Les organisations de masse de la Révolution

Par Fateh Adli
Publié le 10 avr 2017
L’idée de création d’organisations syndicales et professionnelles affiliées au Front de libération nationale répond à un besoin qui s’est fait sentir dès les premières années de la Révolution, pour fédérer toutes les énergies saines du pays, et surtout pour donner un ancrage populaire le plus large au combat libérateur, que la presse coloniale présentait comme une action menée par des « hors-la-loi » et des « hommes frustes et marginaux ». C’est en même temps, pour les partisans de « la primauté du politique sur le militaire », le meilleur garde-fou pour parer à toute velléité hégémonique des chefs militaires sur la conduite de la Révolution. Même si les choses n’ont pas, il est vrai, toujours été aussi faciles à discerner, dans un contexte de guerre totale avec l’occupation.
Abane Ramdane
Aissat Idir
Manifestation des algériens à Alger, 1956
Cheikh el Okbi et Abbas Torki
Mohamed Seddik Benyahia

L’organisation la plus importante fut sans conteste l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), fondée le 24 février 1956. Une initiative lancée dans le sillage du projet d’unification du mouvement national, par Abane Ramdane qui, dès 1955, s’était approché des syndicalistes de différentes obédiences (nationalistes, communistes…). L’UGTA, appuyée par l’Organisation civile du FLN (OCFLN) et d’autres organisations de masses comme l’Union générale des commerçants algériens (UGCA), jouera un rôle prépondérant dans l’adhésion de la classe ouvrière à l’insurrection, et se distinguera lors des multiples grèves lancées notamment par les dockers.
Avec à sa tête un syndicaliste chevronné et nationaliste affirmé, Aïssat Idir, l’UGTA jouera également un rôle moteur dans le projet d’union maghrébine, parallèle à l’union des trois partis nationalistes, en participant notamment à une rencontre à Bruxelles, en juillet 1956, avec les syndicats tunisien (UGTT), et Marocain (UMT), suivie par la conférence de Casablanca en décembre 1956. Les dirigeants des trois centrales syndicales ont même envisagé, à l’instar des partis nationalistes des trois pays du Maghreb, l’unification de leurs organisations.
Créée en 1955, dans le même esprit, l’UGCA apporta une contribution politique et financière inestimable à l’insurrection. Avec à sa tête un vieux routier du mouvement national, Abbas Torki, cette organisation assura pendant des années le soutien des commerçants algériens aux maquis, par des cotisations aussi importantes que régulières, tout en menant une action de communication et de sensibilisation, à travers la diffusion de tracts et la publication de revues et de journaux destinés à mobiliser les commerçants, et plus globalement à faire connaitre la cause du peuple algérienne. Plus dynamique fut encore l’action menée par les étudiants acquis à la cause nationale. Créée en 1955, l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) va même changer le cours des événements, en lançant sa grève historique du 19 mai 1956, qui scella l’adhésion de centaines de lycéens et d’étudiants à la révolution. Même si leur présence au maquis a parfois été source d’ennuis, voire de purges sanglantes, comme ce fut le cas lors de la fameuse histoire de la « bleuite ». Cela dit, l’UGEMA donnera à la Révolution d’éminents dirigeants et négociateurs, à l’image de son président fondateur Mahamed-Seddik Benyahia, et plus tard encore des cadres promis à de hautes responsabilité dans l’Algérie indépendante. L’UGEMA n’était pas seule dans la lutte estudiantine contre le colonialisme. Un syndicat composé essentiellement d’étudiants français, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) a, dès 1959, pris partie en faveur du combat pour l’autodétermination du peuple algérien, en se solidarisant systématiquement avec l’UGEMA. Ce syndicat a organisé des meetings et participé à des actions contre l’OAS et les ultras de l’Algérie française à Paris. Il a pris position contre les généraux putschistes et pris surtout des risques en affrontant les troupes du sanguinaire Pierre Lagaillarde, qui était à la tête de l’Association générale des étudiants d’Alger (AGEA), organisée comme une milice pour bastonner, à l’université d’Alger, les « récalcitrants » et autres partisans des négociations avec le FLN.

Adel Fathi

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