Figure emblématique de la résistance populaire
Cheikh Mohammed El Mokrani

Par Hassina AMROUNI
Publié le 09 avr 2017
Mohammed Ben Hadj Ahmed El Mokrani, plus connu sous le nom de Cheikh El Mokrani a mené l’une des plus grandes insurrections populaires contre l’occupant français.
Mohammed El Mokrani
Bordj El Mokrani à Bordj Bou Arréridj
Le tombeau de Cheikh El Mokrani à Ath Abbès

Descendant des dirigeants du royaume des Beni Abbès, issus de la lignée du dernier sultan hafside de Bejaïa, Abou El Abbès Abdelaziz, Mohammed El Mokrani (M’hand Amokrane, pour les Kabyles) voit le jour à la Kalaâ N’Ath Abbès en 1815. Son patronyme vient du mot kabyle
« Amokrane » qui signifie grand ou chef et qui deviendra titre dynastique à partir d’Ahmed Amokrane, chef des Ath Abbès entre 1556 et 1596. Mohammed El Mokrani hérite du pouvoir après le décès de son père qui fut chef de la tribu des Beni Abbès entre 1831 et 1853. Désigné par le Service des affaires indigènes comme successeur, il se voit attribuer au lieu du titre de khalifa celui, moins prestigieux, de Bachagha de Medjana. Cet affront est le début d’une longue série de vexations qui le conduiront à la révolte. L’historien Charles-André Julien écrit à ce titre : « Les mesures les plus vexatoires se succédèrent ... : privation de ressources fiscales..., imposition de taxes inusitées ..., remplacement de ses préposés (oukil) par des caïds et des cheikhs dépendant du commandement supérieur, enfin confiscation d’environ 5 000 hectares de terres ».
Par ailleurs, outre son humiliation publique par un général en 1864, lorsqu’il émet des réserves sur l’internement de Bou Akkas, cheikh de la Ferdjioua, El Mokrani se voit spolier de son argent et de ses terres par le gouverneur général Mac Mahon qui, en lui faisant souscrire des emprunts pour un million de francs afin d’endiguer la famine sévissant dans sa région entre 1867 et 1868, le contraint à rembourser ses créanciers alors qu’il n’a encore rien reçu. Malgré de vaines réclamations, il n’hésite pas à soutenir l’effort de guerre dans le conflit franco-prusse en 1870 à la demande du Services des affaires indigènes. Mais lorsqu’est installé à Bordj Bou Arreridj son nouveau chef, un commissaire civil qui engage des pourparlers avec la branche Abdesslam de la famille, qui fut en conflit avec son défunt père, Mohammed El Mokrani décide de se révolter convaincu que le pouvoir colonial ne concéderait aucune justice pour la population autochtone. Il lance le 15 mars 1871 une attaque  contre Bordj Bou Arreridj. C’est le début d’une insurrection qui va durer plusieurs mois et qui se soldera par la mort du Cheikh le 5 mai 1871, à Oued Soufflat, près de Bouira.  
Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, le nom de Cheikh El Mokrani sera donné à un transporteur de gaz naturel liquéfié de la marine marchande algérienne, réceptionné en 2007, à Osaka au Japon, de même qu’une place, dans la commune de Sidi M’hamed, ainsi que des lycées à Ben Aknoun, El Biar, Aïn Bessam et Bordj Bou Arreridj seront baptisés du nom de cette figure emblématique de la résistance populaire.

Hassina Amrouni
 Sources :
-Plusieurs articles de la presse quotidienne nationale


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