Plus de 500 martyrs
El Harrach durant la Guerre de Libération Nationale

Par Hassina AMROUNI
Publié le 07 avr 2019
Au lendemain du 1er novembre 1954, des attentats sont perpétrés à travers les quatre coins du pays annonçant le début de la guerre de libération nationale.
Larbi Ben M’hidi
Zohra Amrane au milieu
Khoual Abdelkader

A Maison-Carrée règne un calme relatif puisque des cellules nationalistes activent depuis des années déjà dans la clandestinité, préparant le terrain à des actions d’éclat contre les intérêts coloniaux.
Après un premier attentat commis en avril 1956, la ville enregistre son premier martyr le 26 septembre de la même année. Rachid Kourifa, responsable FLN-ALN du secteur de Maison-Carrée est assassiné par une patrouille de l’armée coloniale.
Quelques semaines plus tard, un autre attentat est commis, ciblant le Monoprix du centre-ville et faisant une dizaines de blessés graves.
Au mois de janvier 1957 et à la suite de l’appel à la grève insurrectionnelle lancé par le FLN à Alger, le militant nationaliste et également professeur de lycée, Rabah Terki, coordonne le mouvement de grève à Maison-Carrée qui sera très largement suivi dans les quartiers musulmans.
Quelques semaines plus tard, la prison de Maison-Carrée voit arriver l’un des chefs mythiques du FLN-ALN. Larbi Ben-M’hidi est, en effet, transféré dans cette prison, après avoir subi pendant plusieurs jours d’atroces séances de torture. Sur ordre de Paul Aussaresses, Larbi Ben-M’hidi sera lâchement assassiné en cette nuit du 3 au 4 mars 1957.
Le lendemain, Nelly Forget, assistante sociale à Maison-Carrée, est arrêtée par les autorités coloniales. Transférée secrètement à la villa Susini, la militante FLN y subira toutes sortes de scènes de torture pour la faire parler. Accusée de distribution de tracts pour le compte du FLN, elle ne soufflera mot. Elle sera finalement relâchée faute de preuves.
Entre 1958 et 1959, les attentats se multiplient faisant des dizaines de morts et de blessés ainsi que des dégâts matériels importants. Les habitants de Maison-Carrée ne se sentent plus en sécurité face à cette violence quotidienne et il y a de quoi quand on sait que les lieux publics sont presque tous pris pour cible. Le Café des Pyrénées, sis rue Alexandre (aujourd’hui Ahmed Aït Mohand) fait deux blessés. L’attentat est suivi quelques minutes plus tard par une seconde attaque contre le bar Les Alliés, situé rue Zévaco (du côté de l’actuelle Mairie). Bilan : 9 blessés. Quelques semaines plus tard, une grenade lancée contre une voiture dans le quartier Sainte-Corine, fera trois blessés, tandis qu’une autre lancée devant le café-hôtel de Provence fera un mort et une douzaine de blessés. Le bar La Gambetta sera également la cible d’une attaque où seront blessées quatre personnes ainsi que le Café de la Correspondance dont le bilan sera d’un mort et d’une dizaine de blessés.
Le Bar du Commerce à Maison-Carrée, le Bar Bellevue dans le quartier éponyme, ne seront pas épargnés faisant plusieurs blessés graves. D’autres attaques seront perpétrées notamment contre le bar Le Terminus, le Coq Hardi, le Monoprix, le Café l’Alliance…
La gare de Maison-Carrée sera elle aussi ébranlée par un attentat à la bombe perpétré par la moudjahida Zohra Amrane (dite Malika). L’attaque fera plusieurs blessés et des dégâts importants.
Le 11 décembre 1960, les habitants de Maison-Carrée prennent part massivement aux manifestations ordonnées par le FLN. C’est dans le quartier La Glacière que les manifestants s’ébranlent dès 11h30. « Un jeune escalade un poteau et y accroche un drapeau algérien. Il est abattu par les militaires. On saura plus tard qu’il s’agissait du chahid Chérif Bouarioua, âgé de 18 ans. Vers 12 heures des manifestants venant de Léveilley et de l’Oued-Ouchayah descendent le chemin des oliviers. Des femmes sont en tête du cortège, brandissant des drapeaux. Les militaires interviennent. À Haouch Adda, entre Hussein-Dey et Maison-Carrée, à 15 heures, les manifestants descendent de la Cité Évolutive, des quartiers des Eucalyptus et PLM. On envoie les chars de la caserne toute proche pour les arrêter. À Maison-Carrée vers 15 heures débouchent sur la place des camions bondés d’Algériens brandissant des drapeaux. Ils se regroupent et tentent de marcher vers Belfort. Ils brandissent des banderoles : « Vive le FLN », « Algérie algérienne ». Ils sont arrêtés par les soldats sortis de la caserne. Les chars arrivent et tirent dans la foule. Les manifestants refluent vers le quartier PLM qui est investi par les blindés vers 16 h 30. Les tirs s’arrêtent après 17 h 30 ».
En date du 3 juillet 1962, on dénombrera 505 Harrachis morts en martyrs durant la guerre de libération nationale dont au moins 156 natifs de la ville.

Hassina Amrouni

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