La citadelle au patrimoine oublié
Kalaâ N’Ath Abbès

Par Hassina AMROUNI
Publié le 09 avr 2017
Jadis citadelle prestigieuse, la Kalaâ N’Ath Abbès vit, aujourd’hui, dans le souvenir de ce glorieux passé que racontent encore quelques pierres et autres vestiges séculaires.
Mausolée du sultan Ahmed fondateur du royaume indépendant de la Kalaâ des Ath Abbès
Façade principale de la mosquée de Kalaâ Beni Abbès
Éléments d’architecture andalous du Mausolée du sultan Ahmed.
Les maisons traditionnelles de Kalaâ Beni Abbès

La grande mosquée ou Djamaâ El Kébir est sans doute le site le plus visité par les quelques touristes de passage dans la région.
Bâtie au XVIe siècle par Ahmed Amokrane, troisième souverain du royaume des Ath Abbès, la grande mosquée également appelée mosquée à arcades abritait aussi par le passé une sorte de tribunal où le roi siégeait pour faire justice entre ses sujets. Au fil des siècles, la mosquée exposée aux aléas météorologiques subira une forte dégradation, d’où une première opération de restauration intervenue en 1913.
La mosquée comprend une salle de prières avec un minbar, trois rangées de piliers de forme carrée, un minaret circulaire et un jardin, au fond duquel est enterré le chef de l’insurrection de 1871, Cheikh El Mokrani.
Si la grande mosquée est encore fonctionnelle aujourd’hui, accueillant toujours les fidèles, à l’heure de la prière, on ne peut pas en dire autant de Djamaâ Sidi Ahmed Ben Abderrahman dit Djamaâ Ousahnoun, l’une des plus anciennes mosquées de la Kalaâ, qui accuse malheureusement, le poids des siècles.
Construite en pierre de maçonnerie, avec un toit recouvert de tuiles rondes, l’édifice a subi des réfections aléatoires qui ont défiguré son aspect originel. Erigé sous forme de petite mosquée, ce mausolée est composé d’une salle de prières avec mirhab, d’une véranda et d’un jardin faisant office de cimetière, où repose notamment le sultan Ahmed, successeur de Abdelaziz Ben Abbès.
Concernant la medersa de la Kalaâ, c’est un autre vestige, légué à la postérité et qui continue à défier le temps. Réalisée par l’association des oulémas musulmans algériens, la première pierre de cette médersa a été posée en 1934 par Cheikh Abdelhamid Ibn Badis. Conscients du rôle que pouvait jouer cette institution dans l’ancrage identitaire et culturel et dans l’éveil des consciences dans une Algérie, alors, sous l’oppression coloniale, les habitants du village contribueront à la finalisation des travaux, suivant les règles de la traditionnelle Touiza. Achevée en 1936, la médersa de la Kalaâ accueillit les enfants du village qui quotidiennement s’y rendaient en quête de savoir et de connaissance. Deuxième école d’Algérie, fondée par l’association des oulémas, après celle de Constantine, la medersa de la Kalâa N’Ath Abbes fut un centre d’éveil patriotique. En effet, outre l’enseignement didactique dispensé dans la journée aux petits écoliers, l’établissement se transformait, le soir, en un centre culturel abritant conférences,  récitation de chants patriotiques, pièces de théâtre, …etc

Autres vestiges…

Outre ces sites à vocation cultuelle et culturelle, la Kalaâ Nath Abbès mérite aussi un détour par ses maisons traditionnelles dont les façades et les portes donnent un aperçu du savoir-faire artisanal à l’époque de leur construction. Il faut dire que la citadelle a été un lieu où se sont côtoyés et développés divers métiers artisanaux comme le tissage de tapis ou de burnous en laine, la bijouterie, la boiserie, le tannage de cuir, la fabrication de savon traditionnels…etc
Selon Charles Farine qui a visité la Kalaâ au XIXe siècle, « les maisons de la Kalâa sont spacieuses, avec cours intérieures, ombragées d’arbres et de plantes qui grimpent aux galeries. Les murs sont recouverts de chaux. La Kalâa reprend l’architecture des villages kabyles, très agrandie et complétée de fortifications, de postes d’artillerie et de guet, de casernes, d’armureries et d’écuries pour les unités de cavalerie ».
Enfin, si tous ces vestiges méritent d’être réhabilités pour servir de repère mémoriel aux générations futures, il reste un site à ne pas oublier et, sans doute, à valoriser, c’est la poudrière d’El Mokrani, située dans une sorte de galerie donnant sur une maison souterraine. A l’époque de Cheikh El Mokrani ont y fabriquait des munitions et de la poudre pour armer les canons. A ce titre, après la défaite d’El Mokrani en 1871, les Français ont découvert quatre grands canons qu’ils exposèrent, dans un premier temps, au musée de Constantine,  avant de les transférer au musée du Louvre à Paris où ils se trouvent encore aujourd’hui.

Hassina Amrouni
 Sources :
http://tazlamonvillage.zeblog.com/
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