Un passé riche et tumultueux
El-Harrach

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 avr 2019
Ville de la proche banlieue algéroise, El-Harrach est connue pour son célèbre oued qui la sépare en deux rives : la rive droite et la rive gauche.
Cours de Oued el Harrach - 1834
Kaâ-Essour 1848
Expédition de Charles-Quint contre Alger
Charles-Quint
Ancienne photo de Oued el Harrach

L’histoire de la ville d’El-Harrach semble très lointaine. En effet, une présence humaine dans cette région faisant à la fois partie de la Mitidja et du Sahel algérois aurait été supposée par un scientifique français à la suite de sa découverte dans le quartier de Belle-Vue (rive droite), au début des années 1930, d’un outil préhistorique, ressemblant à une hache réalisée en pierre polie et remontant au Néolithique.
Si cette première découverte n’a jamais été confortée par d’autres faits scientifiques avérés, certains écrits d’historiens ont laissé dans un premier temps supposer qu’El-Harrach pouvait avoir une origine antique. C’est Luis del Marmol Carvajal qui vécut entre (1520 et 1600) qui induisit l’opinion en erreur en écrivant : « La ville de Sasa, que Ptolémée appelle Tipaso, est détruite et ses édifices se voient au levant d’Alger, sur les bords de la Méditerranée sarde, à l’O. de la cité de Métafuz [Matifo]. Cette ville a été de plus de 3 000 habitants. Son emplacement était joint à la rivière qu’on appelle Huet el-Harrax [Oued El-Harrach] ; quelques-uns prétendent qu’elle a été édifiée avant Alger par les anciens africains. Elle fut détruite ensuite par le peuple de Mozgane [Beni Mazghanna] qui sont des gens plutôt basanés que blancs, ayant leur principale population en Libye d’où ils sont devenus puissants dans cette province d’Alger et en furent les maîtres avant que les Romains entrassent en Afrique. Ce sont des Berbères africains parlant une langue qu’ils appellent Mozgana ou Mozabia qui est au contraire et différente de celle que parlent les autres africains. Finalement cette cité détruite et les écrivains disent qu’elle est plus ancienne qu’Alger et quelques-uns l’appellent le Vieil-Alger ».
En réalité, et selon l’auteur français Albert Devoulx, le chroniqueur espagnol n’a fait que reprendre une information erronée du géographe Hassan b. Mohammad al-Wazzân, plus connu sous le nom de Léon l’Africain qui, « [...] prenant Alger pour Caesarea [Cherchell] attribue la dénomination de Sasa, qu’il prend on ne sait où, aux ruines de Tipaza, changée par lui en Tipaso ». Devoulx relève, cependant, qu’en ce XVe siècle, le nom de Oued El-Harrach était déjà attribué au cours d’eau.
Mais la notoriété d’El-Harrach s’arrête-là, elle tombera dans les oubliettes jusqu’à l’arrivée des frères Barberousse entre 1514-1516, lesquels redonnent à cette ville, proche d’El-Djazaïr, une nouvelle dimension du fait de sa position stratégique. El-Harrach devient, en effet, « un acteur majeur dans l’histoire méditerranéenne et nord-africaine », notamment lorsque se multiplient les expéditions de la flotte ottomane dans les eaux méditerranéennes.

Charles Quint à El-Harrach

Excédé par l’hégémonie qu’exercent les Ottomans dans les eaux méditerranéennes, le 21 octobre 1541, Charles Quint lance une expédition sur El-Djazaïr afin de soumettre les frères Barberousse à l’autorité chrétienne et c’est par l’embouchure de Oued El-Harrach, sur sa rive gauche, que l’empereur espagnol et ses 26000 hommes débarquent. Trois jours plus tard, ces derniers établissaient leur camp sur les hauteurs de Koudiet Essaboune (colline surplombant la baie d’Alger). Le corps expéditionnaire parvient ainsi à encercler la ville au grand désarroi du beylerbey Hassan Agha, à l’époque (1535-1543) chargé de la protection de la cité. Mais une grosse tempête va éclater dans la nuit du 25 octobre, emportant quelque 150 navires de la flotte impériale. Au petit matin et profitant d’une pluie battante et d’un épais brouillard, les hommes de Hassan Agha prennent par surprise les hommes de Charles Quint qui se trouvaient à terre. Face à la déconfiture de leurs troupes, l’amiral génois Andrea Doria et Charles Quint mettent leurs flottes à l’abri de l’autre côté de la baie, derrière Cap Matifou. Mal leur en prit car ils seront acculés dans leur retraite et attaqués sans relâche par les unités algéroises. Le 27 octobre, les troupes atteignent les rives de l’oued El-Harrach en crue. En dépit du danger que représentait la rivière en furie, Charles Quint et ses hommes n’eurent pas d’autre choix que de la franchir à gué. On rapporte que l’empereur qui traversa l’oued entre deux lignes de mousquetaires avait de l’eau jusqu’aux aisselles. C’est dire l’ampleur de la tempête et la quantité d’eau qui tombait du ciel sans discontinuer. Selon des historiens de l’époque, pas moins de 2000 hommes auraient péri sur le trajet entre Tafourah et Oued El-Harrach. Les rescapés – quelque 11000 soldats – quitteront El-Djazaïr le 1er novembre. A leur grand dam, la cité indomptable gardera sa réputation de « Mahroussa » (la bien-gardée).
Bien qu’ils aient réussi à prendre l’ascendant sur les troupes espagnoles ennemies, les chefs de la Régence turque entreprennent de fortifier la colline de Koudiet Essaboune, en y construisant une imposante forteresse, qui portera le nom de Bordj Moulay Hassan (Fort l’Empereur, à l’époque coloniale française). Par contre, il semblerait que du côté d’El-Harrach, le site soit resté vierge en ce milieu du XIVe siècle. En effet, le fait que Charles Quint et ses hommes aient traversé la rivière à gué laisse croire qu’il n’existait pas encore à cette époque de pont permanent.
Quelques décennies plus tard, oued El-Harrach est à nouveau cité dans les documents d’Histoire, cette fois par Diego de Haëdo, moine, savant et historien espagnol qui, lors de ses séjours à El Djazaïr, entre 1578 et 1581, eut l’occasion d’observer la ville et ses habitants et de publier des ouvrages qui constituent aujourd’hui une référence historique pour ceux qui s’intéressent à cette période de notre passé (Topographie et histoire générale d’Alger, Histoire des rois d’Alger et De la captivité à Alger).
Haëdo écrit, en substance : « L’immense et fertile Motija (Mitidja) qui est coupée dans sa partie médiane par une grande rivière prenant naissance dans les montagnes éloignées vers le Sud. Sur cette rivière, il existe un grand nombre de moulins dont la ville d’Alger fait usage sur ses moutures pendant toute l’année. » Une description qui rejoint celle de Léon l’Africain qui, lui aussi, évoquait les moulins à eau qui se dressaient sur les rives des oueds de l’Algérois (Oued Kniss, Oued El-Harrach, …)
C’est, semble-t-il, vers 1697 que le pont de pierre d’El-Harrach (emplacement de l’actuel « Pont blanc ») est construit sur instruction du dey Hadj-Ahmed b. Hadj Mosly. Ce premier édifice a été emporté par les crues quelque temps plus tard, avant d’être reconstruit.
Au cours de l’histoire tumultueuse d’El-Djazaïr, les rives de oued El-Harrach continueront à être le théâtre d’affrontements comme ce fut le cas en 1710 lorsque Mustapha Bouchelaghem, bey de l’Ouest, tente un putsch contre la Régence d’Alger. Les troupes de celui qui fut jusque-là le favori du dey Baba-Ali Chaouche se feront littéralement écraser sur les rives de l’oued. Quant à Mustapha Bouchelaghem, il fut capturé et décapité.
Quelques années plus tard, en 1721 plus exactement, le dey Mohamed B. Hassan ordonne la construction d’un fortin sur la colline que l’on appelait à l’époque Draâ’ El-Harrach. Celui-ci surplombe l’oued à l’endroit où était érigé le premier pont de pierre. Ce fortin que l’on désignait sous le nom de Bordj el-Qantara était à vocation défensive, servant à la fois à surveiller l’accès au pont et à Trîq el-Soltân ou route d’Alger mais aussi à entreposer les armes et les munitions pour un détachement de cavalerie placé sous le commandement de l’Agha des Arabes. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’édifice portera plus tard le nom de Bordj Agha.
Jean-André Peyssonnel, médecin et naturaliste français de passage dans la Régence en 1725, citera le fortin dans un de ses écrits en disant : « La rade est défendue par plusieurs forts. On trouve du côté de l’E., à quatre lieues de distance de la ville, un fort de vingt pièces de canon, bâti sur le point du Cap Matifou, qui défend le mouillage qu’il y a de ce côté-là. Au fond de la rade, près de la rivière de l’Arache, il y en a un autre à peu près de même force ; on en trouve un troisième à un quart de lieue de la ville, et un quatrième près de la porte de Bab-Azzoun, au Sud de la ville. »
Exposé aux eaux tumultueuses de l’Oued en période de crue, le pont d’El-Harrach subira plusieurs dégâts, le rendant impraticable. C’est pourquoi, en 1736, le dey Ibrahim b. Ramdane ordonne sa reconstruction. La fin des travaux sera commémorée par une inscription en arabe qui sera fixée sur le parapet du pont. Cette dernière sera ôtée durant les premières décennies du XXe siècle pour être remise au Musée des Antiquités à Alger où elle est toujours exposée.
Entre juin et juillet 1775, le comte Alejandro O’Reilly lance une expédition contre El-Djazaïr. Le dey Mohamed b. Othman ordonne alors à tous les beys des provinces et aux tribus de se mettre en branle pour défendre la capitale. Salah Bey et ses troupes qui arrivent fin juin de Constantine installent leur campement devant le pont d’El-Harrach, rejoint peu après par les troupes de Hassan Khaznadji.
Dès le 1er juillet, des boulets sont tirés à partir de la flottille ennemie, suivie du débarquement des troupes vers le 10 du même mois. Côté autochtone, on décide de passer à l’offensive avant que ne soit achevé le débarquement des soldats ennemis. Toutefois, 7500 soldats espagnols et une douzaine de canons étaient déjà à terre. Les combats qui s’en suivent sont sanglants et, à la fin de la journée, les pertes espagnoles s’élèvent à 191 officiers et 2428 hommes morts ou blessés. Les chefs espagnols décident alors de repartir pour épargner au reste des troupes une mort certaine.
Côté algérien, on déplorera quelque 200 morts qui seront enterrés sur le lieu de leur martyr au cimetière que les autochtones désigneront sous le nom de toppanat el-moudjahidine.
Le vieux fortin d’El-Harrach est reconstruit, voire agrandi en 1822 sur ordre de Yahia Agha. On y installe des magasins de munitions et des approvisionnements pour les troupes armées. Dès lors, le bordj devient le lieu de rassemblement de la mhalla qui déserte ainsi Djenane el-Agha pour se retrouver dans ce lieu désormais chargé d’histoire. Dès la fin des travaux intervenus en 1824, Bordj El-Harrach accueillait l’agha accompagné d’une garde composée de quelque 500 hommes. Les chefs turcs s’y réunissaient à la veille de chaque mouvement de troupes à l’intérieur du pays, notamment les expéditions punitives contre les tribus autochtones qui refusaient la soumission au diktat de la Régence. En dehors de ces réunions, le fortin était en permanence sous la surveillance d’un chaouche (officier) et d’un petit détachement de soldats de la garde de l’agha. Quant à l’intendant financier de la Régence (oukil el-kharradj), il était chargé de tenir la comptabilité des lots d’armes et de munitions, tentes, canons et même chevaux qui y étaient entreposés.
Plus tard, lorsque débutent les hostilités entre la Régence d’Alger et le royaume de France, entraînant par la même des intrigues au sein du sérail, on racontera que Hadj-Ahmed, bey de Constantine, en conflit avec Yahia Agha œuvrera à faire douter le dey Hussein de la loyauté de ses ministres qu’il accusera d’avoir des visées sur le pouvoir. On avancera encore que les renforcements apportés au Bordj d’El-Harrach avaient pour seul but de servir de lieu de refuge pour Yahia Agha. Manipulé à souhait, Hussein accorda du crédit à tous les ragots et disgracia Yahia qu’il remplaça par son gendre Ibrahim Agha.
En 1830 et après l’échec des pourparlers entre la Régence d’Alger et la France, on s’attela à renforcer les défenses de la ville, en prévision d’attaques imminentes. Convaincus de l’éventualité d’un débarquement ennemi sur les plages s’étendant des embouchures de Oued El-Harrach et Oued-Kniss, l’agha installa son camp principal à Bordj El-Qantara d’où il pouvait surveiller toute la baie algéroise. Malheureusement, leurs calculs seront erronés et les troupes locales seront prises à revers lors du débarquement français sur les côtes de Sidi Ferruch (Sidi Fredj).

Période d’occupation française

Avant l’arrivée des Français, il y avait très peu de constructions autour du bordj et du pont d’El-Harrach. Vers le sud-est, il y avait la qubba du marabout Sidi Mbarek et, tout autour, des terres en jachère, des zones marécageuses et, plus au sud, aux confins de ce territoire avec la Mitidja se dressait une autre qubba, celle de Sidi Rzîn.
Au cours des premières années d’occupation française, le site d’El-Harrach continuera à occuper une position stratégique. Bordj El Qantara, abandonné après le départ de Hadj Ahmed Bey, ainsi que le pont d’El-Harrach seront investis par les troupes coloniales dès le mois d’août 1830. En découvrant le fortin, ils donnent au lieu le nom de « Maison carrée ». Un nom qui sera attribué à El-Harrach durant toute la période d’occupation française. Puis, aux alentours de 1880, l’administration coloniale décide de construire sur les lieux un village. L’installation des Français dans cette région de la proche banlieue algéroise ne sera guère facile en raison des marécages qui baignaient la partie basse du vallon, rendant l’air insalubre pour les Européens. Enregistrant d’ailleurs, un fort taux de maladies et de mortalité, ils décident d’évacuer le fort, instaurant plutôt un système de rotation pour limiter l’exposition des hommes à cet air humide.
Cela n’empêchera cependant pas le général Clauzel, commandant en chef de l’armée d’Afrique d’acquérir le haouch Ouali Dadda. Ce dernier, bien waqf, fut repris contre une rente annuelle de 100 boudjous algériens (180 francs de l’époque). Clauzel reprit également le bordj contre le payement d’une rente de 60 francs, versés à la confrérie Sidi Hadj Hamidou Raïs, cheikh de la confrérie chargée de la gestion de ce bien.
Au printemps 1831, les tribus arabes de la Mitidja mènent des attaques contre les garnisons coloniales de la Maison-Carrée, quelques mois plus tard, le chef de la tribu berbère des Iflissen, El-Hadj Mohamed b. Zamoum et le chef algérois El-Hadj Ali b. Sidi Saâdi se réunissent à Sidi Rzîn afin de définir un plan d’action commun contre l’envahisseur. Le chef de la tribu des Iflissen qui avait fait le déplacement avec 4000 hommes avait dressé son campement sur la rive droite de l’oued El-Harrach. Le 18 juillet, le général Pierre Berthezène, commandant en chef des troupes d’Algérie, se met en branle en direction d’Alger avec 3000 hommes armés à ses côtés. La révolte de Sidi Rzîn est vite étouffée dans l’œuf et les autochtones renvoyés dans leurs régions.
Conscients de la nécessité de sécuriser le poste de la Maison-Carrée, les Français entreprennent d’abord d’assécher les marais pour permettre aux hommes des troupes de pouvoir s’y installer sans risque de tomber malades. Pour ce faire, les troupes furent réquisitionnées ainsi que 500 Algériens des alentours et 300 prisonniers civils. La mobilisation durera sept mois.
En novembre 1832, le maréchal Clauzel revendique auprès de l’administration et depuis Paris la propriété de la Maison-Carrée et du Haouch Ouali-Dadda. Une revendication qui sera rejetée notamment par le colonel Lemercier, s’ensuivra alors une longue bataille judiciaire auprès des juridictions parisiennes. Il finira par céder la Maison-Carrée ainsi que 30 ha de terrain pris autour du fort mais gardera la ferme Ouali-Dadda.
Une fois la période d’instabilité passée, la région marécageuse est à nouveau asséchée permettant ainsi à des familles d’Européens de venir s’y installer. Un petit village va naître à partir de 1843, c’est le hameau de la Maison-Carrée. Constitué d’une dizaine de maisons, ce hameau était administrativement rattaché au village d’Hussein-Dey. On dit que le premier habitant civil européen à s’être établi dans ce village était originaire de Catalogne et répondait au nom d’Antonio Lluch.
Trois années plus tard, l’oued El-Harrach entre en crue, provoquant l’inondation des habitations. Dans une description de l’événement, un journal colonial de l’époque rapporte : « Les eaux couvraient tout le terrain compris entre les collines du Sahel, celle où est assise la Maison Carrée et toute l’étendue de la plaine que l’œil peut embrasser jusqu’au monticule de la ferme d’Oulid Adda. Vers 9h, l’inondation était dans toute son étendue et grossissait encore quoi que l’eau s’écoulât avec une fureur et une rapidité effrayantes. » Et d’ajouter que « sept des onze maisons qui constituaient le hameau à cette date avaient disparu dans la matinée ». On dénombrera 23 morts parmi les habitants et le village sera presque effacé de la carte. Il sera immédiatement reconstruit et, quatre ans après les inondations, de nouvelles maisons voient le jour pour accueillir les rescapés ainsi que de nouvelles familles arrivées de Mahon aux Baléares.
A partir de 1851, le village sera rattaché à la commune de la Rassauta. Quelques années plus tard, le fort de la Maison-Carrée d’abord désaffecté sera transformé en centre pénitentiaire pour prisonniers algériens. Il prendra le nom de Maison Centrale d’El-Harrach.
Dix ans plus tard, le village colonial comptait 216 habitants. L’année d’après, le marché hebdomadaire aux bestiaux voit le jour. Très fréquenté par les autochtones de toutes les régions environnantes Sûq el-Mâl (Marché aux Bestiaux), Sûq el-Djem’â (Marché du Vendredi) ou Sûq El-Harrâch (Marché de Maison-Carrée), deviendra deux décennies plus tard, « le plus grand marché d’Algérie et un des plus importants en Afrique du Nord ».
Le village qui accueille de plus en plus d’Européens sera doté de toutes les commodités à commencer par la ligne de chemin de fer Alger-Blida.
Dès lors, c’est l’explosion démographique. Le nombre de villageois passe le cap des 1000 habitants.
En 1869, le cardinal Lavigerie fait construire un couvent à Maison-Carrée et, un an plus tard, les missionnaires planteront un vignoble sur les terres du couvent qu’ils baptisent Domaine d’Oulid Adda et qui sera connu sous le nom de muscat d’El-Harrach.
A partir de 1882, des industriels s’installent dans la commune, encouragés par la présence d’une grande main-d’œuvre (la population a dépassé le cap des 1600 habitants). La maison Altairac – dont la déformation donnera plus tard Lantirak – (en amont de l’actuel quartier Kourifa) sera l’une des premières industries installées à Maison-Carrée. Suivront d’autres entreprises comme la distillerie Bomati et Botella…
Le premier bureau de poste à Maison-Carrée voit le jour en 1898, suivi un an plus tard par la première école (connue plus tard sous le nom de Laverdet, du nom de l’un de ses professeurs). Suivront d’autres édifices d’utilité publique comme le Marché Couvert en 1905 ou l’Ecole d’agriculture algérienne, la même année. En 1909, l’hippodrome de Caroubier est inauguré et en 1912, le premier club de football de la ville voit le jour : le Racing Club de Maison-Carrée (RCMC). L’école primaire supérieure pour jeunes filles ouvre ses portes en 1920 et se trouve du côté de Belfort. L’école porte aujourd’hui le nom de « Lycée Ourida Meddad ». La route moutonnière est, quant à elle, inaugurée en 1924. Un an plus tard est fondé l’Institut industriel d’Algérie à Maison-Carrée qui deviendra en 1958, l’École nationale d’ingénieurs, puis École nationale polytechnique après l’indépendance. En 1930, la mosquée de Maison-Carrée est inaugurée au grand bonheur de la population musulmane. La demande pour la construction de ce lieu de culte avait été formulée dès 1921, elle sera acquiescée par le maire de l’époque, Léon Tourenne.
En 1935, l’Union sportive musulmane de Maison-Carrée (USMMC) voit le jour. Elle deviendra l’USMH à partir de 1977.
Durant la période de la guerre de libération nationale, Maison-Carrée fera parler d’elle par le biais de nombre de ses enfants qui rejoindront le maquis. Rachid Kourifa fait partie des premiers martyrs de la ville.

Hassina Amrouni

Sources :
Divers articles et documentaires.

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