Camp Dzira, haut lieu de torture coloniale
Guerre d’Algérie

Par Hassina AMROUNI
Publié le 01 avr 2018
Durant la guerre de libération nationale, nombre de centres de détention sont créés par les autorités coloniales pour y interner les membres ou les sympathisants du FLN.
Du camp El Koudia El Hamra à Tablat au camp Zmala et Aïn Er-Riche à Berrouaghia, en passant par le camp Damiette à Médéa ou le camp Morand à Ksar El Boukhari, pour ne citer que ces quelques lieux sinistres, des milliers d’Algériens y seront internés par l’administration coloniale. Beaucoup n’en sortiront jamais vivants. Le camp Dzira traîne aussi sa sinistre histoireErigé le 19 août 1960, dans la banlieue de Aïn Sefra, le camp de la Dzira, à l’instar des autres camps disséminés à travers le pays, sera un lieu de triste mémoire, où les prisonniers subissaient les pires sévices. C’est sur instruction du commandement français des secteurs de Aïn Sefra, Tiout, Meghrar, Sefisfya, Djenine Bourezgue, Assela et Bousemghoun que le camp de la Dzira est construit et ce, dans le but de couper aux moudjahidine des maquis de la zone VIII de la wilaya V, toute aide provenant des habitants ou des membres de l’organisation civile du Front de libération nationale (OCFLN). Du fait de sa grande superficie (5 ha), des fils barbelés et des tours de contrôle, toute tentative de fuite ou d’attaque était périlleuse. Le camp possédait, également, des geôles souterraines individuelles et collectives où étaient parqués les prisonniers, dans des conditions inhumaines. Beaucoup de prisonniers enfermés dans le camp de la Dzira n’en sortiront pas vivants. Si un rapport officiel de la gendarmerie française de l'époque fait état de 16 personnes dont deux non identifiées, mortes sous la torture, entre le 19 août et le 21 septembre 1960, les moudjahidine de la région réfuteront avec vigueur cette version, affirmant que le nombre de prisonniers, tués après d’atroces séances de torture était plus élevé. Alors qu’ils auraient été enterrés dans les terrains alentour, selon le même rapport de la gendarmerie française de l’époque, les corps des chouhada n'ont jamais été retrouvés. Quant aux détenus torturés mais restés en vie, le même rapport ajoute qu’ils ont été jugés par le tribunal militaire de Saïda ou ont été emprisonnés sans jugement dans les prisons militaires de Aïn Sefra, Mascara, Oran (Santa Cruz) et dans d'autres prisons coloniales. De précieux témoignages sur cette époque, des moudjahidine et des habitants de la région de Aïn Sefra, ont rapporté que « des dizaines de militants et de citoyens, suspectés de collaborer ou de soutenir la Révolution, ont séjourné dans ce camp ». Les moudjahidine Djabar Kada, Benouis, Himri et Boudjerida Ould Brahim se souviennent de séances de tortures et d'interrogatoires « inhumains », pratiqués dans ce camp et affirment que « la plupart de ceux qui ont été arrêtés et transférés dans ce camp étaient des parents des éléments de l'ALN ». C’est suite à la recrudescence des actes révolutionnaires et à la multiplication des combats et accrochages entre les membres de l’ALN et l’armée coloniale, dans les monts Imzi, Mekthar, Mir El Djebal, Merghad et Tanout dans la périphérie de Aïn Sefra et à la frontière Ouest à l'extrême sud-ouest algérien, que l’ouverture du camp de la Dzira a été décidée. Son emplacement, à proximité de la route principale reliant le nord-ouest au sud du pays (actuellement Route nationale n° 6) n’est pas fortuit, puisqu’il fallait aux autorités coloniales, sécuriser le passage de leurs convois militaires. Bien qu’il ait fait l'objet de travaux de réaménagement, le camp a besoin d’être restauré et classé pour réhabiliter la mémoire et la transmettre aux générations futures. Hassina AmrouniSources : www.aps.dz/ octobre 2012*Articles de la presse quotidienne
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