Un haut fait d’armes
Bataille de Djebel Mzi

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 avr 2018
Situé à une cinquantaine de km au sud de Aïn Sefra, Djebel Mzi a été, durant le printemps 1960, le théâtre d’une bataille héroïque menée par les moudjahidine et qui a occasionné des pertes considérables à l’ennemi.

Le soir du 5 mai 1960, cinq unités d’un bataillon de l’armée de libération nationale s’ébranlent pour se mettre en position, l’une à djbel Mzi et les quatre autres au djebel Zranine, face au poste français de Hadjrat Mguil, au djbel Fortassa et en face de djenien Bourezg, formant ainsi un demi-cercle entre Béchar et Aïn Sefra.
Le bataillon lourdement armé dispose d’armes individuelles pour chaque élément, de pièces de mortier mais aussi de postes de transmissions afin de maintenir le contact avec les autres unités et de coordonner les actions sur le terrain des combats.
A 6 heures du matin, la région est survolée par quatre avions « B26 » et deux « T6 » qui effectuent des straffing. Cela va durer sept longues heures, au cours desquelles des centaines de parachutistes vont être déversés du ciel en deux vagues successives, au niveau de Hadjra Mardoufa.   
Bien embusqués, les moudjahidine observent avec minutie les mouvements de l’ennemi mais en même temps, ils « effectuèrent un camouflage afin de les dérouter, ce qu'ils réussirent admirablement laissant sciemment une brèche au centre du demi-cercle effectué ». Lancés sur les traces des moudjahidine, les soldats français s’avancent jusqu'à une vingtaine de mètres de l’une des unités qui ouvre le feu à 14 heures, anéantissant « en un laps de temps » les éléments ennemis.
Avec l’arrivée des renforts, le combat se généralise, tandis que l'artillerie de djenien Bourezg et de Dermel pilonne sans aucune distinction. Bien positionnées, les unités de l’ALN font subir de lourdes pertes au camp adverse. Ce dernier, constatant les pertes qu’il vient d’enregistrer dans ses rangs (plus de 300 hommes hors de combat), décide, vers 16 heures, de retirer ses troupes pour faire intervenir l'aviation. Six « B26 » et six « T6 » bombardent, dès lors, sans relâche le champ de bataille et ce, jusqu'à 18 heures. Après un bref répit, les affrontements reprennent de plus belle à 18h45 pour se prolonger jusqu’aux premières heures de la nuit. Les soldats français tentent d’encercler djebel Mzi pour resserrer l’étau autour des unités de l’ALN, mais c’est compter sans l’esprit stratège des moudjahidine qui ne se laissent pas prendre, lançant vers 21h30 un tir au mortier qui leur permet d’ouvrir un passage pour pouvoir quitter les lieux.
Le lendemain, dès 5 h 45, les troupes françaises lancent une nouvelle opération d’envergure   visant à encercler les moudjahidine.
Plus d’une cinquantaine d’avions mitrailleurs, entre B 26, B 29 et T 6 inondent le ciel. Leurs feux nourris viennent appuyer ceux des troupes au sol. Ils mitraillent et bombardent jusqu’à 16h et font même usage de napalm.
Le soir, vers 22h, les moudjahidine reçoivent l’ordre de se replier. Pour ce faire, ils engagent de nouveaux affrontements. Ils parviennent à s’extraire de l’étau ennemi, ne laissant rien derrière eux, ni armes ni blessés, gravement brûlés au napalm. Mission accomplie.

Hassina Amrouni

Source:
La revue El-Djeich, citée dans http://ainsefraforum.clicforum.com/t91-La-resistance-contre-le-coloniali...

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