilités. C’est au cours de cette entrevue qu’il fut décidé d’ériger la partie Sud de la wilaya VI en zone 9 et de la rattacher à la wilaya V, décision datant du 27 Juillet 1957.

SI ABDELLAZIZ BOUTEFLIKA ALIAS ABDELKADER EL MALI AU FRONT SUD

Pour ce qui est de la partie Sud de la wilaya VI prise en charge par la wilaya I, celle-ci en avait fait une partie de la zone 3 que commandait le Capitaine Ahmed Benabderezak dit Si el Haoues. L’extrême Sud de la wilaya VI, n’ a connu une réelle implantation de l’ALN qu’en 1960 lors que l’EMG la prit en charge à partir de la frontière algéro-malienne. Un commandement composé des frères Abdellaziz Bouteflika alias Si Abdelkader, Mohamed Chérif Messadia, Mohamed Belhouachet et Ahmed Draïa.
Si Tayeb Djeghlali après avoir installé les zones 1 et 2 de la wilaya VI ira ramener de l’arment en zone 8 wilaya V destiné à la wilaya VI. Une réunion inter zonale réunissant les 23, 24, 25 Août 1957, le capitaine Abdelkader (Amar Mouhoub) pour la zone 3 wilaya IV, les capitaines Athmane appelé Benhadou Bouhdjar(Ouarsenis, Chlef, Dahra) et Nacer Bouizem (Bouizem Mokhtar) pour les zones 4 et 7 de la wilaya V (Mostaganem et Tiaret) du capitaine Si Abderahmane (Hamoud Chaïd) pour la zone 2 wilaya VI (Ksar el Boukhari). Des décisions ‘des sanctins et de nouvelles missions allaient prises sous l’autorité du Commandant Abderahmane Megateli de la wilaya VI. Le 26 Août 1957 au retour de Si Tayeb Djeghlali, il nous apprend que la wilaya VI fut dissoute et les missions transférées avec armes et bagages entre les wilayas IV et V.

L’ODYSSEE DU CAPITAINE ABDERAHMANE CHAID EN MISSION A  L’OUEST

En allant en mission vers le Maroc, nous avons du traverser  650 km dans  une chevauchée tantôt à dos de mulets, de chevaux et même à dos de chameau sans compter les distances faites à pieds, nous dira Si Abderahmane Chaïd pour transiter par Tiaret, Frenda, El Bayedh où nous fûmes sollicités pour intervenir dans un règlement de compte touchant la personne de Bouchrit suite à un litige tribal.
 Il y avait dans cette région d’El Bayadh trois chefs militaires dont chacun commandait son unité : Abdelwahab dit Moulay Brahim ancien du MTLD avait participé au déclenchement, El Amari qui rejoint l’ALN en 1955 et Boucherit un seigneur du désert mort en 1956 dans des conditions obscures.A Brézina  à 50 km d’El Byadh, Si Abderahmane Chaïd nous décrit comment ils furent accueillis comme à Frenda dans une des traditions séculaires où le Patriarche prépare le thé à ses hôtes.
 Un véritable rituel majestueux comme chez nos Touaregs. Méchoui, « melfouf » et couscous étaient les mets qu’on offre aux invités. Un thé moussant aromatisé par une plante de la région appelée « chéhiba » qui clôture la cérémonie dans toute simplicité bédouine.

NAVIGUER SUR UNE MONTURE ONDULANTE D’UN DROMADAIRE

Il nous resta une dizaine d’heures à dos de chameau qu’on entreprit dans environ 17heures. La nuit était fraîche et le chameau donnait l’impression qu’on naviguait contrairement au cheval qui secoue son cavalier. Si Abderahmane avait la sensation d’être sur un bateau tant l’eau était abondante avec la pluie qui tombait en abondance et la marche de la monture ondulante.
Presque sept heures de route et ils marchèrent à l’aveuglette tant le ciel était couvert et pas une étoile n’apparaisse dans le ciel. Les voyageurs avaient tellement froids qu’on entendait le claquement de leurs dents. Leur étape prit fin vers six heures au lieu dit « Garat El Ghazal » dans un endroit désertique.
L’ultime étape fut celle de Djanien Dar  et Béni Ounif. Figuig se profile à eux pour arriver au PC à la zone 8. L’accueil était désagréable en cette heure de l’aube. Nous étions exténués pour avoir marché plus de onze heures  à travers sables et  dunes nous dit Si Abderahmane Chaïd.

DESAGREABLE ACCUEIL DES RESPONSABLES A FIGUIG

L’accueil à Figuig fut froid dit-il frôlant l’indifférence. La fatigue nous a éreintés. Nous tombâmes dans un sommeil comateux. Dans le nouveau « havre » où nous fûmes déplacés on sentait qu’on était en résidence surveillée. Nous y restâmes dix sept jours où nous recevions des visites telles celles de Moussa BenAhmed alias Mourad.
Au bout de leur patience arriva enfin si Amar Akbi qui leur dit qu’en tant qu’intérimaire il ne pouvait prendre aucune décision et qu’il fallait attendre le Capitaine Si Slimane (Kaïd Ahmed) qui se trouvait à Oujda. Ce n’est qu’au 18ème jour à 9heures qu’ils furent reçus par Si Slimane, Chef de la zone 8  Wilaya V. Sans mots doux, il commença à accuser le Capitaine Abdelkader et travers sa personne, la wilaya IV incitant à l’insubordination due à une certaine conception dans l’appréciation de la hiérarchie des wilayas IV et V.

RENCONTRE AVEC BOUDEGHENE BENALI ALIAS SI LOTFI

Alors que le problème soulevé par le groupe de Si Abdelkader ne peut trouver solution qu’à Oujda, Si Slimane le signifia de se diriger vers cette ville. En quittant Figuig le 20 Novembre 1957 le matin, Si Abderahmane et ses collègues arrivèrent à la tombée de la nuit à Oujda. Au deuxième jour c’est le Commandant Lotfi  de son vrai nom Boudeghène Benali né en 1934 à Tlemcen dont il succédera à Houari Boumediene en tant que Colonel à la tête de la wilaya V, qui nous a reçus avec déférence et sens de la responsabilité. Quelle personnage impressionnant et d’une locution d’un intellectuel dans toute l’humilité. Il nous a impressionnés au premier abord. Ce jeune de 23 ans est d’une culture bilingue et d’une éducation militante forçait le respect nous rappellera Si Abderahmane.
Enfin  malgré les soins dont nous fûmes l’objet, trois jours après c’est Houari Boumediene qui nous recevait. Il était peut bavard mais correct. En nous demandant de nous présenter, il déclina la sienne. Il nous dit que votre problème est du ressort du CCE. Nous retournions bredouilles à l’intérieur du pays. Alors nous lui avons demandé de prendre avec nous des armes et du matériel de guerre, chose acceptée. Nous réussîmes d’obtenir deux mitrailleuses allemandes de type MG 34 et 42 avec 20 000 cartouches de guerre ainsi qu’un chargement appréciable d’habillement militaire et de chaussures, deux machines à écrire, deux radios, deux appareils photo, deux paires de jumelles et deux armes individuelles de fabrication espagnole à la place de mitraillettes demandées.
Nous avons complété avec l’argent de lazone pour acheter un lot de 22 000 cartouches de chasse, de nombreuses boîtes de poudre, de capsules et de chevrotine ainsi qu’un lot d’accessoires auprès d’une armurière européenne.

ENTRETIENS AVEC BOUMEDIENE ET BOUSSOUF OU L’ESPRIT DE LA RÉVOLUTION

Avant de quitter Oujda ils furent reçus enfin par Si Boussouf qui avait les mêmes propos que Si Slimane. Une critique acerbe sur les responsables de la IV. Pour la wilaya VI elle restera la VI et que le Colonel Déhiles Slimane alias Si Saddek avait été instruit par le CCE. Le 27 Décembre 1957 Si Abderahmane et ses compagnons quittent Oujda en direction de la frontière.Le capitaine Djaber chef de la zone 1 wilaya V  les attendait. Une longue traversée à travers ses périples les attendait.
Après un repos mérité ils reprirent le chemin le 3 Janvier 1958 en route vers le Nord Est. Ils rencontrèrent sur le chemin Mustapha Berri alias Boumediene et Abdellaziz Bouteflika qui revenaient d’un contrôle dans différentes zones de la wilaya V. Ils faisaient partie tous deux de la Commission de Coordination et d’investigation CCI. Ils passèrent ensembles la journée du 5 Janvier 1958 avant de se séparer.

PHOTOS SOUVENIRS AVEC SI ABDELKADER EL MALI EN PLEIN MAQUIS

Si Abderahmane et ses compagnons ont profité pour évoquer  avec eux le malheureux différent entre la IV et la V et la zone 8 de la wilaya V. Ces deux frères avec qui ils sympathisèrent, ont échangé avec leurs Mat 49 à leurs pistolets car la route est encore longue pour s’en servirent contre l’ennemi en cas de besoin. Ils prirent ensembles des photos et se séparèrent.
Pour Si Abderahmane il reste encore 550km soit environ deux mois de marche dans l’immensité de ce relief entre deux astres l’un nocturne l’autre diurne. Ils s’arrêtèrent dans une infirmerie de fortune dirigée par Malek un français, qui a rejoint la Révolution. En zone 5, ils rencontrèrent au PC de la région un certain Hocine qui n’était que Si Hocine Medeghri originaire de Saïda. Puis ce fut la halte au PC de la zone 6 de la wilaya V. La dernière dans la wilaya V à Ouled Meddah au Nord de Tiaret. C’était déjà le massif de l’Ouarsenis où ils rencontrèrent Si Nacer Mokhtar Bouyouzem à proximité du PC de la zone 7. Ce dernier fut promu au grade de Commandant durant l’été 1958.
Pour ne pas alourdir la lecture de ce récit nationale,  Hamoud Chaïd alias Si Abderahmane   quatre parties d’un ouvrage qui venait d’enrichir les bibliothèques et surtout des mémoires d’un combattant de la liberté. Il raconte les réactions face à la dissidence. Il met en exergue quelques portraits de compagnons morts au champ d’honneur Il parlera des tribunaux révolutionnaires parmi les procès il citera « l’affaire Si Zoubir » dont j’ai eu l’occasion d’en parler dans une de mes contributions. Egalement « l’affaire Si Moussa », la tension entre l’EMG et la wilaya V, leur retour à  Alger et l’affrontement fratricide durant la crise de 1962.

L’ALGERIE PORTE DE TOUTES LES ESPéRANCES

A ma manière j’ai essayé de porter quelques éclairages sans sortir de la matière historique de son ouvrage. Il aurait fallu beaucoup de temps pour transcender certaines nuances et en  faire une approche descriptive, narrative et romanesque. Pour l’essentiel c’est un livre qui contient beaucoup de vérités sans en verser dans l’excès et l’égocentrisme.  La démarche du militant ne doit pas aller vers ni l’invective ni la délation mais expliquer les faits tels que vécus dans leur temps. C’est une œuvre de grande passion à la hauteur de la grandeur de notre Révolution du 1er Novembre 1954. Aux martyrs qui ont payé de leurs vies, aux sacrifices des autres, Si Abderahmane nous a retracé les étapes de sa vie, celle de tout un peuple, de ses malheurs, de ses joies et de ses peines. L’Algérie ouvrira les portes de la grande espérance aux jeunes générations en faisant de cet héritage révolutionnaire, le phare qui éclairera le chemin d’un destin porteur de toutes les ambitions d’une Nation fière de son passé combien de fois millénaire des grandes civilisations. Une jeunesse connectée aux innovations technologiques et scientifiques qui fera du pays une terre de tolérance de vivre ensemble. C’est aussi le Message du 1er Novembre 1954 en ce 63ème  anniversaire dans le concert des Nations émergentes.  

Dr Boudjemâa HAICHOUR                                                                           

Chercheur Universitaire Ancien Ministre

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